Skip to Content

Monthly Archives: juillet 2011

Les voileux ne sont jamais contents…

Par

 En Belgique, on prétend que les agriculteurs ne sont jamais contents… Il semble qu’ils aient toujours une raison de se plaindre de la météo… Il fait trop chaud ou trop froid… Il pleut trop ou pas assez… Il gèle trop tôt dans la saison ou trop tard…

 

Mais, quelqu’un qui nous aurait observé au départ de notre dernière étape entre Brest et Nieuport, aurait probablement pu dire la même chose des navigateurs à la voile…

 

Il faut reconnaître que je me suis un peu plaint, dans des billets précédents, des vents assez forts rencontrés lors de notre périple… Alors, j’aurais du être content de voir que ce ne serait pas le cas pour la dernière étape entre Brest et Nieuport, puisque la météo annonçait des vents plutôt faibles…

 

Mais, très vite la peur de la pétole s’est immiscée dans nos esprits… L’angoisse des voiles qui battent… La crainte d’un bateau qui roule et tangue de façon désordonnée, comme un vulgaire bouchon… Et donc, cette prévision de vents calmes, à priori agréable, n’a pas eu l’effet escompté…

 

Pourtant, lorsque nous quittons Brest, c’est sous un beau soleil et une brise légère et suffisante pour nous permettre de tirer des bords rapides pour aller vers le Chenal du Four…

 

Puis, conformément à ma philosophie «sérielle» concernant l’optimisme ou le pessimisme des météorologues, les vents ont été un peu plus forts que ceux prévus initialement dans les fichiers GRIB…

 

Bien sûr, pour la première fois, depuis notre départ, nous avons du faire appel, de temps à autre, au moteur pour avancer, mais, au total, c’est resté très raisonnable et l’essentiel du parcours s’est fait à la voile… Toutes voiles dehors… Et sous toutes les allures: louvoyage au départ, plein arrière au large de Cherbourg et travers pendant les dernières heures… Et sans aucune manoeuvre de réduction de voilure, ce qui simplifie toujours les choses…  Juste quelques virements de bords et quelques empannages…

 

Pas de record de vitesse battu lors de cette dernière étape, mais une tranquillité bienvenue pour terminer notre périple espagnol et ramener Xhosa et son équipage à son port d’attache…

 

Les voileux ont été contents…

 

 

 

S'abonner à voilier_xhosa sur Twitter

 

 


Le verso du recto…

Par

 Après la traversée du golfe de Gascogne vers l’Espagne, il fallait le re-traverser dans l’autre sens afin de ramener Xhosa à Nieuport.

 

Dès lors, depuis un mois environ, je regardais la météo chaque jour pour me faire une idée du type de systèmes que nous pourrions rencontrer… Le climat a une composante « sérielle » intéressante… Non seulement, le type de système a tendance à se répéter de jour en jour, mais les prévisionnistes ont également une tendance à être systématiquement optimistes ou pessimistes par périodes plus ou moins longues…

 

Et tout semblait parfait jusqu’à quelques jours du départ, quand cette dépression «inhabituellement creuse pour la saison», selon la météo anglaise, est arrivée… D’où un départ retardé deux fois et une navigation dans des flux instables de nord-ouest, typiques derrière les fronts froids…

 

Et nous avons donc subi un vent assez fort, fluctuant entre près serré et travers… Dans une mer ayant encore les séquelles du mauvais temps des jours précédents… Ce qui fait que le verso de cette traversée s’est montré à l’image du recto: dur et fatigant!

 

Et comme si cela ne suffisait pas, le pilote nous a lâché au bout de quelques heures, à cause d’un boulon mal serré, qui a cédé sous la pression de l’eau dans les rafales, nous obligeant à barrer non-stop pendant plus de 50 heures… Avec des paquets de mer arrosant copieusement le barreur à intervalles réguliers… Et s’infiltrant aussi dans la cabine par le moindre orifice, si petit soit-il, créant quelques désagréables douches d’eau de mer par les aérateurs…

 

Alors, après la souffrance de la traversée, le bonheur n’en fut que plus intense quand, au petit matin, les bouées de la Chaussée de Sein sont apparues et nous ont guidés vers les magnifiques côtes du Finistère et la rade de Brest, sous un soleil devenu généreux…

 

Toute la peine était oubliée…

 

 

 

S'abonner à voilier_xhosa sur Twitter

 

 

Les convoyeurs attendent…

Par

 Avec l’arrivée de mon frère et de sa fille, vendredi passé, nous pouvions envisager d’entamer, dès samedi, le retour vers Nieuport… Mais la météo en a décidé autrement… Le passage d’une dépression sur l’Irlande, suivi d’un deuxième front sur le golfe nous a convaincu d’allonger notre séjour en Espagne…

 

Pourtant, les statistiques sont formelles, le mois de juillet est, en principe, peu sujet à coups de vent! Un autre effet du réchauffement climatique?

