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Monthly Archives: septembre 2011

La peur sous toutes ses formes…

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 Depuis longtemps, j’ai envie de consacrer un billet à la peur. Mais jusqu’à présent, je n’avais pas encore trouvé l’angle d’approche… Mais voilà, Voiles et Voiliers m’a aidé en publiant cette semaine, sur son site, un article sur la peur que ressentent les coureurs au large…

 

http://www.voilesetvoiliers.com/course-regate/article/6141/yann-elies-franck-cammas-armel-le-cleach-comment-les-coureurs-au-large-composent-ils-avec-la-peur

 

La peur à bord peut revêtir des habits très différents!

 

La véritable peur, tout d’abord, dans des moments particulièrement dangereux, où la mort est très proche… Comme Yann Elies quand il s’est cassé la jambe dans le Pacifique Sud ou lorsque Thierry Dubois a passé deux ou trois jours dans sa survie dans de l’eau à 0°C, bien au sud dans le Pacifique Sud, sans savoir si les secours arriveraient…

 

Pour nous, plaisanciers, ce n’est pas cette forme de peur qui nous concerne, car nos bateaux et nos navigations ne tentent pas de pousser les limites aussi loin que ce que font les coureurs au large… Même si des situations comme un homme à la mer peuvent certainement se classer dans cette première catégorie…

 

Il y a une autre forme de peur, plus insidieuse, une sorte d’appréhension qui nous accompagne probablement tous, plus ou moins régulièrement… Ces mille et une choses qui peuvent arriver et qui nous font un peu peur…

 

Extrait de l’article de V&V:

 

Quels sont donc les éléments déclenchant de ce sentiment diffus? «La méconnaissance d’une situation et de la façon dont elle va se terminer», avance Yann Eliès. Plus globalement, ce sont le manque de maîtrise, la perte de repères et le sentiment d’impuissance qui font naître la crainte. S’ils s’accordent sur les causes de la peur, les trois skippers interrogés ne redoutent pas les mêmes situations: Armel avoue une légère appréhension face aux orages, Yann redoute davantage de jouer au rase-cailloux et de planter son bateau, tandis que Franck évoque les moments qui précèdent l’arrivée d’une grosse dépression.

 

Pour nous aussi, les orages, un vent qui forcit plus que prévu ou un passage dans un endroit dangereux amènent inévitablement une sensation d’angoisse, d’appréhension ou de peur… Et, à ce moment, le skipper doit apprendre  à contrôler cette peur et à l’utiliser pour anticiper, contrôler et gérer les risques… Pour apprendre et progresser et se sentir plus à l’aise dans des situations plus difficiles… Je me souviens de ma première traversée de la Manche en 1979, avec l’inévitable passage entre les cargos du rail… Ou mon premier passage au Raz Blanchard un peu plus tard… Le danger est resté le même mais la peur a disparu…

 

En outre, le skipper doit également veiller sur l’équipage et rassurer chacun de ses membres… S’il ressent une appréhension, ses équipiers moins amarinés le feront probablement d’autant plus… Une gîte un peu forte ou un  bateau qui surfe en puissance, la nuit, générant un bruit fort et impressionnant dans la cabine… Une réduction de voilure, pas vraiment indispensable, peut générer un calme et un bien-être compensant largement la petite perte de vitesse…

 

Et la voile n’est pas différente d’autres sports exigeants… Le commentaire de «flot74» à la fin de l’article paraît extrêmement pertinent. Il compare voile et montagne… D’une part, il égratigne un petit peu le «machisme» habituel dans le monde du sport, mais, surtout, il donne à la peur un rôle constructeur:

 

Extrait:

 

Dans le milieu sportif en général et dans le milieu masculin en particulier, parler de la peur entraine une certaine gêne, car les hommes sont peu familiarisés avec leurs émotions, et aussi parce que parler de sa peur, c’est généralement perçu comme un aveu de faiblesse. Je sais de quoi je parle, j’ai été guide de haute montagne. J’ai appris à considérer mes inquiétudes et mes peurs comme des signaux sur un tableau de bord. L’inquiétude, la peur, nous signalent qu’il se passe quelque chose, qu’il faut être attentif, qu’on arrive dans des limites, qu’on ne maitrise pas tout, qu’on n’est pas des machines ou des surhommes, mais bien des êtres humains. Ces émotions sont utiles et nécessaires. La peur nous incite à nous protéger, à prendre soin de nous, et des autres. ça n’empêche pas de réaliser de belles navigations, de beaux voyages, au contraire…

