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Monthly Archives: février 2010

Croisières en préparation (1) … Kinsale

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 La belle saison approche et, petit à petit, il devient temps de peaufiner le programme de croisières de Xhosa en 2010.

 

La première destination, en mai, est Kinsale, près de Cork en Irlande. Une distance de 480 milles nautiques, à partir de Nieuport. Un cap WSW – en ligne droite si le vent le veut bien – jusqu’à Lizard Point. Là, on tourne graduellement vers le NW, pour passer entre les Scilly et Land’s End. Et après, on traverse tout droit la mer d’Irlande: environ 130 milles jusqu’à Kinsale.

 

Bien sûr, cela risque de ne pas être si simple… Le vent sera probablement contre et il est très probable qu’il faille tirer des bords… Cela risque de compliquer le passage entre les bancs de sable, près de Dunkerque et d’imposer un peu de prudence en tirant des bords dans le rail du Pas-de-Calais. Mais, quoi qu’il en soit, un vent debout est préférable à la pétole que nous avons eue l’année dernière!

 

Pour les courants, le principal point à gérer est le Cap Gris-Nez… J’ai un souvenir de bords carrés dans une bonne brise, sous la pluie, entre les ferries, devant Calais… A éviter!… 30 milles à parcourir entre Nieuport et la zone de fort courant; l’idéal est donc de commencer avec le courant contre nous pendant 6 heures, pour être sûr de l’avoir avec soi 30 milles plus loin, même si on doit tirer des bords. Un coup d’oeil dans le livre des marées et l’almanach des courants… Génial, départ vers 9h30 le matin, on ne pouvait espérer mieux.

 

Outre D. et moi, nous aurons 2 amis à l’aller et 2 autres au retour. Un équipage de 4 est parfait sur Xhosa. C’est suffisant sans être de trop, pour partager le travail, organiser des quarts sympas et ne pas se marcher sur les pieds, dans l’espace confiné que représente un bateau.

 

Question avitaillement, nous utiliserons, à l’aller, la même technique que l’année passée. D. nous fait, la veille du départ, des plats, cuisinés avec amour et emballés sous vide, faciles à réchauffer dans n’importe quelles circonstances. Rien de tel qu’un vrai repas, plutôt qu’un morceau de pain sec et une soupe lyophilisée, pour garder le moral au beau fixe! Bien sûr, il faudra aussi refaire le plein des provisions de base: fruits, biscuits, snacks, pains à cuire, fromage et beaucoup d’autres choses qui composent la longue liste habituelle!

 

Les waypoints et la route à suivre sont déjà encodés dans le GPS, les tableaux des marées sont prêts. La route est assez simple et sans vrais dangers. Juste un peu d’attention à avoir pour les bancs de sable à Dunkerque, les courants au Cap Gris-Nez, le rail dans le Pas-de-Calais… Passer au large de l’île de Wight et éviter de lécher de trop près de Portland Bill et ses tourbillons bizarres… La mer d’Irlande a l’air simple, juste quelques plates-formes d’exploitation gazière. Et à Kinsale, l’entrée semble bien balisée, avec un phare à segment pour indiquer l’axe du chenal.

 

Si le temps n’est pas trop mauvais, ce sera aussi l’occasion de s’entraîner à la navigation astronomique, tracer quelques droites de hauteur, s’essayer à quelques méridiennes, de jour et de nuit! Et si on n’a pas envie de faire les calculs, on se contentera de profiter de la mer, de faire glisser le bateau entre les vagues et d’admirer les planètes et les étoiles la nuit!

 

Nous sommes prêts, il ne reste plus qu’à remettre le bateau à l’eau et à vérifier que tout fonctionne à bord…

 

Plus que 65 fois dormir…

Fastnet … Rocher mythique, rocher magique, … rocher maudit?

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Nous ne sommes jamais allé jusqu’au Fastnet. L’année passée, nous nous en sommes rapprochés dans notre tentative d’aller en Irlande, mais le départ retardé et la pétole nous ont empêché d’aller plus loin que les Cornouailles. En mai, cette année, nous repartons vers l’ouest, avec Kinsale en ligne de mire. Nous avons prévu plus de temps que l’année dernière et nous espérons vraiment y arriver cette fois… Et peut-être aurons-nous le temps de virer, à l’aller ou au retour, le fameux rocher?

