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Monthly Archives: décembre 2009

C’est long l’hiver…

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C’est long l’hiver…

 

Xhosa est à sec pour l’hivernage habituel. Peu de travaux lourds cette année, tout a été fait les hivers précédents. Juste l’entretien habituel… Oui mais cela fait quand même une sacrée liste!

 

Et puis, privilège de l’hiver, rêver et préparer les croisières de l’année suivante….

 

Le programme pour 2010: au mois de mai, nous planifions de quitter Nieuport en Belgique pour rejoindre Kinsale en Irlande. Nous avions fait une tentative l’année dernière, mais, pétole aidant, faire 1000 milles en 10 jours s’est avéré trop ambitieux. Cette fois-ci, nous avons prévu 17 jours, ce qui, en théorie, devrait être suffisant.

 

En juillet, croisière à deux bateaux (de location) en Croatie ou en Turquie. D’après les enfants, l’eau y est nettement plus chaude qu’en Manche…

 

En août, nous essaierons de rallier Londres. On part un vendredi soir, pour arriver à marée basse à Sheerness le samedi matin et s’amarrer au pied du London Bridge le samedi soir. On laisse le bateau aux enfants la semaine (comme hôtel à Londres; nous, nous rentrons en Eurostar travailler…La neige devrait avoir fondu d’ici-là et il devrait recirculer) et le ramenons le weekend suivant, en partant à la marée haute du samedi matin.

 

Pleins de projets… Mais en attendant, il faut rincer les drisses, refaire les épissures, vérifier toutes les dates de péremption, …

 

C’est long l’hiver… mais que c’est bon de rêver… 

Méli-mélo d’étoiles et de planètes, sauce sextant…

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« Un concurrent de la mini-transat, en panne de GPS, se trompe sur son estime, s’embrouille avec son sextant et passe au large du Brésil, direction Cap Horn. »

Il serait peut-être parti pour un tour du monde si le comité de course, surpris par sa trace au suivi satellite, n’était pas intervenu!

 

Cela pourrait-il nous arriver? Bien sûr que non! répondons-nous d’une voix forte et assurée, en skippers rassurants, accoudés au bar du yacht-club, un soir d’hiver venteux et pluvieux.

Mais, au plus profond de nous, une petite voix murmure doucement: "menteur! Si tu étais aussi sûr de toi, tu n’aurais pas acheté un GPS de secours et un deuxième, au cas où…."

 

La petite voix fait doucement son chemin et la trêve des confiseurs semble le moment rêvé de ressortir le sextant de sa boite. Quelle belle pièce d’ingénierie ou d’ingéniosité! N’est-il pas fascinant de voir que des hommes, ayant la volonté d’explorer le monde, ont réussi à comprendre le mouvement des planètes et des étoiles sans ordinateur, satellites ou autres moyens d’exploration? Et puis, cette ténacité mathématique de développer et calculer à la main des tables comme les tables Norie’s, afin de nous simplifier tous les calculs!

 

Bon, mais trêve d’émerveillement scientifique et passons aux choses sérieuses. Voyons si notre pied-à-terre à la mer a subi un déplacement par rapport à son positionnement à sa construction en 1937.

Une petite droite de hauteur semble tout a fait appropriée pour résoudre ce problème, dont nous connaissons par ailleurs déjà la solution, ce qui rend ce problème d’autant plus beau puisque inutile. Et puis, tant qu’à faire des choses inutiles pour la beauté du geste et de l’esprit, oublions toutes les méthodes simplifiées, type HO249 ou autres, et faisons les calculs complets.

 

L’heure avance et le soleil est à peine au-dessus de l’horizon, il n’est donc pas recommandé de faire le point sur cet astre. D’après le simulateur de ciel sur Internet (c’est quand même plus facile que les éphémérides) la lune ne se lèvera que très tard. Donc il ne reste que les étoiles, ce qui pourrait même nous permettre de faire un point déterminatif si on mesure la hauteur de plusieurs d’entre-elles à la fois.

 

Oui, mais c’est là le problème! Il y en a beaucoup trop et elle se ressemblent toutes! En plus, ils ont déguisé quelques planètes comme Jupiter ou Vénus en étoiles, ce qui complique encore plus le problème. D’ailleurs, parenthèse historique appropriée a cette période de fêtes, même les rois mages (bien que rois et mages) ont cru que Vénus était une étoile et l’ont appelée l’étoile du Berger.

 

Complication supplémentaire, dans tous les livres, les constellations sont représentées avec des petites barres reliant les étoiles, ce qui les rend bien reconnaissables, mais pas dans le ciel!

 

Bon. Patience, discipline et méthode. Avec un petit simulateur de ciel (en carton), sur la plage, je commence à m’y retrouver. Jupiter très brillante et, tout près, Deneb, Vega et Altaïr, et la constellation du Cygne. De l’autre côté, Cassiopée et la Grande Ourse… À partir d’Alpha, par définition, la plus brillante de la constellation, 7 fois la distance et l’on trouve l’étoile Polaire. Génial ça marche! Le ciel se décode doucement…

 

Commençons à faire quelques mesures avant que l’on ne voie plus l’horizon. Brrrr, il ne fait vraiment pas chaud. Je note les hauteurs et les heures dans un petit carnet, puis je range le sextant. Je suis prêt à rentrer, mais je ne parviens pas à m’arrêter de regarder le ciel. Il y a peu de lumière et toutes sortes d’étoiles deviennent visibles. Aldebaran (quel joli nom), la Petite Ourse, sorte d’horloge inversée autour de l’étoile Polaire, qui semble nous dire que les choses tournent à l’envers sur terre!

 

Que c’est beau! Sommes-nous tellement blasés ou avons-nous des vies tellement trépidantes que nous ne pensons jamais ou ne prenons jamais le temps de lever la tête pour regarder et décrypter le ciel?

C’est la tête pleine d’étoiles que je rentre pour passer à la phase mathématique et (très) laborieuse…. Beaucoup de calculs, pas mal d’erreurs décelées à temps (moi qui pensais qu’on s’ennuyait durant une transat!) Et, finalement, une position!

 

Quoi, vous voulez savoir si j’aurais raté le Brésil? Eh bien non, je me suis positionné à environ 6 milles de l’endroit exact, ce qui est loin d’être brillant mais m’aurait permis d’atterrir correctement.

 

Exercice long, difficile, fastidieux et inutile, mais quelle satisfaction d’y être arrivé et quel bonheur d’apprendre à regarder le ciel!