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Monthly Archives: octobre 2010

La Route du Rhum…

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 Les coureurs sont dans les starting blocks… La tension monte et devient visible sur les pontons… Plus que quelques jours avant le 31 octobre, jour du départ de la route du Rhum…

 

86 skippeurs exactement, dont 35 amateurs… 3 femmes seulement… Qui a dit que la voile n’était pas un sport macho?

 

Le nombre de bateaux engagés prouve l’engouement pour cette course, qui s’est vraiment hissée au sommet, au détriment d’autres, plus historiques, comme l’Ostar.

 

Au fur et à mesure des éditions, les bateaux continuent à évoluer. Aujourd’hui, ils mesurent entre 12 et 32 mètres. Plus de la moitié sont des Class40, sacrant le succès de cette classe récente, plus «économique» que celle des monocoques de 60 pieds, représentée par 9 skippeurs bien connus.

Mais la principale nouveauté est l’apparition de la classe Ultime: 9 multicoques géants, dessinés pour battre des records de vitesse autour du monde avec des équipages nombreux, mais qui seront, ici, un peu assagis et manœuvrés par des hommes seuls!

 

Cette disparité dans les bateaux risque d’amener une grande différence de temps entre le premier et le dernier… Il faut 29 jours pour parcourir 3500 milles à 5 nœuds, mais seulement 4 jours à 35 nœuds…

 

Et cette vitesse de plus en plus grande pourrait faire évoluer le rôle des skippeurs…

 

La bonne capacité prévisionnelle de la météo à quelques jours devrait permettre à ces bateaux très rapides de la classe ultime de choisir la route optimale dès le départ, et d’optimiser ainsi, de façon presque parfaite, leurs trajectoires… Presque comme si le scénario complet de la course pouvait être simulé avant le départ, avec ses manœuvres, ses changements de voiles, ses périodes difficiles ou ses moments de repos… Le rôle du skippeur pourrait devenir moins stratégique et plus orienté vers sa capacité à faire fonctionner le bateau, en permanence, à sa vitesse maximale, selon le schéma pré-établi, et à éviter la casse…

 

Ce raccourcissement des distances et du temps total changera aussi la façon de gérer le repos… Les coureurs iront probablement puiser beaucoup plus loin dans leurs réserves s’il ne doivent tenir qu’une semaine au lieu de quatre…

 

Et cela pourrait signifier que la voile et la course au large, sur de tels monstres aussi rapides, pourrait devenir de plus en plus plus une affaire requérant, principalement, force physique et endurance… Un sport encore plus macho?

 

Bon vent à tous et tous mes encouragements à Bertrand Guillonneau, ce chirurgien résident à New-York, qui a décidé de participer à cette course, entre deux opérations, sur le Class40 «Ville de Douarnenez»…

 

 

 

 

 

Tabarly : mémoires du large

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 Le livre «mémoires du large» d’Eric Tabarly est une autobiographie de son impressionnante carrière de course au large. Mais, au-delà des exploits sportifs de l’homme, le livre est un véritable manuel d’histoire, décrivant l’évolution des technologies des bateaux et l’amorce de la professionnalisation de la course au large…

 

Lors de sa première transat en solitaire, Pen Duick n’avait ni moteur, ni pilote automatique, juste un régulateur d’allure, ni radio, ni téléphone ou système efficace de communication, ni girouette, ni anémomètre, ni loch, ni aucune électronique… Juste un compas de route et beaucoup de sens marin…

 

Comme il n’avait aucune information sur les autres concurrents, il a appris sa victoire, une fois la ligne d’arrivée franchie! À ce sujet, il raconte une anecdote où, lors d’une autre victoire, l’absence de médiatisation faisait que personne ne l’attendait et il ne savait pas où déclarer qu’il était arrivé! Quel contraste avec les courses actuelles et la foule qui accueille les concurrents…

 

On pourrait se demander si la connaissance des positions des concurrents amène ceux-ci à prendre plus ou moins de risques? Michel Desjoyeaux aurait-il poussé sa «machine» encore plus fort, dans le dernier Vendée Globe, s’il n’avait eu accès, tout au long du parcours, aux positions précises de ses concurrents? Il est d’ailleurs amusant de voir qu’un mode «furtif» est apparu récemment pour permettre aux concurrents, qui le désirent, de se cacher 24 heures… Une analogie pourrait probablement se faire avec le Tour de France, où l’apparition des oreillettes a permis de profondément changer les stratégies des équipes et de bien mieux contrôler les efforts dans les échappées…

 

