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Monthly Archives: avril 2010

Demi-baptême

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 Xhosa a été équipé d’un nouveau calculateur pour le pilote automatique. Je l’avais commandé en décembre, histoire de pouvoir l’utiliser dès sa remise à l’eau, mais, les aléas des travaux d’hivernage et le succès de Raymarine au printemps ont retardé sa livraison et son installation.

 

Mais voilà, depuis hier, il est en place. Il ne reste plus qu’à le calibrer en mer, pour garantir son efficacité, ce qui me semble particulièrement important car les tests, avec le bateau amarré, montrent des comportements un peu surprenants.

 

D est à Rome ce week-end et je suis donc seul à bord. Je n’ai jamais fait de voile en solo, même si cela m’attire depuis quelque temps. Le temps est calme et le vent faible… Pourquoi ne pas profiter de ce calibrage obligatoire pour tenter une première sortie en solitaire ?

 

Tout est prêt. Le moteur tourne. Manœuvre pour sortir de la place. Parfaite. Tout en douceur. Aussi bien qu’en équipage. D’accord, il n’y avait pas de vent et il faudrait donc être très maladroit pour la rater. Mais pour le moral, c’est un bon début!

 

Pas de problème pour le rangement des amarres et des pares-battages, même si le pilote refuse, à nouveau, de fonctionner. Mais, le bateau tient à peu près droit, barre attachée. Il faut juste ne pas oublier qu’on est seul et qu’il n’y a personne pour corriger le cap … Arrivée en mer sans souci.

 

Dès que Xhosa est en dehors de la zone d’approche de Nieuport, je commence le calibrage du pilote. Deux grands 360° très lents, au moteur, puis une comparaison automatique avec le COG du GPS pour aligner et corriger le compas. Super, ces premiers tests marchent très bien! Le compas est maintenant bien réglé. Ce n’est pas plus mal car il était décalé, depuis l’installation du nouveau calculateur, d’environ 70°…

 

Reste l’auto-apprentissage. Et là, Nelson (c’est le nom du pilote) n’a rien voulu apprendre ! Au lieu de zigzaguer, comme prévu dans la notice, il a donné une consigne de virer à fond à babord, faisant tourner Xhosa pratiquement sur lui-même, tout en déclenchant une alarme… Un courriel à l’installateur s’impose…

 

Du coup, l’absence de pilote transforme mon baptême de solitaire à la voile, en une sortie, seul, au moteur, à faire des 360° de plus en plus serrés, ce qui est beaucoup moins glorieux !

 

Je rentre au port et, arrivé à l’emplacement, un badaud vient m’accueillir, ce qui enlève le dernier élément possible de stress, en rendant l’amarrage très simple.

 

Le vrai baptême aura lieu, car cette sortie m’a, malgré son aspect un peu ridicule, procuré une profonde sensation de bien-être et une vraie envie de recommencer!

 

 

 

 

 

 

Un rond dans l’eau entre amis…

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 A priori, je n’aime pas sortir pour faire un rond dans l’eau devant Nieuport. J’ai besoin d’un but, d’une destination, d’un objectif à atteindre. J’aime chercher la route optimale, lutter contre un vent mal orienté, jouer avec les courants, pour optimiser la vitesse de rapprochement vers ce but, choisi pourtant de façon totalement arbitraire.

 

Et c’est ce besoin spécifique du défi qui fait qu’une simple ballade en mer me semble moins attirante qu’une croisière vers une région ou un port précis… Pourquoi aller à droite plutôt qu’à gauche ? Pourquoi virer maintenant plutôt que 2 milles plus loin ? Pourquoi faire du près plutôt que du portant ? Pourquoi essayer d’aller vite ? …

 

Samedi passé, nous sommes sortis avec un ami, que nous n’avions plus vu depuis quelques mois. Objectif unique : faire un petit tour devant Nieuport. Et ce fut vraiment super ! Le temps était magnifique, le vent léger mais suffisant pour faire marcher Xhosa à belle vitesse… Nous avons parcouru 25 milles, sans nous soucier, un seul instant, d’où nous allions, en profitant pleinement de cette belle journée d’avril !