 

Voilà donc, la peur revue sous un autre angle… La peur face à la mort… mais surtout la peur habituelle, l’appréhension face aux éléments naturels que nous ne dominons pas… A nous d’apprendre à la gérer en harmonie avec l’équipage…

 

 

 

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Rentrée des classes…

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 Rentrée des classes rime avec fin de la saison…

 

Les journées raccourcissent, l’automne se fait doucement sentir, l’anticyclone des Acores retourne vers le sud… Même si nous ne sommes pas très sûrs qu’il ne soit jamais venu s’installer cette année au large de l’Espagne…

 

C’est aussi la période des salons qui commence, avec toutes leurs nouveautés: le grand pavois de la Rochelle, Southampton, Hiswa aux Pays-Bas et, dans deux mois, le Nautic à Paris… Angoisse probable pour tous les constructeurs en cette période de bourses en baisse, de perte de confiance en l’euro et de croissance économique en panne dans les pays occidentaux… Les très nombreux nouveaux modèles partiront-ils comme des petits pains ou assisterons-nous à une nouvelle vague de restructuration dans l’industrie nautique?

 

Départ aussi pour quelques courses importantes: la Global Ocean Race, fin septembre, tour du monde par les trois caps, avec escales, en Class40; la Volvo Ocean Race, 3 semaines plus tard, sur des monstres de 70 pieds hyper-puissants et la Transat Jacques Vabre, fin octobre.

Des courses à suivre bien au chaud, en imaginant d’autres se faire mouiller dans les tempêtes du Golfe de Gascogne ou du Grand Sud… Peut-être participer aussi, dans un fauteuil au coin du feu, à leurs équivalents virtuels…

 

Certains, néanmoins, iront jusqu’au bout de leurs rêves et partiront se faire rincer cet hiver… Comme Merena, ce Class40 qui s’apprête à partir dans quelques semaines pour un tour du monde par les trois caps, dont j’ai parlé dans un billet récemment (www.voilesetvoiliers.com/club/blogs/voir/xhosa/billet/1066  http://www.sailaway.be/world)… A quelques semaines du grand départ, les invitations pour la fête avant le départ ont été envoyées, sorte de point de non-retour…

 

Et Xhosa dans tout cela? Nous avons peu navigué au mois d’août… Septembre risque de rester bien maigre aussi… Pas mal de voyages professionnels prévus aux quatre coins du monde m’empêcheront d’aller à la mer… Et, avec les cours à temps plein que D. va suivre, les choses ne seront pas très simples… D’autant plus que mon dos me fait encore un peu souffrir et m’empêche de sortir en solo… Le projet de visite d’Amsterdam sur Xhosa n’a pas pu se faire et sera reporté à une autre saison… Et l’heure de l’hivernage approche à grands pas…

 

Mais tout cela n’empêche pas de rêver… Les projets naissent, s’entrechoquent et évoluent dans ma tête… Trop de projets, trop ambitieux… Et pas assez de congés… Il va falloir choisir…

Et, même si, comme un enfant déraisonnable, je n’aime pas faire des choix, la vie s’amuse à nous y contraindre… Le beurre ou l’argent du beurre…

 

Mais les choix ne sont pas pour tout de suite ce qui permet de garder tous ces projets à l’état de rêve et, dans les rêves, on peut tout avoir, immédiatement!

 

 

 

 

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Il était une fois l’été 2011…

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 Depuis quelques jours, la météo du weekend est très bonne… On nous annonce du grand beau temps… En tout cas pour samedi… Sauf peut-être le soir et la nuit qui pourraient subir pluie et orages…

 

Nous sommes à la mer et le temps n’est vraiment pas génial… Même samedi… Il fait chaud, très humide et le soleil se cache derrière une couche de nuages… La mer a une couleur vert émeraude, signe avant-coureur de pluie, et les nuages à l’horizon sont très menaçants… Nous nous sentons plus dans la prolongation de l’été pourri qu’au début de l’été indien calme et agréable, dont nous rêvions tous pour septembre…

 

Mais l’été 2011 était-il vraiment pourri? Plusieurs avis récents, dans les médias, de météorologues semblaient indiquer que les spécialistes n’y voyaient rien d’anormal. Alors, j’ai fait quelques recherches dans les statistiques belges de juillet et d’août 2011 pour voir si les chiffres confirmaient ou non nos impressions…

 

Premier principe: en été, il fait chaud.