 

Sur carte, rallier le Fastnet semble facile. Pas d’obstacles importants, direction pas trop défavorable, permettant d’éviter en général de tirer des bords. Néanmoins, il a quelque chose d’impressionnant, quelque chose de magique, de mythique dans son nom, quelque chose d’attirant aussi. Peut-être est-ce la référence à la fameuse Fastnet Race, point d’orgue dans le programme des régates du RORC?. Cette course, qui, chaque fois, présente un visage différent: pétole en 2009, abandons très nombreux après un départ retardé dû au mauvais temps en 2007, drame horrible en 1979.

 

Cette nuit-là d’août 1979, nous étions aux Scilly. Nous terminions notre première croisière sur le Sangria et avions prévu de repartir le lendemain matin afin de ramener le bateau à Ostende, son port d’attache. La météo du soir n’annonçait rien de mauvais et nous pensions pouvoir partir au petit jour.

Le matin, le vent souffle fort, très fort. La chaîne de l’ancre est tendue comme un arc et le fait d’avoir dérapé, par beau temps, à St Mary, deux jours plus tôt, nous donne des angoisses à l’idée de décrocher et de s’écraser contre les rochers. Nous avons raté la météo sur BBC4… Nous décidons de partir, en sachant que nous serons plein arrière avec beaucoup d’eau à courir vers l’est, notre direction…

 

Le moteur n’est pas assez puissant pour nous faire passer la barre à l’entrée de la crique. Nous envoyons le foc 1 seul et le bateau part comme une flèche vers le large; peu de temps plus tard, nous sommes moins abrités par les terres et continuons sous tourmentin seul.

 

La mer est toute blanche… Les vagues paraissent énormes… Nous barrons à deux, un qui tient la barre et l’autre qui annonce les vagues. Elles viennent bien de l’arrière. Juste de temps en temps, l’une ou l’autre qui frappe le flanc du bateau et remplit complètement le cockpit… Nous surfons sur chaque vague. Le vieux speedo analogique VDO à aiguille bloque à fond à chaque vague… C’est dur et impressionnant, mais nous sommes à l’aise sur notre petite coque en plastique. L’après midi, le vent se calme graduellement et nous renvoyons un peu plus de toile. Le soir, nous rentrons à Salcombe, sans encombre.

 

Un ange gardien veillait probablement sur nous car nous avons eu pas mal de chance, ce jour-là. Sans bonne information météo, nous avons pris la mer dans une tempête qui, heureusement, était en train de diminuer d’intensité et en un endroit où les vagues n’étaient pas croisées, comme au milieu de la mer d’Irlande.

Mais comme nous n’avions ni radio, ni TV, ni internet, ni gsm en 1979, nous n’en savions rien… En plus, nous ne nous sommes pas rendu compte, tout de suite, de l’ampleur de la tempête et des pertes humaines qu’elle avait causées. Et, en jeunes inconscients, nous n’avons prévenu personne que tout allait parfaitement bien à bord…

 

Mon père, à Bruxelles, savait que nous comptions partir ce jour-là. Par les médias, il apprend qu’il y a eu tempête et l’ampleur de la catastrophe. Sans nouvelles de nous, il se met à s’inquiéter et décide de prévenir les gardes-côtes anglais qui nous retrouvent, 48 heures plus tard, en parfaite condition…

 

En écrivant ces mots, je me sens encore un peu coupable. Pourquoi ne pas avoir pris la peine de chercher une cabine téléphonique lorsque nous sommes arrivés à Salcombe pour éviter qu’il ne s’inquiète inutilement?

 

Une telle situation serait probablement plus simple aujourd’hui avec les Navtex, Epirb, gsm, localisateurs satellites et autres outils internet et de communication… Néanmoins, in fine, malgré toute l’électronique dont nous disposons maintenant, il y a, toujours, à chaque décision de départ, ce petit pincement de cœur: tout semble OK, on y va, espérons que tout aille bien!