 

Et, le soir, en regardant, sur internet, la trace générée par la balise de suivi par satellite, nous avons eu la surprise de voir que le rond dans l’eau était, en réalité, assez proche de la forme d’un cœur…

 

Espérons que ce soit un signe et que cette belle journée soit l’augure d’une magnifique saison !

 

 

 

 

 

 

Le flot et le jusant…

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 La marée monte … La marée descend… Le flot suit le jusant…

 

Elle est envoûtée par le soleil… Elle est attirée par la lune… Elle s’étire, se tord; elle s’allonge, se déforme pour s’en approcher, tenter de les atteindre… Mais, chaque fois, malgré ses efforts, d’autres forces physiques invisibles, créées par ces mêmes astres que tant elle vénère, la repoussent et, à sa forme initiale, la forcent à revenir …

 

La marée monte … La marée descend… Le flot suit le jusant…

 

Telle le cœur de la mer, elle génère un flux et un reflux, jour après jour.  Un rythme bien régulier, modelé par les astres, le relief, la géographie… Et la météo, aussi, qui l’aspire dans les tempêtes et l’écrase par beau temps…

 

La marée monte … La marée descend… Le flot suit le jusant…

 

Elle est partout la même, mais en tout lieu différente. Petite, lente, modeste et humble en Méditerranée… Grande, fière, espiègle et rapide comme un cheval au galop en baie du Mont St Michel…

Elle joue avec les paysages au gré de ses désirs… À son contact, une baie immergée, calme et propice à la navigation, rapidement, se transforme en zone dangereuse, pleine d’écueils et interdite à tout bateau… Pourtant, bon prince, elle se rend prévisible et donne accès à tel port inaccessible au navigateur qui apprend à la connaître et sait la respecter…

 

La marée monte … La marée descend… Le flot suit le jusant…

 

Elle est née avec une horloge dans le ventre. Un rythme précis et connu d’avance. Elle aurait pu concourir pour devenir la base de notre temps, tant sa vie est régie par un cycle simple et répétitif, résultat pourtant d’une multitude d’éléments complexes… Mais, elle a laissé le soleil, qui tant l’attire, remporter cette bataille. C’est lui qui a obtenu notre préférence et, de notre calendrier, est devenu la référence…

 

La marée monte … La marée descend… Le flot suit le jusant…

 

Créatrice et nourricière, elle engendre l’estran, cette zone si spéciale, et si riche par sa biodiversité…

Méticuleuse et attentionnée, elle nettoie nos plages, sans relâche, hiver comme été, deux fois par jour.

Impitoyable et conquérante, elle est aussi devenue une véritable ennemie. Jamais assouvi, son désir d’expansion l’amène à attaquer, par usure, inlassablement et insidieusement, tous les obstacles sur son passage…

 

La marée monte … La marée descend… Le flot suit le jusant…

 

Infatigable, son mouvement se répète, jour après jour, sans jamais ralentir. Elle est une source d’énergie renouvelable et instantanément renouvelée, inépuisable, mais encore si peu utilisée…

 

La marée monte … La marée descend… Le flot suit le jusant…

 

Sans marées, la mer s’appellerait-elle mer?  Serait-elle aussi captivante et attirante?… Serait-elle aussi belle?…

 

La marée monte … La marée descend… Le flot suit le jusant…

 

 

 

 

 

 

 

Enfin la mer !

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 Voilà, la saison a officiellement commencé!

 

La météo annonçait un temps superbe avec juste un peu de brouillard le matin… Enfin, le brouillard est resté jusqu’à assez tard dans l’après-midi… Avec cette sensation de froid due à l’humidité. Mais, de toute façon, comme dit le dicton, « en avril, ne te découvre pas d’un fil »

 

Nous sommes juste au centre d’un anticyclone, avec un vent faible, d’environ 10 nœuds du nord-est. Suffisant pour faire marcher le bateau à bonne vitesse, relax, sans besoin de manœuvrer en permanence et sans se mouiller. Parfait pour une première sortie, où il faut vérifier que tout est bien en ordre.

 

Une bonne vingtaine de milles, à proximité des côtes, sans voir grand chose, si ce n’est un voilier de temps en temps, surgissant de nulle part et disparaissant aussitôt…

 

Et bien sûr, une fois de retour au port et amarrés, le brouillard s’est levé et le ciel est devenu d’un bleu resplendissant…

 

Une très belle sortie malgré le brouillard et la grisaille initiale!

