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Monthly Archives: janvier 2011

Wake-up call brutal!

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 Le téléphone sonne… C’est la capitainerie de Nieuport… Il faut fixer un rendez-vous pour remettre Xhosa à l’eau… Quoi! le 3 mars, dans une mois déjà?..

 

Xhosa a été sorti tard, cette année, et a été placé sur la route qui traverse le parking d’hivernage. Il faut la dégager en premier lieu pour permettre à la grue de faire son travail efficacement…

 

Et moi qui faisait les choses à mon aise, vu les conditions climatiques de décembre et le fait que Pâques, date traditionnelle pour le début de la saison, tombe assez tard cette année…

 

Heureusement, il n’y rien de très lourd à faire cette année… Outre la maintenance habituelle comme l’antifouling, l’entretien moteur ou la révision de la survie, seulement quelques petites réparations sont nécessaires…

 

Refixer le balcon avant, qui a été abimé par un bateau à touristes à Kinsale, réviser le palan de hâle-bas et la fixation de son vérin à la bôme, faire faire un sac permettant de laisser la trinquette endraillée, dans son sac sur la pont et revoir le davier pour qu’il tienne mieux l’ancre Spade, dont la verge est très arrondie…

 

Et, bien sûr, tout nettoyer, tout vérifier, re-vernir les panneaux de la descente, vérifier l’étanchéité de tous les coffres extérieurs et de quelques hublots plus anciens…

 

Mais le plus amusant sera le petit travail de menuisier-électronicien pour refaire le panneau à instruments, en acajou, au-dessus de la table à carte, afin de l’adapter à notre monde, de plus en plus bourré d’électronique… Et, en profiter pour mieux organiser les instruments et revoir tout le câblage qui est devenu un véritable spaghetti indigeste…

 

Il faudra donc bien planifier les travaux à faire pendant les 33 jours restant, pour s’assurer que tout ce qui doit être fait à sec, soit fini à temps…

 

Bon, le temps presse, je retourne travailler à mon travail de menuiserie…

 

 

 

 

 

 

Isatphone contre Iridium

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 La lettre de Xhosa au Père Noël était à peine envoyée, qu’il me répond par courriel avec quelques questions au sujet du téléphone satellite…

 

Père Noël voulait connaître nos préférences spécifiques, tout en supposant que Xhosa n’ambitionnait pas d’installer un système type Fleet broadband à haut débit, vu le coût des antennes et des communications…

Bien sûr, avoir l’internet à haut débit dans tous les océans serait assez génial mais pas vraiment utile, ni financièrement raisonnable…

 

Limitons-nous donc à l’essentiel: la voix, les sms, l’email «léger», les fichiers grib et les fax météo. Et pour tout cela, un téléphone type Iridium avec pack data (pour Mac) semble parfait…

 

Il me répond alors qu’il y a pas mal d’évolution chez les fabricants et que je devrais peut-être faire un peu de prospection, en particulier, depuis le lancement par Inmarsat, mi-2010, d’un téléphone concurrent à l’Iridium: l’Isatphone Pro.

 

Et il faut reconnaître que ce nouveau téléphone a pas mal d’atouts… Tout d’abord, il est moins cher que l’Iridium, non seulement à l’achat mais surtout à l’utilisation. Ensuite, il fait partie du groupe Inmarsat, ce qui donne un certain confort sur la pérennité du système, puisque les satellites font partie intégrante du système GMDSS, même si le téléphone n’en fait pas partie. Enfin, il semble que la vitesse de transmission des données, bien qu’extrêmement faible, soit légèrement meilleure que sur l’Iridium.

 

Alors, la décision semble facile… Sauf que Inmarsat a annoncé, lors du lancement du téléphone, la disponibilité d’un pack data au premier trimestre 2011, mais que celui-ci n’est pas encore là et que, sans pack data, le système perd tout son intérêt…

 

Alors, j’ai suggéré au Père Noël d’attendre un peu… Après tout, nous n’en aurons pas besoin avant le mois de mai…

 

 

 

 

 

 

Les jouets du Père Noël pour Xhosa…

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 Comme tous les enfants, j’ai écrit une lettre au Père Noël pour lui demander de gâter Xhosa, qui a été très sage en 2010.

