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Monthly Archives: janvier 2012

Encombrement médiatique…

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Depuis novembre, l’actualité de la course au large est particulièrement bien fournie… Avec la transat Back-to-Britain, la Volvo Ocean Race, la Global Ocean Race (tour du monde en double pour Class40) et le départ de Brest de Banque Populaire V pour le trophée Jules Verne, cela faisait beaucoup de monde à suivre sur les mers lointaines…

 

Sans oublier les autres compétitions intéressantes, comme les AC45 ou les championnats pré-olympiques à Perth…

 

Personnellement, je dois avouer que j’ai trouvé difficile de tout suivre…

 

La Volvo Ocean Race me semble très compliquée et difficile à cerner avec ses nombreuses étapes, donnant l’impression d’aller un peu dans toutes les directions… En plus, le petit nombre de bateaux en course la rend très vite inintéressante dès que la casse est au rendez-vous, ce qui a été le cas cette année, enlevant tout suspense…

 

La B2B est une course assez courte par rapport aux autres tours du monde et il m’a semblé que sa couverture médiatique a été relativement discrète dans les médias francophones, à l’exception du buzz créé par la mise en place de la porte «anti-tempête», à deux jours de l’arrivée…

 

La Global Ocean Race est une course longue et lente, sur des bateaux relativement «petits», dure pour les équipages, qui ne bénéficient pas des moyens financiers que les autres courses parviennent à attirer… Vu sa longueur, il est difficile, voire impossible, de tenir un rythme de communication élevé et elle a tendance à disparaître des écrans radars au milieu de chaque étape…

 

Par contre, j’ai trouvé la communication de Banque Populaire V très bien orchestrée. Une utilisation à juste escient de Twitter avec un ou deux textes de résumé, pas trop longs, chaque jour sur le site du sponsor. Juste l’info qu’il faut pour garder le contact sans se lasser, pendant les 45 jours…

 

Peut-être est-ce cette communication très fluide qui m’a donné l’impression que ce record paraissait presque facile à gagner? Pourtant, ce ne fut certainement pas le cas et le succès est, sans aucun doute, le résultat d’années de travail, d’entraînement et de perfectionnement du bateau et de son équipage…

 

En comparant les courses et les bateaux, il est amusant de mettre en parallèle les soucis de leurs skippers…

 

Sur Banque Populaire V, la taille du bateau, sa vitesse et les efforts en jeu semblent être les défis principaux, plus que la gestion de la météo et du vent… Le bateau se déplace plus vite que les systèmes météo et génère en permanence par sa propre vitesse un vent de tempête! Ne pas casser semblait être le vrai défi et le seul vrai risque de ne pas empocher ce record! La difficulté, au jour le jour, ne paraissait pas venir de la mer mais de l’effort requis aux manoeuvres (il faut 8 hommes aux moulins à café pour envoyer le gennaker…) et des risques de collision avec des icebergs ou autres OFNIs…

 

Par contraste, l’interview de Halvard Mabire qui participe à la Global Ocean Race, sur son Class40, nous montre une navigation beaucoup plus proche de celle que nous connaissons…

 

http://www.voilesetvoiliers.com/course-regate/class40-global-ocean-race-2011-2012-interview-halvard-mabire-dans-le-sud-la-limite-vient-dabord-de-lequipage-/

 

Sur son Class40, pas aussi rapide que Banque Populaire V, il lui faut composer avec le vent et la mer, qu’il ne choisit pas. Et le Grand Sud retrouve son image de mer dangereuse, chavireuse de bateau, dans laquelle s’aventurer représente un vrai risque pour le bateau et son équipage…

 

Comme quoi, sur un même tracé, les défis peuvent s’avérer être très différents en fonction du bateau, indépendamment du travail de préparation et de l’expérience du skipper…

 

 

 