 

Alors nous avons continué notre visite de la Corogne et ses alentours… Sans oublier les apéros, avec les voisins de ponton…

 

Naïvement, je pensais qu’il faisait toujours beau en Espagne… Et notre escapade vers le sud était, entre autres, basée sur le fait qu’il me semblait qu’il devait y faire meilleur que chez nous… Eh bien, il semble que nous ayons choisi de visiter la seule partie de ce pays, où il pleut souvent… Ce qui donne, d’ailleurs, une campagne bien verte, en fort contraste avec le reste du pays…

 

Mais, les derniers fichiers grib donnent de bonnes nouvelles pour les jours suivants et nous allons préparer Xhosa pour partir demain matin, au lever du soleil…

 

La suite, une fois que nous serons en Bretagne!

 

 

 

S'abonner à voilier_xhosa sur Twitter

 

 

Dans les pas des pèlerins…

Par

 Lundi passé, nous avons enfilé nos sacs à dos pour partir dans les pas des pèlerins qui débarquaient d’Angleterre à La Corogne, avec St Jacques de Compostelle comme objectif.

 

Quatre étapes pour effectuer ces 74 km, avec chaque fois des paysages très différents.

 

La première étape déambule dans la vieille ville de La Corogne, puis rejoint la rive de la Ria Do Burgo, qu’elle remonte jusqu’à El Burgo.

La deuxième est beaucoup plus dure, avec un fort dénivelé et traverse de nombreux bois et forets.

La troisième, la plus longue, est, peut-être, la plus belle car elle serpente entre fermes et hameaux, dans des paysages ruraux beaucoup plus ouverts.

La quatrième, enfin, nous conduit à destination et nous fait découvrir le centre de Compostelle, qui est vraiment très beau!

 

Entre les étapes, un arrêt dans un village ou à un croisement de deux grands routes… Pas vraiment de choix… Simplement, là où nous avons pu trouver un logement… Dans des hôtels pour représentants de commerce entre deux rendez-vous… Mais où nous avons trouvé, à chaque fois, à défaut d’étoiles et de grand luxe, chaleur et nourriture locale de qualité…

 

Des amis nous avaient dit qu’un tel voyage était une source de rencontres… Pas vraiment notre expérience, car nous n’avons pas vu beaucoup d’autres pèlerins, à part à proximité de Compostelle, à l’exception de cet ingénieur portugais, avec qui nous avons pu parler le temps d’un déjeuner…

 

Avec les Espagnols du coin, le contact initial a été plus difficile, d’autant plus que je ne parle pas espagnol et D. ne l’a plus pratiqué depuis 30 ans… Mais derrière une froideur initiale, nous avons pu, chaque fois que nous avons fait un geste vers eux, créer un contact et ressentir l’hospitalité espagnole… Ce boulanger, qui refuse que nous lui payions son pain ; cette tenancière d’un snack-bar, qui nous fait des portions géantes, pour que nous ayons assez de force pour la route ; cette dame, dans un petit hameau, qui répond à notre sourire et vient nous faire la causette, utilisant un doux mélange d’espagnol, de français et d’italien ; ou cette grand-mère de 80 ans qui nous parle des problèmes que connaît l’Espagne en ce moment…

 

Et la méditation dans tout cela, demanderez-vous? Peut-être est-ce l’absence d’entraînement, mais la marche a plutôt eu une tendance à vider nos têtes et à ne pas favoriser de réflexion profonde… Mais, comme nous n’étions pas partis pour méditer, c’est très bien tombé!

 

La description de ce voyage ne serait pas complète si je ne mentionnais pas les quelques ampoules, les nombreuses courbatures et l’impression de devenir tout raide chaque fois que les muscles se refroidissent… Au point que nous faisions de moins en moins de pauses, au fur et à mesure des kilomètres, par peur de ne plus arriver à repartir…

 

Mais, au final, après la souffrance des derniers kilomètres, l’énorme joie d’arriver à Compostelle sur la Plaza del Obradoiro et de terminer ce périple débuté, sur Xhosa, à Nieuport, fin mai!

 

 

 

 

S'abonner à voilier_xhosa sur Twitter

 

 


Une longue marche…

Par

 Les vacances sont là… Nous allons pouvoir terminer notre pèlerinage, le long de la route des Anglais… Après la partie maritime, effectuée en juin, pour rejoindre La Corogne, il reste la partie terrestre… Pas loin de 80 km en quatre étapes, un peu inégales, car les hôtels sont un peu rares dans la région…

 

Il faut préparer nos sacs à dos… Un vrai dilemme… Il y a tout ce que l’on voudrait prendre et le poids maximum que nous sommes prêts à porter… Deux données qui paraissent totalement irréconciliables… Pas étonnant que le problème du sac à dos soit devenu un des problèmes de base de la recherche opérationnelle!

