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Monthly Archives: octobre 2013

Hiver(nage)…

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Derrière ma fenêtre, bien à l’abri à Bruxelles, je regarde les passants qui s’abritent sous des parapluies qui se retournent. Les feuilles volent dans tous les sens, sous les rafales de tempête. Et, pourtant, le pire ne viendra que demain… L’été arrive à son terme… L’hiver approche…


Xhosa est encore dans l’eau, bien amarré à son emplacement et protégé des deux côtés par des bateaux plus volumineux… J’ai pourtant toujours une petite sensation d’angoisse lorsque l’on annonce une tempête, de force 10, à proximité de la côte belge…


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Source: Weather4D Pro



Cette première grosse tempête nous indique clairement que la mauvaise saison est à nos portes et qu’il est temps de prévoir l’hivernage de Xhosa… Sa sortie de l’eau est planifiée pour jeudi prochain, le 31 octobre…


J’ai mis à profit les deux weekends précédents pour tout vider et le préparer à son hibernation… Les voiles sont rangées, tout l’intérieur est vidé et il ne reste plus que ce qui est nécessaire pour amener Xhosa jusqu’à la grue faire son show annuel dans les airs… Les AC72 volent sur leurs foils à chaque sortie, Xhosa se contente de deux ballets aériens par an, à beaucoup plus petite vitesse…


J’ai aussi ressorti toutes les check-listes pour tout vérifier. Quoi! Il faut déjà renouveler la boite à fusées, avec l’éternel problème de trouver une solution écologique pour se débarrasser des anciennes… Le temps passe beaucoup trop vite…
Rendez-vous a également été pris avec le chantier. Heureusement, cette année, la liste des travaux à faire est assez courte, vu l’hivernage très prolongé l’année dernière… Juste un peu d’entretien et de maintenance…


Le rideau se baisse une belle saison 2013… Flash-back dans quelques semaines…


Et bon hivernage à tous!




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La Coupe de l’America et les Australiens…

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Je ne suis pas un homme d’extrêmes. J’aurais plutôt tendance à préférer un exploit simple à celui qui se décrit à coups de superlatifs et nécessite des dizaines de millions d’euro…


Pourtant, je dois reconnaître que je me suis pris au jeu de la coupe de l’America…


Les AC72 sont impressionnants de vitesse et d’élégance. En plus, étant maniés par la crème de la crème de la voile, ils dégagent une impression de simplicité et de stabilité, qui cache certainement une vraie maîtrise et un entraînement long et systématique…


Et, grâce aux moyens techniques et télévisuels développés à San Francisco, et au fait que chaque régate ne dure jamais plus de 40 minutes, il était vraiment possible de suivre facilement ce qui se passait… Et de rester rivé sur son écran à regarder deux bateaux “d’extra-terrestres” batailler en volant sur leur foils à plus de 40 noeuds… Un peu comme une chorégraphie bien huilée du Cirque du Soleil ou un balai aérien de la Patrouille de France…


Mais ce qui m’a vraiment accroché, c’est le non-suspense initial suivi du suspense final…


Les Néo-Zélandais, partant déjà avec un avantage de deux points, raflent les premières régates assez facilement, avec leur bateau qui semble aller plus vite au près… La coupe semble jouée… Sauf miracle, elle partira vers la Nouvelle-Zélande…


Mais les Américains croient aux miracles et ne s’avouent pas vaincus. Ils font quelques changements à leur bateau: une petite modification à l’aile et une diminution de la longueur du bout-dehors. Et, d’un coup, leur bateau semble devenu plus rapide de quelques noeuds! Ce qui montre bien le niveau de maîtrise technologique et d’ingénierie atteint…


Et le come-back commence… Et comme probablement beaucoup parmi vous, je me suis mis à suivre les régates de très près, malgré le décalage horaire infernal entre l’Asie et San-Francisco. Avec le score évoluant, jour après jour, de 8 – 1 à 8 – 8, créant un suspense de plus en plus fort… Pour terminer avec une victoire d’Oracle dans la manche finale… Inimaginable!