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German Bight…

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Toute personne ayant un voilier à Nieuport sait qu’une croisière commence en général par un long bord (de près) vers le sud-ouest. Il faut aller vers la France ou vers le sud de l’Angleterre pour quitter les eaux grises et les paysages mornes du Nord et rejoindre des zones de navigation nettement plus agréables et plus propices aux croisières…

 

Alors, par esprit de contradiction peut-être ou par attraction par la mer Baltique, j’ai voulu voir ce qu’il y avait de l’autre côté, au-delà des côtes hollandaises… Sans pour autant aller jusqu’en mer Baltique, qui est trop éloignée pour une croisière de 2 semaines et justifie à elle seule une navigation d’au moins 8 à 10 semaines…

 

Pas grand chose à signaler du côté de la Grande Bretagne. La côte Est de l’Angleterre est beaucoup moins belle que les côtes Sud et Ouest et pas vraiment développée pour la navigation de plaisance, même si la reconversion d’anciens ports industriels est en cours.

 

L’Ecosse pourrait être intéressante, mais elle est sujette à des brouillards fréquents en été, ce qui rend ses paysages beaucoup moins jolis… Une image radar n’est jamais très poétique et n’a jamais fait l’objet d’une carte postale… En plus, monter jusqu’en Ecosse, au pas de course, sans aller vers les Shetland ou jusqu’à la côte ouest visiter quelques distilleries de whisky paraîtrait un peu étrange… Nous réserverons cette partie lors d’un tour de la Grande-Bretagne (mais, à nouveau, il faut qu’une période de 8 à 12 semaines se libère…).

 

En continuant à chercher, je suis arrivé dans la zone dénommée German Bight par les météorologues. Il s’agit de cette énorme «baie» bordée par le nord de la Hollande, l’Allemagne, du côté d’Hambourg, et l’ouest du Danemark.

 

Ayant toujours eu une image assez négative de Hambourg, que je considère, peut-être à tort, comme un port très industriel dans une mer très froide, je n’avais jamais considéré cette région comme une fin en soi mais plutôt uniquement comme un passage obligé vers le canal de Kiel et la Baltique… Cependant, un coup d’oeil sur la carte m’a fait réaliser que, en réalité, Hambourg n’est pas du tout en bord de mer mais sur le fleuve Elbe à quelques 100 km de son embouchure et donc assez loin de cette région…

 

En y regardant de plus près, force est de constater que cette région offre toute une panoplie d’îles, depuis la Frise hollandaise jusqu’au Danemark: Heligoland, Amrum, Sylt pour n’en citer que quelques unes… En en parlant autour de moi, une allemande, amie de mon frère et résidant à Boston, n’hésitait pas à comparer Amrum à Cape Cod, pour ses paysages et son aspect préservé… Et internet semble confirmer que ces îles sont très belles et très bien protégées du tourisme si souvent destructeur…

 

Sylt connait un succès particulier et a été surnommée la St-Tropez de la Mer du Nord tant elle attire une population huppée en été, la faisant passer de 20 000 habitants en hiver au-delà du million durant la belle saison! Elle a la forme d’un bouclier, comme si elle voulait protéger le continent des assauts de la mer… Mais elle paie le prix fort de sa position avancée, puisqu’elle perd, par érosion, malgré les travaux de remblai effectués, environ 1 mètre à 1.5 mètre de côte chaque année… Les maisons du centre de l’île se rapprochent graduellement de la mer… Une île condamnée à disparaître un jour…

 

Voilà donc une région qui semble propice à une petite visite, d’autant plus que les infrastructures portuaires semblent tout à fait correctes… A part, l’absence systématique de catways, imposant de monter et de descendre du bateau par l’avant, ce qui n’est pas très commode quand on n’a pas un balcon ouvert (et qu’on a perdu la souplesse de nos 20 ans)…

 

Et comme ces îles ne sont qu’à 350 milles seulement de Nieuport, avec pas mal d’arrêts intermédiaires possibles, cette région est donc très clairement une destination à ajouter à la liste des croisières de Xhosa pour une de nos prochaines escapades au mois de mai!

 

 

 

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