Skip to Content

Monthly Archives: juin 2010

Embouteillage dans le chenal…

Par

 À Nieuport, il doit y avoir environ 2500 bateaux. Dans la pratique, très peu d’entre eux naviguent plus d’une ou deux fois par an… Certains sont « habités » tous les week-ends, mais ne bougent que pour aller faire le plein de diesel, pour faire fonctionner le chauffage…

 

Cette sédentarité des bateaux n’est certainement pas une caractéristique belge et est probablement vraie partout. Il m’a été dit que Bénéteau aurait fait une étude qui montre que les voiliers ne naviguent, en moyenne, que quelques heures par an et que la grande majorité de leurs propriétaires ne sortent pas dès que le vent atteint force 4… On comprend mieux pourquoi les nouveaux modèles font la part belle aux équipements de salon, lits doubles (impossibles à la gîte), ou autres, au détriment du confort en mer ou des équipements de sécurité, proposés uniquement en option, pour la petite minorité qui navigue…

 

Ce week-end était peut-être une exception à cet état des choses. Le temps magnifique et le vent faible, mais présent, ont poussé pas mal de bateaux en mer, pas très loin du port d’attache, bien sûr, mais en mer, malgré tout. Au point que le chenal d’accès de Nieuport ressemblait plus à une allée commerçante, un jour de soldes, qu’à un fleuve tranquille…

 

Nous avons aussi profité de ce très beau temps pour faire un rond dans l’eau – même si les puristes, qui regardent la trace laissée sur Google Map, trouveront que c’est, en réalité, un triangle – et attraper un joli coup de soleil sur le nez… 

 

 

 

 

 

Week-end tranquille aux facettes multiples…

Par

 Me voilà enfin rentré de voyage, pour un week-end calme, en famille. Le stress se ressent un peu à la maison parce que les enfants ont encore une semaine d’examen, avec l’inévitable lot de travail, énervement, joie ou déception, en fonction des résultats de chaque examen… Enfin, les vacances sont presque là…

 

Soirée artistique pour commencer le week-end… D, qui s’est récemment lancée dans la peinture à l’huile, avait son premier vernissage (en collaboration avec d’autres artistes amateurs)… Excitation et bonheur justifiés par cette grande première, suivie d’un cocktail sympa entre quelques amis…

 

Puis, petit saut à la mer, sous un temps pluvieux et venteux – c’est incroyable comme on s’habitue vite au temps tropical !… Passage sur Xhosa, samedi, et discussion avec le chantier pour trouver le moyen d’installer une delphinière destinée à un gennaker… Pas évident… On devra vraisemblablement déplacer l’ancre et remplacer le balcon actuel par un balcon ouvert…

 

Le soir, des amis de longue date nous rejoignent et, dimanche, malgré l’envie, nous ne naviguons pas à cause du manque de temps et des conditions climatiques pas vraiment bonnes…

 

Et puis, retour à Bruxelles pour remplir la déclaration fiscale… Beaucoup moins drôle…

 

 

 

 

 

Ados jetés dans des océans inhospitaliers…

Par

 Je venais de voir la vidéo du « record » de Mike Perham, quand j’ai lu le dernier billet du blog d’Olivier Chapuis « Les jeux du Cirque ». Et je ne peux que partager le message d’Olivier, tant j’avais été choqué par la vidéo montrant la recherche de l’exploit et du record, au détriment du sens marin le plus élémentaire.