Sur les 30 dernières années, aux mois de juillet et d’août, il y a eu, en moyenne, 17.5 jours dits «d’été» – c’est-à-dire avec une température maximum supérieure à 25°C – et 3.3 jours de canicule, c’est-à-dire avec une température maximum dépassant les 30°C. Cette année, nous n’avons que 7 jours d’été et 1.5 jours de canicule! Avec seulement 40% de la moyenne, ce premier principe n’a clairement pas été respecté!

 

Deuxième principe: en été, il y a du soleil.

Les statistiques indiquent que le nombre d’heures d’insolation (au moins 120 watt/m2), atteint, en moyenne, 390.6 heures en juillet et août. Et la réalité 2011 fut de 284.7 heures seulement! Avec 30% de moins que la norme, voilà un autre principe qui a été violé cette année…

 

Troisième principe: en été, il ne pleut pas.

Deux statistiques utiles ici: le nombre de jours où il y a eu de la pluie et la quantité d’eau qui est tombée. Avec 42 jours de pluie (sur 62 jours en tout), à comparer à une moyenne sur 30 ans de 29 jours, nous avons tous utilisé notre parapluie beaucoup plus souvent qu’à l’ordinaire… D’autant plus qu’il est tombé 245 mm d’eau cette année, à comparer aux 153 mm de la moyenne. 60 à 70% de pluie en plus (en trop!)… Le troisième principe tombe également…

 

Quatrième principe: en été, la pression atmosphérique est élevée.

Et là aussi, la moyenne 2011 de 1013.5 hPa est très inférieure à la norme de 1016.1…

 

0 sur 4… L’été a eu tout faux… Vraiment pourri, cette année!

 

Une note d’optimisme néanmoins à relever des statistiques: le nombre de jours de gel et de neige était à 0 en juillet et en août, parfaitement en ligne avec la moyenne de long terme…

 

 

 

 

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Millenium

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 Bon d’accord, la trilogie Millenium, écrite par Stieg Larsson, n’a aucun rapport avec la voile, à l’exception de cette maigre et unique référence au voilier d’Erika et de son mari…

 

Bon d’accord, Millenium n’a aucun rapport avec la mer, hormis les quelques maisons et "cabanes" situées magnifiquement en bord de mer, ce qui est probablement assez fréquent en Suède, vu la longueur des côtes et le nombre d’îles…

 

Bon d’accord, Millenium ne milite pas pour une vraie lutte contre le réchauffement climatique ou pour tenter de changer les comportements «énergétiques» des gens… Les combats de Stieg Larsson sont plutôt la corruption, le fascisme ou les inégalités hommes-femmes…

 

Bon d’accord, Millenium n’est même pas une nouveauté qui vient de sortir, puisque sa publication a commencé en juillet 2005… Juste après le décès de l’auteur, dont le succès ne sera qu’à titre posthume…

 

Bon d’accord, le monde entier a probablement déjà lu ces romans, dont 30 millions d’exemplaires ont été vendus en 5 ans… Ventes qui auraient pu atteindre des niveaux vertigineux si Stieg Larsson avait eu l’opportunité d’écrire les 7 volumes suivants qu’il projetait…

 

Donc, absolument aucune raison que j’en parle dans ce blog…

 

Mais voilà, je viens de dévorer les 3 volumes, sans arriver à en lever le nez… Et j’ai adoré ce mélange de suspense, action, énigme policière, complot, … sous un angle très romantique…

 

Millenium est à mettre assurément dans la bibliothèque du bord, pour les moments plus calmes en navigation… Idéalement, sous format électronique pour éviter le poids de trois livres très gros…

Mais, attention, il sera difficile de les lâcher lorsque l’heure sera venue d’aller prendre son quart…

 

 

 

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