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Monthly Archives: mai 2013

Les contradictions d’Helgoland…

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Nous sommes passés deux fois à Helgoland et y avons séjourné en tout 5 nuits. Suffisamment pour en faire le tour et y relever un sérieux paradoxe…


Helgoland est une île d’environ 2 ou 3 km de long. Un bloc de granit rose qui dépasse le niveau de la mer de 70 mètres. Elle fait partie de l’Allemagne et a occupé, pendant la guerre, un rôle stratégique comme point avancé de défense de Hambourg.


On voit encore aujourd’hui les vestiges de ce rôle, en particulier au port, dont les jetées sont nettement plus grandes que ce que l’activité portuaire semble nécessiter. Mais aussi tout autour de l’île avec des jetées bétonnées un peu partout…


En contraste avec ces restes belliqueux, Helgoland est devenu une réserve naturelle. Les oiseaux y nichent par milliers et plusieurs zones autour de l’île sont totalement interdites à toute navigation… L’île même est interdite aux voitures, si elles ne sont pas 100% électriques… Une vraie volonté de protéger l’environnement, même si les traces de béton sont encore là pour pas mal de temps…


Au niveau politique, Helgoland jouit d’un statut particulier. L’île a son drapeau et a obtenu un statut fiscal intéressant pour la vente d’alcool, de tabac ou de parfum…


Ce statut spécial génère une vraie question car il amène une contradiction entre le rôle de l’ile en tant que réserve naturelle et le flux incessant de touristes d’un jour, en quête d’une bonne affaire fiscale…


En observant les flux de près, on s’aperçoit que les marchandises mises en vente sur l’île sont acheminées sur l’île par bateau depuis Cuxhaven, en Allemagne… Sur des bateaux fonctionnant au diesel… Même si les derniers mètres entre le port et les magasins se font à l’aide de voitures électriques… Comme pour se donner bonne conscience…


Creusons un peu plus loin encore… Des milliers de bouteilles d’alcool sont acheminées à Cuxhaven, puis transportées à Helgoland…. Et des milliers de touristes d’un jour prennent également le bateau à Cuxhaven pour aller à Helgoland acheter ces milliers de bouteilles sans payer les taxes allemandes habituelles… Puis ces touristes et ces bouteilles reprennent la mer dans l’autre sens, vers Cuxhaven, pour rentrer en Allemagne… Un joli paradoxe entre le statut de réserve naturelle de l’île et sa politique de protection de l’environnement et son commerce d’alcool, très consommateur de diesel et de CO2…


L’île n’a pas de nappe aquifère et l’eau n’est pas produite sur place mais importée d’Allemagne. Cela fait que faire le plein d’eau d’un bateau de plaisance au port est cher et limité à 70 litres… Nous avons presque payé plus cher pour l’eau que pour l’électricité sur les pontons… Mais des tonnes d’eau sont transportées par bateau pour le confort des touristes d’un jour…


Et donc, cette île pourrait être jolie… Cette île pourrait être un vrai lieu de pèlerinage pour ornithologues… Un endroit où la nature est respectée… Mais le statut fiscal spécial, important probablement pour la survie commerciale de l’île, introduit un sérieux biais et en fausse sérieusement son aspect écologique… L’île est-elle vraiment une réserve naturelle ou ce statut est-il simplement un outil marketing?


Contradiction, inévitable peut-être, entre vraie volonté d’agir pour la nature et besoin pécuniaire…




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Fin de croisière…

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Vendredi, 13h30, Xhosa passe entre les estacades de Nieuport… Nous voilà rentrés d’une croisière au Danemark… Une croisière de 800 milles, assez tranquille, à part les dernières 24 heures qui ont été un peu plus sportives… Amusantes mais sportives…


Après un échange d’équipage à Esbjerg, le retour s’est organisé en deux étapes: de Esbjerg à Helgoland, d’abord, puis de Helgoland à Nieuport. Nous avions initialement prévu une escale à Den Helder, histoire de couper en deux la deuxième étape de 280 milles. Mais, les caprices de la météo nous ont forcés à rester 3 nuits à Helgoland. Et s’arrêter à Den Helder nous aurait obligés à louvoyer dans un fort vent de sud-ouest, ce que ni T. ni moi ne souhaitions faire…


Lors de la première étape entre Esbjerg et Helgoland, dimanche passé, nous avons vraiment eu l’impression que le vent jouait avec nos pieds, changeant de direction chaque fois que nous virions… Mais, malgré ces frustrations, nous avancions bien et le temps était beau… Nous nous sentions fatigués mais heureux de notre journée, en arrivant, la nuit tombée, à Helgoland.


