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Monthly Archives: décembre 2011

Le Triangle des Bermudes…

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Récemment, un ami me parlait du fameux «Triangle des Bermudes», bien connu, fin des années 70, pour ses disparitions étranges et inexpliquées de bateaux et d’avions. Comme, depuis cette époque, personne n’en parle plus, j’ai voulu savoir si ce long silence signifiait que le mystère avait été résolu…

 

Pour ceux qui ne sont pas tout-à-fait au courant de l’histoire, le Triangle des Bermudes, appelé aussi le Triangle du Diable, est une zone comprise entre les Bermudes, la Floride et Porto Rico, où aurait eu lieu une série de disparitions inexpliquées de bateaux et d’avions depuis le début du 19ème siècle. Un comptage publié en 1974 parle de 190 navires et 80 avions…

 

Beaucoup de recherches, dans toutes les directions, ont été entreprises pour tenter d’expliquer scientifiquement ces disparitions ou, au contraire, mettre en évidence l’aspect sur-naturel lié à ces disparitions diaboliques…

 

Et de nombreuses théories ont été élaborées: des explications météorologiques simples: la zone est le théâtre de tempêtes violentes, génératrices de vagues scélérates… Des explications plus scientifiques, comme une distorsion dans le magnétisme terrestre, ou des remontées en surface d’hydrate de méthane, enfoui à plus de 3000 mètres… Sans oublier le sur-naturel… L’influence de l’Atlandide ou des extra-terrestres, voire même du Diable…

 

La palme d’or de toutes ces théories revient à «l’effet Hutchinson», dont le fondement scientifique paraît fort douteux, puisque cet effet crée de l’énergie… Il génère, en effet, au travers d’ondes électromagnétiques, des résultats plus importants que la consommation énergétique requise pour créer ces ondes électromagnétiques! Une pierre philosophale, en quelque sorte, transformant le plomb en or, médiatisée par le magicien Uri Geller, physicien d’un soir, très à la mode à cette époque… Malheureusement, à l’heure où le protocole de Kyoto a du plomb dans l’aile et où le réchauffement climatique semble devenir une réalité, on ne parle plus du tout de cet effet miraculeux…

 

Mais qu’en est-il aujourd’hui de ce mystère du Triangle des Bermudes? A-t-il été résolu?

 

Oui et non…

 

Oui… La Lloyd’s de Londres a fait des analyses approfondies de risque pour définir si les navires navigant dans cette zone courraient un risque de navigation plus important et leurs conclusions, en 1974 comme en 2006, est qu’il n’y a pas lieu de demander une sur-prime pour assurer les bateaux qui y naviguent… Comme les assureurs n’ont pas la réputation de travailler gratuitement, cela semble un élément fort indiquant que les disparitions dans ce Triangle ne sont pas anormales, si on les compare à d’autres zones de navigation… Elles ne seraient que le résultat de la taille de la zone, de la fréquence des tempêtes, …

 

Et non… Cependant, celui qui aime pousser les frontières de l’analyse scientifique rationnelle dans le sur-naturel, pourra toujours se faire «l’avocat du Diable» et dire que rien ne prouve que ces disparitions aient été tout-à-fait naturelles… La Lloyds a juste prouvé que la fréquence des disparitions n’est pas plus élevée qu’ailleurs… Elle ne s’est pas prononcée sur leur cause…

 

A chacun de se faire son histoire et de choisir ou non d’aller naviguer dans cette région…

 

Je vous souhaite une excellente année 2012, pleine de navigation, de projets, de rêve et de bonheur!

 
 

 

 

 

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Le tour du monde de Loïck Fougeron

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Je viens de terminer les deux livres, écrits par Loïck Fougeron: «Si près du Cap Horn» et «Rayon vert au Cap Horn».

 

Ils racontent son cheminement, de 1968 à 1976, dans la recherche de son graal: un tour du monde par les 3 caps avec pas ou peu d’escales…

 

Il fait une première tentative sur un voilier de 9 mètres, dans le cadre du Golden Globe, ce fameux concours organisé par le Sunday Times en 1968. Il part avec d’autres pionniers comme Moitessier, Knox-Johnston ou Blyth… Mais, à proximité du Cap de Bonne Espérance, il subit une tempête très forte, sancit et est contraint à l’abandon…

 

Pendant 48 heures, il se jure qu’il ne mettra plus un pied sur un voilier… Promesse d’ivrogne, car, très vite, l’envie et le besoin de réaliser son rêve reprennent le dessus…

 

Il entame une deuxième tentative, quelques années plus tard, sur un bateau de 12 mètres. Il passe Bonne Espérance et Leeuwin. Mais les conditions sont très dures et il encaisse beaucoup de mauvais temps dans l’océan indien et dans le pacifique. Il est à proximité du Horn quand le vent forcit et passe au sud. Loïck est crevé, a les mains blessées… Il sent que continuer va le faire aller au-delà de ses forces… Il décide alors de jeter l’éponge et de terminer son tour du monde par le canal de Panama. Ce sera un tour du monde par 2 caps!