Le livre raconte aussi l’évolution graduelle des technologies des bateaux et de la voile, où Eric Tabarly a joué un rôle prépondérant et apporté beaucoup de créativité et d’innovation. Pour chaque course, il trouvait de nouvelles idées pour rendre ses bateaux plus performants, ce qui l’a placé en précurseur et fondateur d’une véritable révolution dans la conception des bateaux de course…

 

Si la course au large n’est certainement pas devenue plus facile qu’aux débuts de Tabarly, le livre montre clairement qu’elle est passée «d’art» à «science». Une science qui a pu trouver et obtenir des moyens plus importants pour la recherche en nouvelles technologies ou la formation des équipiers et des skippeurs… Une science qui a, maintenant, un véritable accès à la multi-disciplinarité des compétences requises, très loin du one-man-show d’Eric Tabarly. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer le team des premiers Pen Duick avec celui d’Oracle… 

 

 

 

 

 

Rien à dire …

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 Le syndrome de la page blanche… Le cauchemar de l’écrivain ou du poète… Les mots qui s’entrechoquent de façon décousue dans la tête… Les idées qui se succèdent, sans parvenir à s’enchaîner, ni à aboutir ; ni phrases intelligibles, ni thèmes vraiment intéressants, qui ne sortent du stylo…

 

Pourtant, je pourrais parler de la joie de revoir ma fille, travaillant à l’étranger, qui est revenue, ce week-end, pour quelques heures, en Belgique ; décrire cette jolie petite sortie sur Xhosa, sous un ciel magnifiquement bleu, une température estivale et une gentille brise de nord-est, avec D. comme skippeur ; mentionner les agréables barbecues – les derniers de la saison peut-être -, le midi ou le soir, sous un soleil presque couché ; ou simplement mentionner la beauté du ciel plein d’étoiles, la nuit…

 

Mais tout cela n’est ni spécialement intéressant, ni particulièrement original et n’a, assurément, aucune chance de faire bouger le monde, résoudre le blocage politique en Belgique, ou apporter une solution durable au réchauffement climatique…

 

Le poète a dit : « Si la parole est d’argent, le silence est d’or »… Ce qui, en termes contemporains, se traduirait : « Quand on n’a rien à dire, il vaut mieux fermer sa g… »

 

Alors, ainsi en soit-il…

 

 

 

 

 

Un petit dernier pour finir la saison ?

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 Septembre rime avec rentrée scolaire pour les enfants et son lot de travail pour les parents…

 

Bien sûr, chez nous, le plus jeune ayant déjà 17 ans, il ne s’agit plus d’acheter des livres, recouvrir des cahiers, faire de belles étiquettes ou remplir les fiches d’identification en 3 exemplaires – demandant, chaque année, des renseignements comme la date de naissance ou le prénom de la mère, qui, par définition, ne changent jamais…

 

Il s’agit plutôt maintenant de les aider à emménager dans leurs kots (« chambre d’étudiant » en belge), faire quelques courses chez IKEA, donner un coup de main pour remettre en état ou, du moins, nettoyer ledit kot, qui, au cours de l’année précédente, n’a probablement jamais subi de nettoyage approfondi, voire même superficiel…

 

Tout cela pour dire que septembre a été plutôt occupé, d’autant plus que D. s’est inscrite à un cours de préparation pour les beaux-arts, qui l’occupe à plein temps.

 

Nous ne sommes donc pas à la mer, ce week-end, et Xhosa restera, malheureusement, à quai. La seule consolation est que le temps est sous l’influence de dépressions atlantiques depuis 2 ou 3 semaines et que la météo annoncée pour le week-end n’est pas terrible…

 

Alors, je rêve… Je repense à la saison qui s’achève… Je souris, en relisant les billets de mars sur ce blog, de voir que nous avons pu réaliser tous les projets planifiés pour 2010… Mais, je pense aussi aux 4 ou 5 semaines qui restent avant l’hivernage…

 

Pourquoi ne pas planifier un dernier petit projet pour cette arrière-saison ? Le week-end des 30 et 31 octobre est le week-end le plus long de l’année : il dure 49 heures grâce au passage à l’heure d’hiver. Et, en plus, le lundi premier novembre est férié. Cela nous donne donc 3 jours et 1 heure…

 

Bien sûr, rien de très ambitieux à cette époque de l’année où les journées sont courtes et les nuits froides et humides ; juste un aller-retour vers une autre marina, pas trop loin…

 

Avec les marées hautes tombant en début et fin de journée, à ces dates, nous pouvons facilement entrer à Gravelines, après 5 ou 6 heures de navigation, ou nous diriger vers le Nord, direction Blankenberge, Zeebrugge ou Breskens…

 

C’est la météo qui en décidera…