Départ de la deuxième étape mercredi après-midi, avec Nieuport comme objectif, soit une étape de 280 milles. Vent faible et mal orienté, les premières 24 heures, donnant l’impression de traîner et que l’on y arriverait jamais… Et puis, comme annoncé, le vent a tourné et s’est levé, nettement au-dessus des prévisions, atteignant force 7 au plus fort, avec, malheureusement, également la pluie prévue… Mais comme nous étions au portant, Xhosa est parti à pleine vitesse, surfant sur la mer devenue plus grosse, pour notre plus grand plaisir…


Puis, la nuit est tombée et le vent s’est calmé graduellement, nous permettant de prendre un rythme de quarts et un peu de repos… Tout en continuant à bien avancer vers Nieuport…


La vitesse du bateau et 12 heures de courant aidant sur les dernières 18 heures nous permettront de rattraper la moyenne et d’arriver à Nieuport bien avant ce que les routages prévoyaient…


Il est encore tôt le matin… Le soleil se lève et, petit à petit, l’objectif se rapproche… Rotterdam, le passage de la frontière belge, les éoliennes du Thornton Bank, Zeebruges, Ostende et puis Nieuport…


Je suis assis dans le cockpit et je regarde l’objectif se rapprocher… Encore deux heures… Plus que deux heures… Je revis cette croisière en flashback…


Satisfaction d’avoir bouclé le programme comme prévu sans problème… Xhosa et son équipage vont rentrer à bon port…
Bonheur d’être toujours physiquement à la hauteur, même dans des conditions plus éprouvantes…
Regret de n’avoir pas eu plus de temps pour visiter le Danemark plus longtemps et remonter jusqu’à sa pointe extrême nord…


Je me rends compte aussi que j’ai vécu ces 15 jours dans une sorte de bulle, isolée du monde extérieur… Je n’ai pas suivi l’actualité… Je ne sais pas ce que les bourses ont fait… Je n’ai jamais pensé au bureau, ni lu mes emails professionnels… Je me suis contenté de vivre cette croisière à fond et d’en profiter pleinement…


Et, maintenant, il va falloir sortir de cette bulle vélique, pour retourner dans la vie active…




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Escapade danoise – Premières impressions…

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Nous sommes arrivés à Esbjerg jeudi, après une magnifique journée de voile sous un très beau soleil.


Ce matin, les deux amis qui m’ont accompagné à l’aller sont repartis prendre leur avion, tandis que mon neveu est en route, dans l’autre sens, pour faire le retour avec moi. Un retour qui s’annonce d’ailleurs nettement plus musclé que l’aller, qui nous a offert des vents plutôt calmes et plutôt portants…


Xhosa est rangé. Je suis seul à bord pour quelques heures. L’occasion de me laisser aller à quelques premières impressions…


Un sentiment de réussite pour cet aller. Nous sommes arrivés là où nous le voulions au moment où nous le voulions, sans casse, ni problème… Le temps a été superbe et le vent très calme, parfois même trop… Mais cela ne nous a pas empêché de faire glisser Xhosa sur de longs bords au spi, au travers ou au près, sans jamais devoir prendre de ris…


Un aller dans une ambiance excellente, imprégnée de fous rires, de blagues parfois un peu potaches, ce qui est probablement inévitable quand trois hommes sont ensemble sans femmes… Le tout dans une belle harmonie sans prise de tête, ni prise de bec…


En plus, grâce à S, nous avons très bien mangé. Nous avons même essayé de pêcher pour améliorer encore plus notre condition… Sans résultat, à part la perte d’un joli leurre en plastique de la forme d’un mini-poulpe, qui aurait dû, selon S, nous permettre de remonter à bord un joli cabillaud, pour lequel il avait déjà imaginé la sauce…


Bref, ni prise de ris, ni prise de tête, ni prise de poisson…


Un aller rassurant aussi pour moi… Je n’ai pas perdu la main, malgré l’absence de navigation l’année passée. Et mon dos, fort maltraité par la maladie, ne m’a jamais fait souffrir… En plus, je me suis vraiment senti profondément bien… Les conditions clémentes rencontrées et les longues heures de pétole ont probablement joué un rôle bénéfique sur cet aspect…


Au niveau des escales, un peu moins d’enthousiasme. Ni Helgoland, ni Rømø, ni Esbjerg ne sont particulièrement intéressantes comme villes.


Helgoland est un rocher, au milieu de nulle part, spécialisé dans le tourisme d’un jour, particulièrement développé grâce à l’absence de taxes sur l’alcool, le tabac et les parfums… Rømø est une jolie île mais sa minuscule marina est loin de tout… Et, Esbjerg est un grand port assez industriel, pas vraiment pittoresque…


Néanmoins, l’ambiance à Esbjerg valait le détour car nous y sommes arrivés le jour de la finale du championnat de football du Danemark, remporté par l’équipe locale justement… Fête, chants et alcool, toute la nuit, dans la ville…


Enfin, comme lors de chaque croisière, quelques souvenirs ou instants magiques restent gravés… L’île d’Helgoland qui apparaît doucement après 50 heures de navigation… Un tout fin quartier de lune qui se lève au petit matin, suivi de près par le soleil, récompensant l’homme de quart… La rencontre avec des dauphins et des phoques… Le ciel dégagé, plein d’étoiles, et quelques étoiles filantes la nuit…


L’heure est maintenant aux préparatifs pour le retour: faire les courses, préparer le bateau et choisir les fenêtres météo et les étapes à faire… Pour que le retour se passe aussi bien que l’aller!


Je vous raconterai…




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