 

La vidéo décrit, sans aucune équivoque possible, comment un père pousse son fils dans une aventure dangereuse, pour la gloire, l’orgueil ou l’argent, liés à un tel record. Mike n’était pas prêt. Mike n’avait pas navigué sur son bateau avant de partir !… Parce que le temps manquait et que la contrainte d’être le plus jeune circumnavigateur était devenue prioritaire…

 

Le film donne un peu l’impression que le père de Mike trouvait dans le tour du monde de son fils une façon de se réaliser lui-même, sans prendre en compte la futilité fondamentale de l’objectif cherché et le danger intrinsèque à une telle aventure…

 

Puis, la nouvelle tombe que Abby Sunderland, qui s’est jetée en plein hiver austral dans les pires mers du Sud, pour tenter, elle aussi, de conquérir un nouveau record, a dématé et a déclenché ses balises… Elle a, heureusement, pu être sauvée, par des hommes, qui ont pris des risques personnels, pour la tirer d’une situation dans laquelle le sens commun imposait de ne pas se mettre…

 

Est-ce que ce sont les développements des télécommunications et des médias qui exigent que les hommes prennent plus de risques, afin de pouvoir développer une nouvelle forme de télé-réalité accrocheuse ? Au point d’inciter des navigateurs, pas très matures, à partir en mer, dans des conditions peu raisonnables, en se reposant sur la possibilité d’avoir un sauvetage… Verrons-nous demain des enfants de 14 puis 12 ans, poussés par leurs parents à partir dans ce genre d’aventures, pour générer des recettes publicitaires?

 

Tout le contraire de ce que « sens marin » signifie pour moi…

 

 

 

 

 

L’équateur… une ligne virtuelle très spéciale…

Par

 

Kuala Lumpur… Singapour… Jakarta… Je me rapproche de cette ligne virtuelle… Je suis en équilibre sur elle… Je la passe… De 00º 00’ N à 00º 00’ S…
 
Ma tête passe d’en-haut à en-bas… Mais je ne sens rien… Du milieu de l’été, je saute au milieu de l’hiver… Et, pourtant, il fait toujours aussi chaud et humide…
 
Le ciel s’obscurcit… Un grain arrive… La pluie tombe quelques instants… Ici, quand il pleut, c’est vraiment sérieux… Même si cela ne dure pas longtemps…
 
Le ciel se dégage et la vue sur les mers du Sud est magnifique, malgré les restes d’une récente pollution par le pétrole (encore une !)… Et des cargos partout, à faire pâlir d’envie le Cap Gris-Nez, témoins du rôle commercial de cette porte vers l’Asie…
 
Bon weekend à tous les navigateurs et aux autres…

 

 

 

 

 

Toutes les mers sont rondes…

Par

 Je reviens d’un voyage professionnel au Moyen-Orient et je repars demain vers l’Asie du Sud-Est. Beaucoup de villes et de pays lors de chaque voyage et, surtout, beaucoup de mers différentes (l’avion va décidément beaucoup plus vite que Xhosa) : Méditerranée, Mer Rouge, Golfe Persique, Mer d’Oman, la semaine dernière ; Océan indien, Mer de Chine, Mer Jaune, Mer de l’Ouest, Détroit de Malacca, Mer de Java, la semaine prochaine…

 

Toutes ces mers, aux noms si évocateurs, sont, malgré leurs aspects et leurs noms très différents, finalement très semblables… Elles sont différentes par leur couleur, qui peut passer du brun au vert en passant par le bleu, en fonction des fonds ou du temps ; par leur température, tellement différente d’un endroit à l’autre ; par leur relief, calme ou agité, avec ou sans déferlantes, en fonction de leur ouverture, de leur relief sous-marin ou de leur exposition climatique…

 

Elles sont, néanmoins, toutes, quelque peu semblables. Jean-François Deniau disait « La mer est ronde » ; jai envie d’adapter la phrase et de dire : « toutes les mers sont rondes ». Rondes horizontalement car chaque mer forme un cercle autour de l’œil; rondes verticalement car elles semblent toutes « tomber » derrière l’horizon… Et ces courbures ont cet effet magique, depuis toujours, de donner envie aux hommes d‘aller voir ce qu’il y a « derrière » …

 

Irons-nous jamais avec Xhosa visiter tous ces endroits ? Probablement pas, surtout que certains sont devenus très mal famés… Mais cela n’empêche pas de rêver et d’en avoir envie, chaque fois que le regard est captivé par tous ces horizons lointains…