Skip to Content

Monthly Archives: mars 2011

L’heure d’été… en hiver!

Par

 Dimanche, deux heures du matin… La petite aiguille de l’horloge parcourt une heure en une fraction de seconde… Il est déjà trois heures…

 

Et il s’agit alors de mettre à l’heure toutes les horloges… C’est fou le nombre d’appareils qui en sont équipés! Heureusement que l’on ne doit pas se lever la nuit pour les régler…

 

Ce changement d’heure amène chaque année un grand débat sur l’utilité ou non de ce décalage et j’ai donc voulu comprendre un peu plus ce dont il s’agissait…

 

Un peu d’histoire d’abord. L’idée de changer d’heure pour économiser de l’énergie a été proposée pour la première fois en 1784 par Benjamin Franklin. Sans succès puisque le premier changement d’heure n’a eu lieu qu’en 1916, en Allemagne. Les Anglais ont suivi rapidement, en mettant en place le British Standard Time, décalé de l’heure GMT d’une heure en été. Les autres pays européens ont également pris des mesures similaires.

 

En 1947, les Allemands ajoutent un deuxième décalage pour les 3 mois d’été; il y a donc 2 décalages successifs chez nos voisins germaniques. Mais ce n’est qu’en 1976, après la première crise du pétrole, que toute l’Europe s’organise et met en place l’heure d’été comme nous la connaissons aujourd’hui. Et, en 1998, une directive européenne harmonise cette heure d’été à travers l’Europe, en la rendant probablement immuable puisque tout changement à une directive requiert l’unanimité des 27 membres…

 

L’heure d’été aligne la journée humaine sur la journée solaire et permet de réduire l’éclairage le soir. 4% d’éclairage en moins, ne représentant qu’un maigre 0.28% de l’ensemble de la facture d’électricité. Une économie, certes, mais petite… En outre, si on tient compte du fait que nous sommes tous en train de passer aux ampoules économiques (une autre directive européenne), cette économie va diminuer de plus en plus… Certains prétendent même que cette lumière supplémentaire, le soir, nous pousse à rester debout plus longtemps, impliquant des dépenses d’énergie en TV, internet ou autres activités et déplacements,… Bref, il ne semble pas faux de dire que, si économie il y a, elle est probablement minime…

 

Personnellement, je déteste les décalages horaires. Mon métier m’oblige à parcourir le monde et je suis donc très souvent dans des avions, volant d’un continent à un autre… Mais, malgré l’expérience et les nombreux trucs que j’utilise, le décalage horaire me fait toujours souffrir horriblement… Alors, donner une heure de sommeil en mars, pour ne la récupérer qu’en octobre, ne m’a jamais semblé une bonne affaire…

 

Par contre, j’adore les longues soirées d’été, les couchers de soleil sur la mer à 22 ou 23 heures…

 

Alors comment concilier ces deux aspects, apparemment incompatibles? Comment profiter de l’heure d’été sans souffrir du changement d’heure?

 

Une seule solution possible: appliquer l’heure d’été toute l’année! Cela permettrait d’éviter la charge physique liée au changement, les problèmes d’horaires (le train de 2h24, le dernier weekend d’octobre, part-il à la première occurrence ou à la seconde?), et tout le coût implicite inhérent à ce changement…

 

Cependant, cela aurait-il du sens du point de vue de notre journée solaire? Les éphémérides nous disent que, pour notre fuseau horaire (celui de Bruxelles, Paris ou Londres), le soleil se lèverait, en TU+2, à nos latitudes, au creux de l’hiver, entre 9 et 10 heures du matin pour se coucher entre 18 et 19 heures le soir… Au plus fort de l’été, il se lève vers 6 heures pour se coucher après 22 heures…

 

Cela me paraît tout à fait supportable, d’autant plus que la clarté commence toujours environ une heure avant le lever effectif du soleil… Bien sûr, les matins seraient un peu plus difficiles fin décembre, mais cela rendrait le retour du travail plus ensoleillé!

 

Alors, je vote pour! Vive l’heure d’été toute l’année…

 

Bon, il ne me reste plus qu’à convaincre les représentants européens des 27 pays de l’Union…

 

 

 

 

 

Je suis en retard…

Par

 «Je suis en retard… je suis en retard…», dit le grand lapin blanc à Alice au pays des Merveilles, en regardant sa montre toutes les 30 secondes…

 

Je comprends parfaitement ce que ce grand lapin blanc devait ressentir… Cette impression que rien n’avance, que rien ne se finit, que tout prend plus de temps que prévu et, surtout, qu’il y a toujours quelque chose d’imprévu qui arrive, pour mettre à mal les plannings minutieusement préparés pendant la semaine…

 

Depuis un mois, l’organisation mûrement réfléchie de mes weekends a été sérieusement chamboulée: remise à l’eau anticipée de Xhosa, météo par toujours sympa ou cette idée saugrenue d’aller saluer les poissons dans l’eau froide de Nieuport… Et cette douleur à l’épaule qui, depuis ce jour, limite fortement l’utilisation de mon bras droit…

 

«Je suis en retard… Je suis en retard»… Bref, un peu de stress en début de weekend…

 

Mais, au fond, est-ce vraiment important? Il n’y a, en fait, que deux vraies échéances… Fin mai pour notre pèlerinage à Compostelle, via le Golfe de Gascogne, et, mi-avril, pour mes examens de navigation astronomique, cosmographie, loxodromie, orthodromie… et pleins d’autres sujets pas forcément aussi passionnants…

 

Alors ce weekend fut plutôt studieux… Réfléchir et étudier n’utilisent pas les épaules… Et, coïncidence, c’était l’occasion de regarder, sur un fond de ciel tout dégagé, la plus grande et la plus brillante pleine lune depuis 20 ans…

 

«Je suis en retard… Je suis en retard»… Eh bien, tant pis!