 

Mais il se jure de passer le Horn et planifie une troisième tentative, cette fois sans y arriver crevé par des mois de navigation dans les océans Indien et Pacifique… Il quitte Lorient, repasse le canal de Panama et retourne là où il avait abandonné, 3 ans plus tôt… Et il se retrouve à nouveau dans des conditions météorologiques difficiles. Le Horn est tout près, quand une tempête le fait chavirer… Le bateau se redresse avec, heureusement, peu de dégâts… Et il termine son périple avec succès…

 

Ces deux livres, qui forment un tout, sont très bien écrits et très agréables à lire. Il ne s’agit pas simplement d’un livre de bord amélioré comme c’est si souvent le cas dans ce genre de récit. Ils combinent une présentation globale de ses projets et des détails anecdotiques souvent drôles…

 

Mais, surtout, Loïck Fougeron parvient à vraiment partager avec nous ses émotions, ses peurs, ses joies et l’humilité qui l’anime. Il a beau faire partie des pionniers de la voile, il se présente comme un être humain et pas comme un sur-homme…

 

Le plus frappant dans tout le récit, est, peut-être, ce contraste entre, d’une part, sa volonté, sa rage d’y arriver, sa niaque de réaliser son projet et d’atteindre son rêve et, d’autre part, la lucidité, l’humilité et la prudence qui l’animent, si rarement mises en avant, dans ce groupe d’aventuriers des mers…

 

A lire ou à relire, au coin du feu…

 
 

 

 

 

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Intermède philosophique…

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L’actualité vélique offre actuellement une place importante, au monde brutal du Pacifique Sud et des quarantièmes rugissants, où coureurs au large et chasseurs de records doivent se battre contre les tempêtes, le froid, les embruns et les icebergs… Et, face à cet univers particulièrement hostile, même en plein été, j’ai eu envie de faire un petit interlude, de créer une petite bulle, chaude et feutrée, dans les billets de ce blog, pour partager avec vous quelques considérations d’un ordre beaucoup plus philosophique…

 

«Philosophique» est d’ailleurs un bien grand mot par rapport à ce que ce billet contient… Il s’agirait plutôt de mettre quelques idées sur la table afin d’initier une envie de réfléchir aux choix que l’on fait dans la vie, et à la nature souvent inconsciente ou implicite de ces choix…

 

Je m’explique… Je réfléchissais à la relation: «temps – argent»… On dit souvent que le temps est égal à l’argent… Mais on oublie, en général, que le temps est un bien non-renouvelable… En d’autres termes, il est toujours possible de transformer le temps en argent (en travaillant plus…) mais il est impossible de transformer, ex-post, l’argent en temps, c’est-à-dire de récupérer, de «racheter» le temps qui a été investi dans le travail…

 

Alors, tant que le temps futur, le temps restant à vivre, est long, l’équation a une tendance naturelle à favoriser le travail et l’argent dans le présent et à remettre à plus tard (dans le temps restant/futur) la réalisation des rêves, des projets et des passions…

 

Ce qui n’est pas du tout anormal car, à l’exception de quelques personnages comme Moitessier et quelques autres, on ne vit pas uniquement d’amour et d’eau fraîche et notre société nous impose d’avoir des sources de revenus suffisants et stables… Ce qui nous force à trouver un équilibre entre présent et futur, entre les projets que nous réalisons maintenant et les passions que nous assouvirons plus tard…

 

La grande croisière est d’ailleurs pleine d’exemples de cette nécessité de choisir: beaucoup de gens autour de nous parlent d’années sabbatiques pour aller faire un tour du monde ou un tour de l’Atlantique, mais seulement très peu partent vraiment et les autres ont souvent tendance à reporter leur voyage, pour des raisons matérielles, probablement très raisonnables et totalement justifiées…

 

Et cet équilibre fonctionnera parfaitement, tant que l’espérance de vie future reste suffisamment longue par rapport à nos plans et ne change pas brusquement… Car c’est en cas de changement important que se trouve le problème potentiel si nos actions ne sont pas le résultat d’une vraie décision, mais simplement la continuation d’une situation existante: faire le lendemain ce que nous avons fait la veille, sans jamais envisager sérieusement la possibilité d’une rupture plus nette avec la situation actuelle…

 

Dans mon cas, j’ai toujours eu le projet de partir en pré-retraite entre 55 et 57 ans, pour avoir le temps de faire d’autres choses, avant que l’âge ne commence à diminuer mes capacités physiques… Mais voilà, à presque 52 ans, un cancer fait surface et crée, sans le moindre avertissement, une onde de choc et un chaos dans tous mes plans à moyen et long terme… Et même si tous les médecins sont très optimistes sur le fait que cette satanée maladie ne devrait pas avoir d’impact sur ma survie à long terme, le doute est malgré tout maintenant bien là…

 

