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Monthly Archives: juillet 2013

Traversée de la Manche en kayak

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Il s’appelle Joachim Gerard. Il a 24 ans. Suite à une maladie durant son enfance, il est handicapé et se déplace en chaise roulante…


Pour beaucoup, cela signifierait la fin d’une vie normale, la fin d’une vie ordinaire. Pour Joachim, c’est devenu le début d’une vie extraordinaire…


Depuis 12 ans, malgré son handicap, Joachim joue au tennis. Grâce à sa force et à sa ténacité, il s’est hissé à la 6ème place mondiale dans le classement ITF.


http://www.itftennis.com/wheelchair/players/player/profile.aspx?playerid=100015809


Mais pour garder et améliorer son classement, il doit jouer et gagner des tournois, partout dans le monde et l’argent manque pour les billets d’avion, le logement ou les droits d’inscription…


Alors deux frères, Arnaud et Thomas Doerane, ont voulu lui faire un cadeau et lui permettre de participer à trois tournois aux USA. Et, pour cela, il cherchent à réunir la somme de 2200 euro…


Pour mériter l’aide générale, il leur fallait une idée, une action symbolique forte, un thème accrocheur… Quelque chose hors du commun, inhabituel, qui frappe les esprits…


Après une longue recherche, ils trouvent leur idée et un Anglais qui peut les aider à la réaliser: traverser la Manche en kayak!


Les choses s’organisent, une page internet se crée… Les internautes sont appelés à l’aide…


http://www.indiegogo.com/projects/crossing-the-english-channel-by-kayak?c=home


Et, lundi passé, le jour J arrive, avec son lot de chance et de malchance…


Chance, parce que le temps est magnifique dès le premier jour de la période de stand-by: soleil, pas de vent et mer d’huile… Chance parce qu’ils trouvent le courage et la force de pagayer sous un soleil généreux, à bonne vitesse, sans faiblir, ni s’arrêter… Chance de croiser la route d’un dauphin… Chance de pouvoir traverser la Manche comme peu l’ont fait auparavant…


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Malchance, parce que la réglementation maritime française a changé et est appliquée de façon stricte depuis le 1 juillet 2013 interdisant aux kayaks de traverser le rail côté français (les Anglais sont moins regardant)… Malchance parce que la police maritime les arrête dès leur entrée dans les eaux territoriales françaises en les menaçant d’une amende de 50 000 USD s’ils ne rebroussent pas chemin, après avoir effectué plus de la moitié du parcours…


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Mais chance, encore, parce que ces policiers maritimes se sont finalement montrés compréhensifs et les ont autorisés, exceptionnellement, à relever leur défi pour venir en aide à Joachim…


Après être partis à 8h35 de Dungeness, ils sont arrivés à 14h37 à Boulogne… Et c’est en faisant le retour en bateau à moteur rapide qu’ils se sont vraiment rendus compte de la distance qu’ils ont parcourue à coup de rames…


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Aujourd’hui, il manque encore 675 euro pour permettre à Joachim de participer aux trois tournois aux USA. Alors, si vous avez été touché par son histoire, aidez-le à continuer à se dépasser et à prendre sa revanche sur sa maladie, via le site internet ci-dessous…


http://www.indiegogo.com/projects/crossing-the-english-channel-by-kayak?c=home


Merci d’avance




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La complexité des retours…

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Les retours paraissent souvent plus difficiles que les allers… Le temps semble moins beau, le vent moins bien orienté, et la pluie plus fréquente ou plus désagréable…


Pourtant, il n’y a aucune raison rationnelle ou statistique que les retours soient systématiquement moins agréables que les allers, si bien que naviguer dans un sens ou dans l’autre devrait procurer le même plaisir… Mais il y a une différence psychologique de taille entre les deux trajets: l’aller est l’objectif du voyage, une découverte, un choix, tandis que le retour ressemble plus à une obligation, celle de ramener le bateau à son port d’attache…


En regardant autour de moi, il me semble que cet élément psychologique soit bien présent en navigation… Quelques exemples…