Un peu avant le come-back final, j’ai eu une réunion avec, simultanément, des clients venant de Nouvelle-Zélande et d’Australie. Le score était alors encore de 6 ou 7 à 1. A la fin de notre entrevue, la course s’invite dans la conversation et je félicite les Néo-Zélandais présents de leur supériorité évidente (à ce moment-là) dans l’épreuve.


A la sortie de la réunion, un des Australiens présents me prend à part et me dit que, de toute façon, le vrai vainqueur sera l’Australie vu le nombre d’Australiens dans les deux équipes, dont James Spithill!


Chauvinisme, quand tu nous tiens…




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La mer n’existe pas…

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D. avait invité quatre amis pour une sortie de voile ce weekend. Tous les quatre étudiants aux Beaux-Arts ou ayant terminé leur cursus d’arts plastiques depuis quelques années.


Et tous les quatre à peu près débutants en voile… Les dates avaient été planifiées depuis longtemps et je craignais un peu que la météo ne soit mauvaise et nous oblige à annuler. Mais il semble y avoir un dieu pour les artistes en mal de voile car le temps a été magnifique, même si le vent était un peu trop faible…


Pour ne pas simplement faire un tour dans l’eau devant Nieuport, nous avons décidé d’aller jusqu’à Dunkerque samedi et d’en revenir dimanche. Pas vraiment la destination la plus exotique, avec ses usines en bord de mer, mais une destination suffisamment proche, vu nos contraintes de temps et le faible vent annoncé…


Une jolie balade pour y aller… Et un retour au moteur…


Une fois sur place, avec tous ces artistes ou apprentis-artistes à bord, nous ne pouvions manquer d’aller visiter le LAAC, le musée d’art contemporain de Dunkerque, situé dans un parc entre le port et Malo-les-Bains. Malheureusement, le musée était en cours d’installation d’une nouvelle exposition et était donc à peu près vide…


Mais la chance sourit aux audacieux et l’autre musée de Dunkerque, le musée des Beaux-Arts, inaugurait ce samedi sa nouvelle exposition “Retours de Mer”. Des peintures et des objets liés à la mer et aux voyages en mer. L’art et la mer, la combinaison parfaite pour notre équipage!


Et parmi les oeuvres exposées, un texte, écrit par Yusti Gomez Herrera, jeune homme habitant Ténériffe, intitulé “La mer n’existe pas”. J’ai trouvé ce texte très beau et offrant une vision très inhabituelle de la mer. Je vous le livre ici, en espérant qu’il vous interpelle autant qu’il m’a interpellé!


“La mer est le contexte de toute île et voilà notre grand problème.


Pour nous la mer n’existe pas en tant que telle, elle n’est qu’une abstraction, une lacune dans les cartes, dans le meilleur des cas un désert bleu. La mer est seulement une couleur uniforme, la même partout. La même teinte bleue dans l’Arctique et dans l’Océan Indien.


Pour nous, la Méditerranée a la même profondeur que la fosse des Mariannes ou peut-être qu’elle n’a tout simplement pas de profondeur. Elle n’existe pas. On en connait plus de la surface de Mars que du fond des océans, et parce que notre planète est appelée “La Terre” et non pas “La Mer”, celle-ci n’a pas de nature en soi, c’est un négatif. Comme le silence, le vide ou l’immensité, elle est tout simplement tout ce qui n’est pas la terre, sans autre qualité.


Ou c’est peut-être de cette façon qu’elle est perçue à partir de la rive de n’importe quel continent, un terme dont l’étymologie signifie, il ne faut pas l’oublier: le contenant. Hors de lui, tout est immensité.”


Yusti Gomez Herrera; Ténériffe, l’île et le monde (2012).




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