Depuis sa création, j’utilise l’application Weather4D pour l’affichage des fichiers Grib et les prévisions météo. Son interface utilisateur, sa facilité d’utilisation et la clarté avec laquelle les informations sont présentées, en ont fait un outil incontournable à bord de Xhosa…


Cette année, j’ai commencé à utiliser également les fonctionnalités plus récentes de l’outil. Celui-ci permet de simuler le déplacement du bateau, sur base de la route à suivre, transférée depuis iNavX. Et, il indique dans un petit tableau l’ensemble des données météo à l’endroit exact où le bateau sera à ce moment précis. Cela permet de bien préparer sa navigation et de choisir la meilleure fenêtre météo afin d’éviter d’être au mauvais endroit au mauvais moment! Et cette fonctionnalité nous a été bien utile au retour d’Helgoland, pour passer après le coup de vent de sud-ouest et avant le petit temps…


Et cela permet aussi, tout au long de la navigation, de juger si la météo fait bien ce qu’elle est sensée faire ou s’il y a lieu de se poser des questions et de rafraîchir les données, à l’aide de la “chère et lente” connexion satellite…


Mieux encore, avec l’introduction des polaires et les données de courants, disponibles gratuitement via l’outil, Weather4D calcule la route optimale et aide à faire les choix stratégiques de navigation. Et, comme on n’est jamais parfaitement là où on est sensé être, l’outil permet même de refaire le routage à partir de la position réelle du bateau, donnée par le GPS…


En conclusion, l’outil est simple, convivial, complet et absolument fabuleux!


Lors de notre navigation au Danemark, je l’ai utilisé énormément, même si parfois, je me suis posé la question s’il fallait “croire au routage”… Pas que l’outil soit mauvais, il est simplement excellent, mais parce que les fichiers météo et les polaires n’ont pas, à mon avis, la précision suffisante, sur les distances parcourues en croisière côtière, pour que les résultats soient vraiment fiables… Et que des petites différences à l’entrée amènent parfois de grosses différences sur la route à suivre…


Au niveau météo, j’utilise les fichiers GFS et ceux, à mailles fines, de Great Circle. Ils ont, tous deux, globalement été exacts chaque fois: les systèmes ont fait ce qu’ils devaient faire, les vents étaient forts ou faibles comme annoncés… Mais, il y avait régulièrement des différences de force, de direction ou de timing, qui, combinées avec des polaires loin d’être parfaites (ou pas toujours tout-à-fait représentatives de nos habitudes de navigation) faisaient que les options proposées étaient assez différentes suivant le modèle utilisé ou semblaient parfois un peu optimistes, étant le reflet de polaires parfaitement naviguées, avec un équipage au taquet jour et nuit…


Faut-il donc croire au routage à l’échelle de quelques centaines de milles?


Oui à condition de ne pas utiliser les résultats de façon plus précise que ne sont les données! La grande leçon que je tire de cette première expérience, est qu’il faut pouvoir analyser les résultats et comprendre les options de route proposées par l’outil, afin de faire les choix stratégiques de navigation, en tenant compte de l’incertitude inhérente aux données… Telle option audacieuse, vers la côte ou le large, reste-t-elle valable si le vent tourne un peu ou a une force un peu différente? Question à laquelle il n’est pas toujours facile de répondre…


En conclusion, je crois au routage même si ma devise reste: ne pas s’écarter de la route directe si on n’est pas sûr de savoir pourquoi!




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