Notre première croisière, il y a 30 ans, vers les Scilly, où nous avons mis 5 semaines pour explorer tous les recoins de l’Angleterre à l’aller et seulement 5 jours pour rentrer…


Ce couple qui envisage de repartir faire un long voyage dans les îles du Pacifique mais qui confiera le retour à un cargo…


Ou encore, cet ami qui est parti traverser l’Atlantique, avec sa famille, en aller-simple et a revendu, comme prévu dans ses plans, son bateau aux Caraïbes pour rentrer en avion…


Une solution à ce problème pourrait consister à ne faire que des tours du monde, qui sont par définition des allers simples… Mais bon, quand on n’a que quelques semaines de vacances par an, ce n’est pas idéal…


Une alternative pourrait être les échanges… Les Européens traversent l’Atlantique vers les Caraïbes et les Américains ramènent nos bateaux, ou vice-versa… On supprime les retours… Il n’y a plus que des allers… Les Belges partent en Bretagne et les Bretons viennent en Belgique… Pas forcément totalement équitable, question beauté des paysages…


Un proverbe néerlandais dit: “de laatste loodjes wegen het zwaarst”, ce qui signifie littéralement: “les dernières mitrailles sont les plus lourdes”; un dicton qui résume bien l’état d’esprit général quand un projet arrive à sa fin: les derniers milles paraissent les plus longs et les plus épuisants…


Mais, cette année, contrairement à souvent, le retour du Danemark s’est avéré beaucoup plus facile et agréable qu’attendu… Malgré le fait qu’il s’annonçait difficile, avec des coups de vent de sud-ouest et de la pluie, en contraste fort avec le temps magnifiquement ensoleillé de la semaine précédente…


Peut-être avons-nous bien choisi les fenêtres météo…
Peut-être les périodes ventées nous ont-elles donné un vrai plaisir, cette sensation de naviguer vite qui nous a souvent manqué à l’aller…
Peut-être parce que nous n’étions pas pressés de rentrer et heureux d’être en mer…


Lors des dernières heures, j’étais assis dans la descente à regarder la côte belge défiler sur bâbord… Nieuport n’était pas encore visible au loin… Et je profitais simplement du temps présent et de la sérénité que procure la mer, en me remémorant le film de la croisière… Je me sentais bien et heureux d’avoir encore quelques milles à parcourir…


Comme quoi les retours ne sont pas forcément toujours compliqués…




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Nieuwpoort Channel Race 2013

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Je vous ai déjà parlé, dans un billet précédent, de la NCR. Il s’agit d’une course, au départ de Nieuport, vers l’île de Wight, puis les Anglo-Normandes, avant de revenir vers Nieuport. Une distance de 540 milles nautiques environ.


L’édition 2013, la 7ème depuis son lancement, partait ce midi et comptait 21 participants, sur des bateaux de tailles très variées, allant de 10 à 18 mètres.


Une des caractéristiques historiques de cette course est le temps exécrable qu’elle subit en général, malgré qu’elle se soit toujours courue au mois de juillet. Au point que, personnellement, je veille à éviter de faire des projets avec Xhosa la semaine correspondant à cette course.


Mais cette année, la série noire s’est arrêtée et la flotte s’est élancée sous un beau soleil dans une brise agréable de nord et une brume légère, qui rendra la traversée du rail de séparation du trafic plus pimentée…


Et comme le vent actuel et la météo semblent bien stables pour les jours suivants, les spis fleuriront après le premier bord de louvoyage vers Ostende et emmèneront les bateaux rapidement jusqu’à l’île de Wight et Sercq. Tandis que le retour, au près, devrait être beaucoup plus fastidieux, vu l’intensité des courants sur le parcours…


Un petit regret néanmoins. Le manque d’ambiance festive au départ, surtout qu’il faisait très beau: les bateaux n’étaient pas tous rassemblés, en un même endroit, au départ; ils n’arboraient pas le pavillon habituel de la course et aucun endroit ne permettait aux spectateurs de se rassembler pour encourager les coureurs. Dommage… L’année prochaine peut-être…


Bon vent à tous!




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