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Monthly Archives: septembre 2010

Examens…

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 Un feu rouge au-dessus d’un feu vert… Un feu jaune au-dessus du feu de poupe… Un feu rouge, un feu blanc et un feu rouge superposés, deux feux verts à tribord, deux feux rouges à bâbord, presque un sapin de Noël avant l’heure…

 

En 1979, j’ai passé l’examen de Yachtman, qui, en Belgique, a pour objectif de tester les connaissances théoriques liées à la navigation côtière…

Cette année, je me prépare à l’examen de Navigateur de Yacht, ayant une vocation hauturière… Loxodromie, orthodromie, astronomie, droite de hauteur, méridienne, carte du ciel, utilisation du sextant,… Toutes des méthodes qui, à défaut d’être indispensables tant que l’électronique fonctionne, permettent de mieux comprendre ce que la navigation hauturière signifie vraiment…

 

Cet examen est composé de 3 parties. La première partie est dédiée à tous les calculs nautiques et astronomiques. C’est la partie la plus difficile, au départ, mais, de loin, la plus intéressante…

 

La deuxième partie reprend toute la matière du brevet de Yachtman. Certaines parties, comme le calcul d’une route ou de la hauteur d’eau, sont devenues routinières, vu le nombre de milles parcourus depuis 1979, mais, d’autres thèmes, comme le règlement international pour prévenir les abordages en mer, demandent un petit rafraîchissement, car 1979 c’est très loin… En plus, la matière comprend le règlement de l’Escaut (et aucun autre fleuve), ce qui paraît un peu étrange pour un navigateur belge ayant une ambition hauturière, l’Escaut étant probablement le seul fleuve où il est à peu près certain de ne jamais aller…

 

Enfin, il y a un examen pratique. Je m’attendais à ce qu’il y ait des exigences type RYA en Angleterre, avec l’obligation d’avoir navigué, comme skippeur, un certain nombre de milles dans des zones éloignées des côtes… Eh bien non, il faut faire quelques manœuvres de port, au moteur, dans le port de Zeebrugge, savoir faire quelques nœuds, fixer les défenses et autres manoeuvres équivalentes. Un peu surprenant dans un contexte hauturier mais ainsi en est-il …

 

Alors j’ai ma petite boîte de cartes avec les feux des bateaux – tous les types, sous tous les angles – pour m’entraîner à repérer sans hésitation s’il s’agit d’un voilier, d’un bateau remorqué, d’une drague civile à dépasser par tribord ou d’un chalutier dont les filets sont accrochés au fond de la mer… Et après, je passerai aux pavillons et à l’alphabet morse…

 

 

 

 

 

Un air de fin de saison…

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 Il faisait très beau hier, à Nieuport. Le soleil brillait, le ciel était d’un très beau bleu et le vent calme.

 

Beaucoup de voiliers étaient sortis : les voiliers habituels, sortant tous les week-ends, mais aussi un grand nombre de dériveurs légers, type 420 ou 470, et pas mal de croiseurs rapides se préparant pour une régate devant Nieuport…

 

Le soleil et toute cette agitation en mer auraient pu faire croire que nous étions un samedi de juillet…

Néanmoins, on ressentait déjà un air de fin de saison…

 

Peut-être parce que, malgré l’ensoleillement et le bleu du ciel, la température ne dépasse plus les 17 ou 18 degrés et que le soleil se couche avant 20 heures… Ou, peut-être, à cause de cette impression, visible sur les pontons, que tout le monde commence à se préparer pour l’hiver…

 

En prenant rendez-vous, hier, pour le grutage de Xhosa, pour l’hivernage, le 22 novembre, j’ai croisé 5 autres skippeurs faisant la même chose… Et, l’un d’entre eux demandait le grutage pour samedi prochain déjà…

 

Et puis, mentalement, tout le monde semble s’y préparer… Moi-même, j’ai rangé le moteur hors-bord et l’annexe, le week-end passé, et j’ai commencé les nombreuses listes de choses à vérifier, à réparer ou à améliorer pendant les longs mois d’hiver…

 

Mais cette ambiance de « fin de soirée » ne m’a pas empêché de sortir faire un tour en mer, histoire de profiter encore au maximum de Xhosa, tant que le temps le permettra, jusqu’au 22 novembre… 

 

 

 

 

 

Ecole skippeur…

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 D. n’avait jamais fait de voile avant 2005. Et, depuis qu’elle a commencé, nous sommes toujours sortis ensemble, avec moi dans le rôle de skippeur. Aujourd’hui, elle est un équipier parfaitement confirmé, capable de diriger un quart, de jour ou de nuit, et de gérer totalement le bateau… Mais, jusqu’à présent, elle n’a jamais osé prendre le bateau sans que je sois là…