 

La liste de cadeaux possibles est très longue… et n’arrête pas de s’allonger… Il fallait donc faire des choix… Le thème, cette année, est la communication et l’information en mer, hors de portée des côtes. 

 

L’année passée, j’avais essayé d’utiliser un modem 3G pour transférer données et emails. Malheureusement, les antennes des opérateurs télécom ne sont pas orientées vers la mer et dès que l’on s’éloigne un tout petit peu de la côte, le signal se perd… Donc totalement inutile loin des côtes…

 

Le téléphone satellite semble donc inévitable, tant pour les communications et les sms, que pour l’email, les fichiers météo GRIB ou les fax météo…

 

Néanmoins, je souhaitais avoir aussi une autre solution, indépendante de la téléphonie ou de l’internet, pour obtenir les cartes synoptiques et autres données météo… Ce deuxième cadeau sur la liste a bien du faire rire le Père Noël, tant il peut paraître d’un autre âge: une petite radio portative sur piles… Avec une caractéristique spéciale: les ondes courtes et la BLU…

 

Cette radio, complétée d’une application à moins de 3 euros sur l’iPad, devient un système de fax météo accessible dans le monde entier… Et ça marche!… Bien sûr, l’image n’a pas la qualité d’une image internet et on a un peu l’impression de retrouver nos vieux fax d’antan sur papier thermique, mais, comme back-up, c’est vraiment très bien! La seule chose un peu compliquée est de trouver et de bien régler la radio sur la bonne fréquence… Voilà donc une utilisation de plus de l’iPad en mer…

 

Le troisième cadeau sur la liste est un récepteur AIS. Plus pour les zones à fort trafic qu’en haute mer, en particulier, de nuit en équipage réduit.

 

Bien sûr, l’AIS ne remplace que partiellement le radar, dont Xhosa n’est pas encore équipé. Mais, il consomme beaucoup moins et n’émet aucunes ondes nocives… Le radar sera donc pour plus tard… Surtout qu’il a l’air d’évoluer vers la nouvelle technologie «broadband» et il me semble donc plus prudent d’attendre encore un peu…

 

J’avais bien sûr encore beaucoup d’idées à ajouter à cette lettre, mais la liste était déjà bien longue pour le Père Noël, qui doit certainement aussi s’occuper de beaucoup d’autres bateaux et de beaucoup d’enfants…

 

Alors les autres cadeaux seront pour une autre année, si Xhosa reste bien sage…

 

 

 

 

 

El Camino Inglés

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 Pour notre «expédition» à Compostelle, la préparation de la partie maritime n’est pas très difficile. A part acheter quelques livres et cartes, la navigation se fait essentiellement dans des eaux connues ou avec peu d’écueils, où seule la météo peut compliquer le jeu…

 

Par contre, étant peu habitué à la grande randonnée, la préparation de la partie pédestre du pèlerinage m’effrayait un peu plus, surtout pour définir le tracé à suivre. Comment éviter les routes principales à fort trafic, sans pour autant trop allonger la distance ou se lancer dans des dénivelés impossibles?… Avec, en plus, le besoin de trouver des hébergements répartis tout au long du tracé…

 

J’ai profité de la période plus calme de fin d’année pour entamer le travail… Acharnement sur Google Maps et Google Earth… Analyse des cartes militaires espagnoles… Et, en parallèle, inventaire de tous les hôtels le long de la route, sur base du guide de l’office du tourisme de Galice, où ils ne sont, malheureusement, pas positionnés sur une carte… Long,  fastidieux, très ennuyeux et particulièrement décourageant…

 