 

 

 

 

 

 

Tsunami

Par

 Un tremblement de terre parmi les plus forts de tous les temps… Les sismographes qui s’agitent partout sur la planète… Même à des milliers de kilomètres de Tokyo…

 

Une vague se forme, accélère et se transforme en une immense muraille d’eau de plusieurs mètres de haut… A une tonne par mètre cube, ce sont des millions de tonnes qui s’écrasent sur la côte japonaise et balaient tout sur leur passage… Une puissance de destruction bien plus forte que la bombe d’Hiroshima…

 

Et cette onde de marée meurtrière démarre un tour du monde… Elle se fait sentir de la Russie aux îles du Pacifique, de l’Asie du Sud-Est à l’Amérique Latine… Un demi tour du monde en une demi-journée… Heureusement, avec la distance, elle s’essouffle et ne fait plus que quelques centimètres à 15 000 km de son point de départ…

 

Le Japon perd un train… Des bateaux sont aspirés dans des tourbillons… Les centrales nucléaires semblent touchées… Un désastre effroyable… Tout n’est plus que désolation…

«Seulement» 1500 morts ou disparus recensés officiellement; un bilan qui semble néanmoins s’alourdir fortement aux dernières informations…

 

Et, pourtant, le Japon est le pays le mieux préparé au monde à ce type de catastrophe. Tout est pensé et construit en tenant compte de cette menace permanente, dans un pays où les secousses sismiques sont quotidiennes…

 

Mais toute préparation, si complète et minutieuse soit-elle, finira toujours par rencontrer une situation exceptionnelle, lorsque les forces de la nature se décuplent et se déchaînent, comme elles l’ont fait vendredi… Une catastrophe qui laisse derrière elle un terrible sentiment d’impuissance…

 

Xhosa, nos joies et tous nos petits problèmes paraissent soudain très futiles, ce weekend, face à l’angoisse, la peine et la désolation que ce tsunami a créées au Japon… 

 

 

 

 

 

Dans l’eau… Deux fois!

Par

 Jeudi passé, la grue s’est présentée devant Xhosa pour le remettre à flot… Temps sec et ciel bleu au rendez-vous… La météo parfaite, s’il n’y avait cette brise piquante de nord-est… Tout se passe sans problème et Xhosa retrouve sa place habituelle, sous le regard d’un jeune phoque, dont la tête sympathique sort de l’eau et nous regarde d’un air curieux…

 

Je m’active le reste de la journée pour finir le panneau d’acajou pour l’électronique au dessus de la table à carte. Et là aussi, tout baigne et toute l’électronique est non seulement re-branchée mais fonctionne!

 

Plus que le pont à nettoyer avant de remettre toutes les drisses, les cordages, les voiles et de refaire de Xhosa un bateau qui navigue…à la voile! Le nettoyage du teck est donc l’objectif numéro 1 de ce weekend…

 

Et c’est plein de courage que D et moi attaquons le travail samedi matin. Quelques essais à la lessive St-Marc, recommandée par le chantier, se montrent très concluants et le premier mètre carré frotté retrouve toute sa beauté…

 

Et c’est à ce moment que je décide de descendre du bateau pour prendre le tuyau et arroser plus loin… Et, plouf, je me retrouve dans l’eau en bottes, pull et jeans, sans trop comprendre ce qui m’arrive… Une baignade dans une eau à 5°C environ…

 

Ma tête ressort de l’eau, je m’accroche au catway. D vient m’aider à remonter…

 

Mais je suis lourd et mes vêtements sont gorgés d’eau… Mes bras s’engourdissent vite… Et comme, en essayant de me rattraper lors de ma chute, je me suis blessé à l’épaule, ma capacité à me tirer à la force des bras semble avoir complètement disparu… Je n’arrive pas à remonter sur le ponton, même avec l’aide de D… Heureusement, l’échelle de secours est à bord et, une fois accrochée à un taquet du ponton, elle me permet d’utiliser mes jambes pour me hisser hors de l’eau…

 

Je ne suis resté que 5 ou 10 minutes dans l’eau glaciale, mais l’engourdissement des mains et des pieds était déjà bien là… Un peu effrayant, à postériori, quand je songe au nombre de fois où je suis seul à bord…

 

Un voisin de Xhosa m’avait raconté qu’il lui était arrivé une aventure similaire, un soir d’hiver à Nieuport. Il est tombé à l’eau alors qu’il était seul, dans le noir, dans un port totalement désert. Appeler et crier n’avaient aucun résultat…Et c’est finalement par la plate-forme de la jupe arrière qu’il avait pu remonter à bord, avant de perdre connaissance dans le cockpit…

 

En l’écoutant, j’avais eu du mal à croire que c’était si dur de remonter sur un catway et je pensais avoir la force physique nécessaire pour ce geste que nous faisons si souvent pour remonter sur le bord d’une piscine… Mais la mésaventure de ce weekend m’a clairement montré mes propres limites…

 

Deux mises à l’eau cette semaine… Celle de Xhosa et la mienne, nettement moins agréable…