Seule la mer s’en souviendra

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Je viens de relire le livre d’Isabelle Autissier. L’histoire de Peter March, un des participants à la première course en solitaire, autour du monde, sans escale.

 

Peter est un électronicien brillant et visionnaire, convaincu de pouvoir transformer profondément la voile et la faire passer d’art à science. Ses idées sont en avance sur son temps, mais, lui, est en retard dans sa préparation et son multicoque n’est pas prêt au moment du départ de la course. Il le sait, mais il part quand même, en espérant que les choses s’arrangent d’elles-mêmes. Et, très vite, son rêve devient un cauchemar.

 

Graduellement, insidieusement, un décalage se crée entre son rêve et la réalité; il commence à tricher et à mentir, en faussant un peu les données; il est tellement convaincu que son rêve est toujours possible… Puis, petit à petit, le décalage s’accentue et il s’enfonce dans une sorte de folie ordinaire, avec la mort comme seule échappatoire.

 

Vouloir y parvenir, espérer que les choses s’arrangent… Y croire jusqu’à en perdre la raison et ne plus pouvoir ni vouloir affronter la réalité…

 

Ce que Peter March vit sur son bateau ressemble probablement au calvaire des chercheurs qui ne trouvent pas… Ce mathématicien américain qui publie volontairement un document, contenant des erreurs, pour tenter de prouver sa thèse; ce spécialiste en recherches bio-médicales qui «ajoute» des points de peinture sur une de ses souris de labo, pour simuler un succès dans ses recherches sur une maladie rare;  ou ce physicien qui est convaincu que les aiguilles de ses appareils ont bougé, après des heures de travail infructueux dans son labo poussiéreux!

 

Le livre est une combinaison de parties romancées et de passages des livres de bord de Peter March, qui ont été retrouvés à bord du multicoque vide, le vrai et celui de son pseudo tour du monde.

 

Superbement écrit et très touchant… Isabelle, ton livre est vraiment super, parce qu’il donne un éclairage tellement humain à cette histoire!

Manœuvres … ratées …

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Un billet consacré à des manœuvres ratées?… Masochisme? Besoin d’autodérision?… Ou, peut-être, simplement, des souvenirs drôles après un moment de honte vite passé…

 

Les manœuvres ratées, au moteur, offrent beaucoup de chances d’être très ridicules parce qu’elles se font, en général, face à un public nombreux.

 

Il y a quelques années, mon frère, un neveu et moi, avions loué un First 36.7 pendant le mois de juillet, à Ostende. Pour une raison inconnue, le bateau, très performant à la voile, était complètement non manoeuvrant au moteur. En avant comme en arrière, il était tout simplement impossible de le faire tourner à droite.

 

Le premier jour, mon frère est à la barre pour sortir du port et passer l’écluse, dans laquelle le bateau décide de se mettre en travers. Nous rattrapons, tant bien que mal, la manœuvre à l’aide de la gaffe, des amarres et des passants… Mon frère est mort de honte et, nous, morts de rire…

 

Quelques jours plus tard, nous devons repasser l’écluse et mon frère me donne généreusement la barre, que je prends sans hésiter, confiant en mes capacités au moteur… Et devinez quoi… nous nous retrouvons en travers de l’écluse, ce qui déclenche un fou rire général chez les nombreux passants en cette belle journée d’été. Mon frère se sent tout à coup nettement moins ridicule; moi, par contre, je ris jaune…

 

Mon neveu, beaucoup plus jeune et formé depuis des années par les Glénans, ne peut s’empêcher de rire et de nous comparer, sans vraiment le dire, à des «débris proches de la date de péremption». Nous décidons donc de lui confier la barre la troisième fois que nous devons passer cette satanée écluse. Et, le croirez-vous? Il s’est également retrouvé complètement en travers de l’écluse … Trois fois, cela ne peut pas être nos compétences, sûrement un problème avec l’hélice …

 

Les pannes de moteur au mauvais moment apportent un stress supplémentaire… Comme à Ramsgate, lors d’un week-end prolongé, en avril, il y a quelques années, où le moteur de Xhosa s’est éteint au moment de passer la marche arrière, pour arrêter le bateau le long du ponton visiteur … Ouf, pas de casse mais une manœuvre sauve-qui-peut digne d’un film muet…