 

 

 

 

 

 

Week-end laborieux

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 Le week-end fut beaucoup plus laborieux et beaucoup moins voileux que prévu, malgré une météo meilleure qu’annoncée…

 

Les deux chantiers qui avaient des travaux à faire sur Xhosa avaient promis de tout terminer avant le week-end de Pâques… Mais, bien sûr, quand je suis arrivé sur Xhosa, vendredi, le premier des deux chantiers a commencé par me dire qu’il n’avait rien pu faire par manque de pièces et que le bateau était donc sans pilote et sans alternateur pour encore une semaine… Par contre, l’autre chantier avait bien avancé et était occupé à l’entretien du moteur sur le bateau.

 

L’entretien du moteur est, en général, une opération de routine sans grand problème. Mais, sur un bateau, les choses se passent rarement comme prévu. Rien de bien grave, juste une petite entrée d’eau au niveau de l’arbre d’hélice, nécessitant de le retirer, ce qui est particulièrement ennuyeux quand le bateau vient d’être remis dans l’eau… Comme la grue n’était pas libre avant le soir tard, le chantier a proposé de plonger, dans l’eau froide et peu engageante de Nieuport, pour faire la réparation…

 

Comme je m’inquiétais un peu à l’idée d’un bateau sans arbre d’hélice, c’est-à-dire, en d’autres termes, avec un trou au fond de la coque, il m’a été répondu que je n’avais pas de souci à me faire car leur société était également spécialisée dans le renflouage de bateaux…

 

Les réas à plat de pont et au pied du mat ayant également été changés la veille, j’ai pu, pendant que le mécanicien faisait trempette, remettre les drisses et refaire passer toutes les bosses dans les gaines de pont et les coinceurs du piano. Opération simple et rapide, en principe, mais, qui finit par prendre du temps, surtout, quand les cordages ne sont pas parfaitement épissés, que le vent souffle fort et qu’une averse de pluie s’invite régulièrement…

 

Le reste du week-end a été consacré, outre à fêter Pâques en famille, à remettre le lazy-bag, la grand-voile, le génois, et tous les éléments de sécurité… Et puis, à ranger tout ce qui fait le confort en croisière…

 

Tout était presque fini lorsque nous avons constaté que l’enrouleur de génois présentait, comme il y a 2 ans, un petit problème. Rien de dramatique, juste une histoire de boulons, qui désolidarise le mécanisme enrouleur et la voile, et rend le génois difficile ou impossible à enrouler dès qu’il y a un peu de vent… Ce sera réparé cette semaine…

 

Plus que quelques jours de patience…

 

 

 

 

 

 

 

Les Déferlantes

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 Contrairement à ce que le titre de ce livre semble indiquer, « Les Déferlantes » n’est pas un récit de voile ou d’une traversée dans des mers hostiles. C’est un livre dont l’histoire se passe sur la terre ferme. Néanmoins, il y a un lien très fort avec la mer parce que son histoire se passe dans un village à proximité du Cap de la Hague, en haut des falaises avec vue sur le port et le phare.

 

Le roman est une sorte de chasse aux vieux secrets, format polar. Une femme, qui fait des recherches ornithologiques, essaie de comprendre le fin fond de l’étrange histoire d’un bateau ayant chaviré dans le raz Blanchard, vingt ans plus tôt, et causant la mort d’un couple et d’un de leurs enfants. Que s’est-il passé vraiment ce jour-là? Le phare a-t-il été éteint volontairement? Qui ment, qui dit la vérité?

 

L’histoire est haletante et palpitante. Les personnages sont très typés, voire, parfois, un peu étranges ou effrayants. Mais, outre l’énigme au cœur du roman, le livre offre aussi de belles descriptions du bord de mer, de la vie et de la dureté de l’hiver sur un cap isolé, face au vent et à la houle; des images du phare du cap, du petit port à proximité et beaucoup d’éléments de la nature environnante.

 

500 pages, écrites par Claudie Gallay, très agréables à lire… Attention, prévoir qu’il sera difficile de déposer le livre avant d’être arrivé à la fin…