Et puis, D m’a rappelé que l’internet existe et, en quelques «clics», elle m’a dégoté un chemin référencé comme «El Camino Inglés», le chemin des Anglais… Nom assez logique, somme toute, puisque, historiquement, ce chemin était emprunté par les pèlerins Anglais, après la traversée du Golfe de Gascogne, au départ de Plymouth. Mais comme j’avais cherché en français ou en anglais plutôt qu’en espagnol, je ne l’avais pas trouvé…

 

Le chemin se compose de deux tracés qui se rejoignent à mi-parcours. Le premier, au départ de Ferrol, fait 114 km tandis que l’autre, qui démarre du port de La Corogne, ne fait que 74 km, ce qui nous suffit amplement…

 

Et, comble de bonheur, ces chemins sont entièrement décrits, dans leurs moindres détails, y compris les logements et hôtels sur la route, dans un livret à télécharger, publié par une association anglaise. Absolument génial! C’est à peine si nous avons encore besoin des cartes…

 

Le guide donne aussi quelques statistiques officielles de la fréquentation de ce chemin au cours des 10 dernières années: seulement 98 pèlerins en 2000 mais en croissance régulière jusqu’à atteindre 1451 pèlerins en 2008, les statistiques de 2009 et 2010 n’étant pas encore publiées… On ne devrait donc pas se bousculer sur la route!

 

Evidemment, vu la faible affluence, les lieux pour passer la nuit semblent plutôt rares, ce qui nous imposera de faire la route en 4 étapes plutôt que 3, sans aucune flexibilité: 13.5 km, 18.5 km, 24 km et 16 km.

 

Avec l’aide providentielle de cette association, la préparation paraît tout-à-coup beaucoup plus simple et je me sens subitement beaucoup plus rassuré! Finalement, grâce à l’internet, préparer une grande randonnée est encore plus simple que de préparer une traversée en mer…

 

 

 

 

 

 

Sept fois le tour du soleil ou deux visages de la pauvreté…

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 Un tour du monde en 7 ans…

 

Un départ de Nieuport en novembre avec une traversée mouvementée du golfe de Gascogne… Une longue étape en Atlantique, suivie par le passage du canal de Panama… Puis, le Pacifique, avec un long moment aux Galapagos…

 

Au bout de 2 ans, Nicole Van de Kerchove décide d’entamer son retour vers l’Europe et rejoint Panama.. Mais c’est sans compter sur son amour pour Don, un Américain qu’elle a rencontré en chemin et qui navigue aussi en solitaire… Elle renonce alors à son retour et les deux solitaires partent en équipage terminer ce long tour du monde…

 

S’ensuit une longue et tranquille période vagabonde dans le Pacifique, avec la naissance d’une petite fille… L’océan Indien est traversé rapidement… Le Cap de Bonne-espérance est laissé à tribord… Encore un arrêt à Sainte Hélène et un autre aux Antilles, avant de retrouver la Manche…

 

Le livre est très agréable à lire… Pas vraiment roman, pas vraiment autobiographie… Plutôt une suite d’impressions, organisées selon la chronologie du voyage et l’importance qu’elles ont revêtue…

 

Il donne un éclairage magnifique des îles du Pacifique et de ses habitants… Ces îles, qui n’étaient jamais entrées dans mes rêves de navigation, m’ont paru vraiment fascinantes et très attirantes…

 

Mais, ce qui m’a le plus frappé dans le livre est le contraste humain entre le Pacifique et l’Indien… Les peuples que Nicole a rencontrés, dans les deux océans, sont tous très démunis… Mais autant, cette pauvreté paraît souriante et presque acceptable dans les îles du Pacifique, autant elle paraît triste, sombre et inhumaine dans l’Indien…

 

Est-ce une question de cycle de développement industriel ou d’organisation des relations de travail? Ou peut-être  le résultat de différences culturelles ou climatiques?…

 

Pas de réponse à apporter à cette question… Alors, il faudra peut-être aller y faire un tour pour juger sur place…