 

Ou cet Allemand, sur un superbe Dehler bleu marine en Croatie, dont le câble de l’inverseur ou des gaz a décidé de se rompre lors de sa manœuvre d’ancrage, dans une crique paradisiaque. Le bateau commence par foncer sur un Grand Soleil au mouillage, rempli d’Italiennes, en monokini, n’hésitant pas à interposer leur corps pour protéger leur bateau, puis finit sa course contre un mur de protection de la falaise, qui s’effondre bruyamment sous le choc. Incroyablement, le bateau n’a que quelques petites griffes… Solide!

 

À propos d’ancrage, je me souviens d’une situation en 1979, sur le Sangria, à St Mary aux Scilly. Nous sommes à l’ancre, il fait magnifique, le paysage est splendide. Après le repas, nous décidons de prendre le pousse-café dans le cockpit. Quelle surprise de constater, en sortant de la cabine, que nous sommes en train de reculer tranquillement entre une dizaine de bateaux, ancrés tout autour de nous… Heureusement, nous n’avons touché personne; Joséphine doit veiller sur nous…

 

Plus récemment, en Grèce, nous avions loué 2 bateaux. Dans un mouillage à l’ancre, nous voulions faciliter le passage d’un bateau à l’autre. Nous avons donc inventé une nouvelle technique d’ancrage, … que, à posteriori, je ne vous recommande vraiment pas … En gros, les 2 bateaux sont ancrés normalement, puis, rapprochés l’un contre l’autre à l’aide d’amarres. Génial pour la convivialité… mais lorsque le vent se met à tourner et qu’il nous fait faire deux tours complets, les deux chaînes s’emmêlent, une des ancres se décroche et se bloque – pas de chance – autour de la chaîne mère de corps-morts mouillés à cet endroit… Bref, brevet de plongée exigé…

 

À la voile, c’est souvent sous spi que l’on voit les plus belles figures de style… Sur Xhosa, il y a un spi symétrique avec des épaules assez larges, qui lui confèrent beaucoup de puissance. Il est très performant au grand largue et en arrière, mais rend le bateau très ardent quand le vent apparent s’approche du travers. Je me souviens d’une auloffée particulièrement réussie, à l’envoi du spi lors d’une traversée Ramsgate – Nieuport. Nous étions en équipage réduit, sous pilote…

 

Il y a quelques années, un ami a acheté un magnifique Class40. Nous partons l’essayer et décidons de sortir le spi asymétrique pour la première fois. Bizarre, le point d’écoute traîne dans l’eau… Pourtant, il a été taillé par un maître voilier breton très réputé… Ah oui, évidemment, si on intervertit point d’amure et point d’écoute…

 

Il y a beaucoup plus longtemps, sur le Sangria, nous avons tenté la méthode des «brins de laine» pour faciliter l’envoi du spi symétrique. C’est super, … sauf si la laine est trop solide et que les brins ne se cassent pas en tête de spi… Il a fallu hisser le numéro 1 dans le mat pour couper le brin récalcitrant…

 

Honte, énervement, engueulades, stress, manœuvres sauve-qui-peut… Enfin, il paraît que c’est comme cela que l’on acquiert de l’expérience!

Divers travaux au menu …

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 Samedi 6 février. Il fait très beau aujourd’hui. Le ciel est bleu et il y a comme une odeur de printemps dans l’air. L’hiver n’est probablement pas fini, mais la remise à l’eau de Xhosa approche. Profitons-en pour faire quelques travaux.

 

Comme chaque année, un petit coup de ponçage sur les panneaux de la descente et 3 couches de vernis.

 

Les gilets ? quelques mécanismes à pastille de sel à remplacer. L’annexe et le hors-bord ? Il fait encore un peu froid pour les essayer.

Commander les nouveaux extincteurs, les fusées…; finalement, il y a pas mal de choses qui sont arrivées à expiration cette année…

Bien sûr les piles pour le baromètre, pour toutes les lampes flash et la lampe torche, les piles spéciales pour le localisateur satellite Spot, recharger la VHF portable… L’Epirb est encore en ordre…

 

La machine à laver a également bien tourné : toutes les housses des coussins du carré, toutes les drisses, les écoutes, les amarres et bosses en tout genre.