 

C’est pour cela qu’aujourd’hui, nous sommes sortis en inversant les rôles. Elle était skippeur et, moi, un équipier, pas très doué (je fais cela très bien), ne prenant aucune initiative (j’ai déjà plus de mal) et très obéissant (là, c’est franchement à peu près impossible)…

 

C’est donc D. qui a veillé à la préparation du bateau, fait toutes les manœuvres au moteur, décidé des voiles et des réglages, choisi la route à suivre, contrôlé les marées et la navigation, rempli le livre de bord… Ce qui lui a permis de se rassurer en voyant que tout allait parfaitement bien et qu’elle était tout à fait prête à sortir avec Xhosa sans moi…

 

Et, pour moi, ce fut la voile comme un équipier… La voile comme le meilleur moyen d’évacuer le stress et la nervosité d’une semaine un peu difficile… La sécurité sociale devrait, d’ailleurs, prescrire de telles séances plutôt que des médicaments… C’est très efficace, bio et sans effets secondaires…

 

Le ciel s’étant bien dégagé, après la pluie de la nuit et la grisaille du matin, nous avons même pu bronzer un peu… Sans oublier, après la navigation, la traditionnelle bière blanche, sur la terrasse du yacht-club, avec des amis navigateurs, rencontrés par l’intermédiaire de ce blog…

 

 

 

 

 

Triangle ensoleillé…

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 Ciel bleu, soleil généreux, brise de 10 à 15 nœuds, mer plate… Cocktail parfait pour une petite navigation en solitaire en ce début d’arrière-saison…

 

Sortie du port dans la cohue, direction le large, au près, vers le nord… Très vite, à 5 à 6 milles de la côte, il n’y a presque plus personne… Ooops, à part ce ferry qui est juste en route de collision avec Xhosa… On a beau être prioritaire, cela fait toujours un peu peur, surtout quand on est seul… Mais, finalement, Xhosa passe facilement devant lui…

 

J’abats et j’entame un long bord vers l’ouest, au travers… Les brumes matinales se sont tout à fait dissipées et le soleil chauffe fort maintenant… Je suis assis dans le cockpit et je me laisse pénétrer par les rayons de soleil… Comme c’est Nelson (le pilote) qui fait le boulot, je peux fermer les yeux et profiter pleinement de ces instants précieux pour rêver…

 

Et puis, retour vers Nieuport au bon plein, bâbord amure… Un peu plus difficile à l’arrivée, vu le nombre de voiliers, qui, tous, semblent s’être donné le mot pour venir vers Xhosa, tribord amure, dans l’angle mort, sous le génois… J’ai l’impression d’être au four et au moulin : surveiller le plan d’eau, éviter les voiliers qui partent au large ainsi que la meute qui termine une régate sous spi, sans oublier de préparer les manœuvres d’affalage… Et, un peu plus tard, Xhosa retrouve son anneau, sans heurts…

 

Au total, une magnifique journée : 26 milles de pur bonheur… 

 

 

 

 

 

Laura entre en piste pour un tour (du monde)…

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 Le cirque continue… La chasse aux records ne s’arrête pas… Les caméras sont en place pour retransmettre les évènements, les pleurs, les douleurs et les joies, … et engranger au passage les impacts publicitaires… Laura Dekker vient de quitter Gibraltar pour accomplir à 14 ans un tour du monde en solitaire…

 

Mais quelle est sa vraie motivation ? Faire un tour du monde en solitaire – projet noble et ambitieux ne méritant que notre respect ? Ou devenir la plus jeune circumnavigatrice en solitaire – motivation beaucoup moins noble, même si très ambitieuse malgré tout ?

 

Tout semble indiquer qu’il s’agit de la deuxième option… Et moi qui croyais que c’était une caractéristique masculine de vouloir être « le plus grand, le plus beau, le plus fort »… Une preuve, peut-être, qu’une véritable égalité des sexes est en train de naître…

 

La justice a tenté d’arrêter le projet pendant un an, en retirant à ses parents l’autorité parentale, autre signe que ce projet n‘est peut-être pas uniquement l’idée de Laura… Mais, aucune loi n’interdit (heureusement) à quiconque d’aller en mer, qui est et doit rester un immense espace de liberté. Et la contrainte juridique a été levée récemment…

 

Espérons que sa motivation profonde soit d’être en mer et qu’elle ait le courage d’arrêter à temps si la force indispensable à une telle aventure venait à lui manquer…

 

Et, quelles que soient ses raisons, souhaitons-lui bon vent et que les dieux de la mer la protègent dans son projet…