 

Mais pour ne pas finir comme dans le film «St Jacques La Mecque», où les pèlerins finissent par jeter toutes les choses non indispensables dans un fossé, nous nous sommes limités à ce qui est absolument indispensable…

 

Les hôtels sont réservés… Nous avons les cartes et les guides nécessaires… Et la liste des bus ou des stations de taxis, au cas où nous craquerions en chemin…

 

Bien sûr, je m’étais juré que je m’entraînerais tous les jours, pour être parfaitement en forme… Mais, comme souvent avec les bonnes résolutions, les entraînements que j’ai réellement faits peuvent se compter sur les doigts d’une main…

 

Nous embarquons dans l’avion demain et la longue marche commencera lundi… La suite dépendra de notre forme et de notre courage…

 

On vous racontera!

 

 

 

S'abonner à voilier_xhosa sur Twitter

 

 

Le risque en vaut-il la chandelle?

Par

 Une vidéo circule sur YouTube… Un Français, vivant au Japon depuis 10 ans, pose la question du risque nucléaire… Il donne des exemples… Un fermier japonais se suicide parce que ses terres, ses vaches, son lait sont contaminés… 35 000 enfants ont reçu des dosimètres… Pas pour les protéger contre les radiations mais pour que l’on puisse mesurer la quantité de radio-activité qu’ils absorbent tous les jours… De nombreuses leucémies et cancers paraissent inévitables…

 

http://www.youtube.com/watch?v=MoCINlWLYHo&feature=youtu.be

 

Selon ses calculs, l’énergie nucléaire permet à chaque ménage d’économiser 9 € par mois sur sa facture d’électricité… En Belgique, c’est probablement moins puisque le prix de l’électricité est fixé sur base de la production non nucléaire… Ce qui génère la fameuse «rente nucléaire», source de querelle entre le gouvernement et le groupe Suez, pour celui des deux qui en aura la plus grande portion…

 

9 € par mois… 108 € par an… Cela vaut-il la peine de prendre le risque du nucléaire?… Plusieurs pays comme l’Italie ou l’Allemagne ont voté contre le renouvellement des centrales… Mais, si cette électricité continue à être produite quelques kilomètres plus loin, en France, en Belgique ou ailleurs, et revendue en Allemagne ou en Italie, ces votes sont-ils réellement utiles?… Les radiations n’ont pas attendu Schengen pour passer les frontières librement…

 

Les ingénieurs (dont je fais partie) sont endoctrinés, au cours de leurs études, qu’à tout problème existe une solution technologique et que chaque risque peut être maîtrisé par des calculs précis en bureau d’étude (même si on finit par tout multiplier par des facteurs énormes parce que «l’on ne sait jamais»)… Et, pourtant… Le pont de Tacoma est parti en résonance et a été détruit par le vent, 2 navettes spatiales, symbole suprême de l’ingénierie humaine, ont explosé en vol et trois centrales nucléaires, dans trois très grands pays industrialisés,Tchernobyl, Three Miles Island et Fukushima, ont connu de très graves problèmes…

 

Les ingénieurs rétorqueront, que les risques, qui ont généré ces catastrophes, ne faisaient pas partie du cahier des charges, histoire de garder bonne conscience en déplaçant la responsabilité de l’échec sur quelqu’un d’autre…

 

Et, effectivement, Fukushima n’était pas prévue pour un séisme de 9.1 sur l’échelle de Richter, parce que personne n’imaginait qu’un tel séisme pouvait se produire… En Belgique, les centrales sont calculées pour résister à des séismes de 5.7 à 5.9 sur cette même échelle… Car, des séismes plus importants sont «improbables»… Or, il y a eu, au 20ème siècle, à proximité de la Belgique, un séisme d’une magnitude de 5.6 et, durant les 4 siècles précédents, trois séismes ont dépassé le niveau 6!.. Improbable ne signifie donc pas impossible… Néanmoins, une telle magnitude n’est pas couverte dans les cahiers des charges… Peut-être parce que cela diminuerait trop la rente nucléaire?…

 

Il est peut-être temps de repenser plus fondamentalement notre façon de vivre… Peut-être, pouvons-nous devenir réellement plus économes en énergie; et, en même temps, développer de vraies alternatives propres, qu’elles  soient solaires, éoliennes, marée-motrices ou autres?…

 

Les pays de l’Europe du Sud, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, sont en train de vivre une crise économique très profonde, alors qu’ils ont des ressources énergétiques «nouvelles» très importantes: soleil et vent. Alors, tant qu’à payer les sommes colossales requises pour éviter leur défaut, pourquoi ne pas en faire un véritable pôle de développement économique européen pour une énergie du futur?

 

A moins que le lobby des grands groupes d’énergie ne permette pas ce vrai renouveau… Auquel cas, cela sera à nous, citoyens-électeurs, de décider, dans le bureau de vote, si le risque nucléaire vaut 9 € par mois…

 

 

 

S'abonner à voilier_xhosa sur Twitter