La machine à coudre est également mise à contribution pour une des des portes textiles, façon simple de créer une certaine intimité sans s’encombrer de portes rigides, encombrantes ou qui sortent de leurs gonds quand le bateau tape…

 

Les voiles sont en ordre. Très peu à faire cette année puisque la grand-voile et le génois sont neufs… Juste tout ranger… et voir comment ajouter un bout-dehors amovible pour pouvoir gréer un gennaker…

 

Et puis mettre la pression sur le chantier pour qu’il exécute la liste des travaux avant la fin mars… et ça, c’est ce qui semble réclamer le plus d’énergie…

 

Enfin, jusqu’à présent, pas besoin de s’énerver, on finira tout cela en mars, car, malgré l’odeur de printemps, on annonce de la neige pour la semaine prochaine et le titre « menus travaux d’hiver » serait probablement plus approprié!

 

Bon travail à tous ceux qui préparent la prochaine saison…

Oracle vs. Alinghi

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Hier, après des mois d’attente et de bagarres juridiques, Oracle a écrasé Alinghi dans la première régate à Valence.

 

Deux multicoques géants, absolument magnifiques, synthèse de tout ce qui se fait de mieux en construction de voiliers de course. Et cette aile rigide… défi technologique à elle seule…

 

Bien sûr, les budgets de ces deux écuries de voiliers de course sont à la hauteur des ambitions de Larry et d’Ernesto. Le coût de ces régates de cette coupe de l’América se compte probablement en millions d’euro par mille parcouru et un calcul mental rapide indique que le budget combiné des deux écuries dépasse le montant de l’aide mondiale apportée à Haïti!

 

Caprices d’enfants gâtés? Mégalomanie de milliardaires, avides de pouvoir et de victoire? … Ou investissement indispensable, source de solutions innovatrices pour assurer notre futur?

 

Ces monstres, qui sont hors de prix et un peu dénaturés – ils ne naviguent pas dès qu’il y a un peu de vent ou de la mer-, s’apparentent un peu à la formule 1, dont les budgets sont du même ordre. Et il est certain que ces bolides de courses sont à l’origine de pas mal de développements et d’équipements de sécurité, présents aujourd’hui sur les voitures de monsieur-tout-le-monde. L’ABS en est un exemple.

 

La folie de Charles Lindbergh en 1927 et sa volonté d’être le premier à traverser l’Atlantique a probablement permis d’accélérer le développement de l’aéronautique. Il n’a fallu que 15 ans entre son vol inaugural, seul dans un minuscule avion, pour voir apparaître les DC-4, quadrimoteurs capables de transporter plus de 50 personnes sur de longues distances. Le Boeing 747 apparaissait 20 ans plus tard… Cette vitesse de développement laisse rêveur, quand on pense que le Solar Impulse, avion mû uniquement par énergie solaire, devrait faire son premier tour du monde dans 2 ou 3 ans ? Cela veut-il dire que nous volerons dans des gros-porteurs solaires dans moins de 20 ans ?

 

Alors, comment définir cette coupe de l’América ? Reflet de l’Homme et de sa volonté d’être le plus grand, le plus beau, le plus fort, à tout prix? Ou source de progrès pour l’humanité, la voile et le transport maritime?

Un été indien à Lowestoft

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 Octobre 2009. La fin de saison est proche et la mise à sec de Xhosa est planifiée pour mi-novembre. À l’image de toute la saison, le temps est encore très beau et l’année s’achève sur un air d’été indien.

 

Pourquoi ne pas profiter des dernières semaines de beau temps pour faire une dernière petite escapade en Angleterre? Mais quelle destination choisir? 

 

L’Angleterre sud est un peu loin pour 3 jours…

Ramsgate? On y va déjà tellement souvent… Et puis, le port n’est pas dragué et la profondeur devient un vrai problème à marée basse.