Etais-je trop optimiste en croyant atteindre facilement la barre des 55 à 57 ans? Dois-je revoir fondamentalement ma façon de vivre maintenant pour mieux profiter de chaque moment et de chaque minute? Dois-je repenser la balance entre travail et loisirs et définir un nouvel équilibre? Me faut-il prendre le temps de réaliser plus de rêves maintenant, plutôt que de les reporter vers cette hypothétique pré-retraite?…

 

Beaucoup de questions ouvertes avec très peu de réponses pour le moment… Il me faudra y réfléchir et y répondre pour que mes choix de vie soient dorénavant conscients et délibérés. Ainsi, quoi qu’il arrive, je n’aurai pas de regret car j’aurai eu ce que j’ai choisi d’avoir…

 

A méditer…

 
 

 

 

 

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Un club de voile très sympa…

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Connaissez-vous le BRYC? Le Brussels Royal Yacht Club…

 

Il s’agit d’un club de voile, situé à Bruxelles et créé en 1906, sur un terrain appartenant au Domaine Royal, entre le Parc du Château Royal de Laeken et le canal maritime de Willebroek.

 

Bien sûr, étant à Bruxelles, l’accès à la pleine mer est un peu compliqué, même si Bruxelles est officiellement port de mer, via l’Escaut et le canal de Willebroek, tous deux maritimes… Néanmoins, ce n’est pas un trajet que l’on peut faire très souvent au cours d’une saison, puisqu’il faut 2 jours pour faire le voyage jusqu’à Breskens, à cause des écluses et des ponts à passer…

 

Conscient de son handicap dû à sa «position géographique», le BRYC a su profiter de cette position centrale en Belgique et a réussi à se développer et à évoluer du statut de club très restreint, à l’origine, avec seulement quelques membres très «select», vers un club très ouvert, avec de plus en plus de membres et un faisceau d’activités très larges, rencontrant un large succès…

Tout en gardant son caractère, son cachet et sa chaleur de club de voile traditionnel et ancré dans l’histoire de la Belgique…

 

Son école de voile, théorique et pratique, attire beaucoup de monde.

 

Son école de dériveur forme de nombreux jeunes, qui brillent au niveau national…

Quant à son école de voile de croisière, elle ne compte pas moins d’une centaine de nouveaux élèves, chaque année, qui viennent se préparer pour les examens officiels belges de «Yachtman» ou «Navigateur de Yacht»… Le BRYC compte d’ailleurs le taux de réussite le plus élevé en Belgique à l’examen hauturier, où les calculs nautiques, cosmographie et navigation astronomique forment une partie très importante…

 

Tous ces cours sont donnés, sans discontinuité depuis 1966, par des professeurs bénévoles, très dévoués à l’école du BRYC, avec comme caractéristique importante que tous sont des navigateurs accumulant croisières et milles nautiques, le BRYC voulant s’assurer que ces cours théoriques restent totalement en phase avec la pratique sur l’eau!

 

J’ai la grande fierté d’avoir été admis dans ce groupe de professeurs, depuis cette année, où je vais reprendre, très graduellement, et avec l’aide très indulgente et très appréciée des professeurs plus expérimentés, quelques cours de navigation hauturière, matière qui me passionne vraiment…

 

A côté de l’école de voile, le BRYC est aussi un fabuleux endroit de rencontre pour croiser des amis ou écouter des marins ou une famille raconter un périple au grand large ou un tour du monde. Sa position très accessible à Bruxelles et son Club House, avec son bar et son restaurant de bonne qualité, ouvert tous les jours, midi et soir, en font un endroit très facile et très convivial pour ce type de rencontre, ou simplement pour y déjeuner, un jour de travail, ailleurs qu’en cantine d’entreprise…

 

L’accent dans ces rencontres et événements du BRYC est très souvent mis sur les voyages lointains ou sur des expéditions audacieuses, avec toutes les questions qui s’y rapportent comme, par exemple, la météo ou le routage au large… On voit d’ailleurs pas mal de navigateurs partant pour de longs voyages qui passent par le BRYC, au préalable, pour prendre quelques cours, rencontrer d’autres personnes ayant une expérience similaire, ou simplement préparer leur bateau plus près de leur domicile, à la sortie de leur travail…

 

Une classe spéciale au BRYC, appelée classe Kremer (vrai nom de monsieur Magellan), se focalise, sans diplôme à la clé, sur les problèmes et les questions spécifiques liées à la navigation hauturière et permet un vrai échange entre ceux qui sont déjà partis et ceux qui en rêvent…

 

Voilà, en quelques mots, l’image que j’ai du BRYC. J’ai commencé à m’y rendre en 1978 pour suivre les cours de navigation côtière et j’ai immédiatement apprécié l’ambiance et l’esprit marin qui y règnent… D’ailleurs, même si Xhosa a son anneau à Nieuport, dans un autre club, je me sens beaucoup plus membre du BRYC que du VVW à Nieuport. Xhosa porte d’ailleurs l’inscription «Brussels» sur son tableau arrière…

 

Alors, si vous ne connaissez pas encore le BRYC, venez-y à votre prochain passage à Bruxelles, vous l’aimerez sûrement!

 
 

 

 

 

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