L’estuaire de la Tamise, la rivière Crouch, Ipswich ou Harwich? Xhosa y a pointé son étrave au mois d’août et nous fait comprendre qu’il préférerait découvrir une autre destination…

 

Remontons encore un peu… Tiens, pourquoi pas Lowestoft? Évidemment, avec ses 90 milles de traversée depuis Nieuport, ce n’est pas tout près, mais l’orientation nord-ouest de la route devrait nous aider à avoir un vent sympa…

Petite vérification dans les pilotes nautiques – deux marinas, dont une accessible sans pont, ni écluse.

Coup d’œil sur internet – la ville a l’air jolie et en train et de se développer comme centre touristique.

Repérage sur Google Earth – tout semble facile, à part l’entrée assez étroite et sans bonne visibilité.

 

C’est décidé! Xhosa, destination Lowestoft!

 

18 à 20 nœuds de vent de nord-est; nous larguons les amarres, le vendredi assez tôt. Xhosa semble gâté par les cieux: ciel dégagé, vent au travers… Juste cette ennuyeuse houle résiduelle, due au coup de vent de la veille, assez mal orientée… Mais le soleil brille déjà et la météo prévoit qu’il nous accompagnera jusqu’en fin d’après-midi.

 

À la mi-journée, le vent forcit un peu et se stabilise autour de 25 à 30 nœuds, Xhosa devient de plus en plus ardent comme pour nous demander de réduire la toile … Cela permet de calmer son ardeur, tout en continuant à avancer assez vite… Un vrai bonheur… Même si nous devons barrer en continu pour épargner le pilote, qui fait un bruit très bizarre…

 

En fin d’après-midi, l’Angleterre apparaît … et les nuages aussi. Timing parfait car ce n’est qu’au moment où nous surfons sur la barre, due au le vent d’est, à l’entrée du port que les premières gouttes de pluie tombent.

 

11h30 pour 87 milles … Waouw…Super Xhosa!

 

Quelques péripéties lors de l’amarrage, que nous vous raconterons une autre fois, et nous voilà à terre. Le soleil est en train de se coucher, le vent souffle assez fort sur la ville et il pleut maintenant sérieusement… Pas vraiment le temps idéal pour une longue balade touristique…

 

Le matin, le vent est tombé et est passé au sud-ouest. Le soleil brille déjà très fort, sur un fond de ciel tout bleu. Nous partons et rapidement le vent s’installe et fluctue calmement entre 18 et 27 nœuds, parfaitement au travers, à nouveau! Ce qui nous permet, comme à l’aller, d’avancer très vite, toutes voiles dehors, d’autant plus que la houle a disparu.

La voile sous son plus beau jour, une magnifique journée en mer qui commence!

 

Tout est vraiment parfait, jusqu’à ce qu’un cargo, dans le rail, ne se mette à zigzaguer et à changer sérieusement de cap 2 ou 3 fois, comme s’il cherchait vraiment à nous toucher. Un grand lof, pour l’éviter et passer derrière… Manœuvres bizarres et inexpliquées de ce cargo d’Amsterdam, que nous ne comprendrons jamais…

 

À l’heure du déjeuner, un petit oiseau, sorte de moineau, s’arrête sur Xhosa, puis un deuxième, plus gros, espèce de croisement entre un merle et une grive, le rejoint. Ils sont mignons et se baladent d’un côté à l’autre sans montrer la moindre peur. Un peu de pain, un reste d’eau de la pluie de la nuit et ils passent une ou deux heures à bord à picorer, à se rassasier et à se reposer… Un déjeuner en mer avec des amis… Puis, repus, ils repartent vers le continent, en nous laissant un petit souvenir de leur passage à bord…

 

Xhosa avance toujours vite et se rapproche rapidement de la côte belge. Le soleil se couche doucement et les phares d’Ostende puis de Nieuport apparaissent à l’horizon, comme sortant de l’eau. Le vent est en train de diminuer. Pourvu qu’il ne tombe pas à 10 milles du but! Ouf, il refuse aussi un peu, ce qui permet de continuer à bien marcher et à boucler le retour, comme l’aller, en moins de 12 heures!

 

Xhosa retrouve son anneau à Nieuport et nous descendons à terre, profondément heureux. On n’a rien vu de Lowestoft, mais notre escapade éclair a été du pur bonheur.

 

Merci Xhosa !