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Monthly Archives: mai 2015

De Nieuport aux Orcades

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Départ, comme prévu, de Nieuport dimanche passé. Sous un beau soleil … mais dans la pétole… On ne peut pas tout avoir, semble-t-il…

 

Heureusement, après quelques heures, le vent se lève doucement et c’est sous une petite brise au près serré que nous avançons calmement sous voile vers le nord avec un ETA prévu aux Orcades jeudi matin…

 

Tout allait donc pour le mieux. Jusqu’à mercredi soir, où, à une centaine de milles de l’arrivée, la météo a commencé à empirer, avec des prévisions devenant franchement désagréables et risquant de nous empêcher de traverser, en toute sécurité, le mythique Pentland Firth. Ce qui nous a convaincu de faire une escale météo à Peterhead et d’en profiter pour y passer une bonne nuit.

 

Les dieux devaient être avec nous puisqu’ils nous ont offert une belle fenêtre météo 24 heures plus tard: du bon vent, quoique au près, nous amenant parfaitement au bon moment pour traverser le Pentland Firth… Avec pour seule condition de partir à 1 heure du matin, la nuit du jeudi au vendredi, sous la belle lumière nocturne des hautes latitudes. Et nous avons donc pu finir cette première étape et rejoindre Stromness rapidement…

 

Je joins une photo de la trace pour ceux qui voudraient visualiser le trajet.

 

 

Il ne nous restait plus qu’à faire un passage au pub local et de profiter d’une longue nuit réparatrice, pour nous sentir prêts à partir à la découverte des Orcades, dont je parlerai dans un prochain billet !
 

Cette étape me faisait un peu peur parce qu’elle était longue et que c’était la première de notre projet. Un peu comme si elle conditionnait le succès ou l’échec de l’ensemble. Et l’arrêt à Peterhead m’a d’autant plus inquiété qu’il a montré comme le timing peut sembler court quand des billets d’avion sont déjà réservés…
 
Mais les choses se sont arrangées et, à postériori, l’arrêt à Peterhead nous a vraiment fait du bien, en renforçant, en outre, encore l’ambiance à bord déjà excellente!
 
Je suis donc vraiment heureux de la façon dont cette première partie s’est déroulée.
 
Il faut maintenant aborder la deuxième partie avec le premier changement d’équipiers (une personne qui descend et deux qui montent)… Mais pourquoi la suite ne fonctionnerait-elle pas aussi bien que le début?
 
Ce bonheur m’a malheureusement semblé tout à coup bien dérisoire par rapport à la triste nouvelle, venant de Bruxelles, annonçant que la maman de D, qui venait d’être hospitalisée en soins intensifs, se trouvait en état critique… Sans que je puisse être aux côtés de D en ce moment difficile…
 
Un goût très amer au fond de la gorge et un véritable sentiment d’impuissance face aux réalités de la vie…

   

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Around Britain! Partie 4 : On part comme prévu!

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Suite du billet précédent…
 
 
On part donc comme prévu le 24 mai et il ne me reste plus qu’à vous donner quelques détails sur le trajet envisagé.
 
Je joins une image de la route choisie. Les puristes diront que je triche un peu et qu’il ne s’agit pas exactement du tour de la Grande-Bretagne puisque la route ne passe pas parfaitement à l’extérieur de l’ensemble de l’Ecosse. Mais bon, il faut bien faire un peu de tourisme et partir à la découverte de ce fameux breuvage ambré, à base de malte, enrichi d’une saveur de tourbe…
 
  

  
La première semaine, fin mai, fera route de Nieuport jusqu’à Stromness aux îles Orcades. 514 milles que nous comptons parcourir non-stop afin de gagner du temps. La côte Est de l’Angleterre pourra toujours être visitée une autre année.
 
Durant la deuxième semaine, dans la foulée de la première, nous longerons le continent Ecossais, en y faisant 4 à 6 escales. L’idée est d’arriver jusqu’à Oban et d’y laisser Xhosa s’y reposer jusqu’en juillet.
 
Les troisième et quatrième semaines, en juillet, feront route, en 5 à 8 étapes, d’Oban à Dublin et nous permettront de découvrir Islay d’une part et l’Irlande du Nord, d’autre part.
 
La dernière étape, enfin, fin juillet, ramènera Xhosa, non-stop, à Nieuport. Il s’agit de la plus longue étape avec ses 540 milles… En espérant que le choix du sens de rotation anti-horlogique sera payant et nous apportera plutôt du portant durant cette étape…
 
1600 milles environ en tout selon le logiciel de navigation… Et probablement un peu plus si le vent ne nous laisse pas faire de la ligne droite…
Avec 3 semaines d’exploration côtière, sur une zone de 500 milles environ, depuis les Orcades et le Cape Wrath jusqu’à Dublin.
 
La liste de choses à faire sur Xhosa est vide! Ce qui est probablement une grande première après un hivernage… Il ne reste plus qu’à ravitailler en produits frais et à se lancer!
 
Et Xhosa me semble vraiment impatient de partir…
 
Je vous tiendrai au courant de l’évolution de nos péripéties via twitter et ce blog.
 
 
La suite en live…

   
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Around Britain! Partie 3 : « La vie est trop courte pour qu’elle soit petite »

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Suite du billet précédent…
  
Partir or not Partir… Que faire ? La raison contre les émotions…
 
Je me suis mis à peser le pour et le contre, à imaginer ce que pourraient être les traitements et leurs effets secondaires, à analyser tout ce qui peut être analysé…
 
Mais au fond de moi, il n’y avait qu’une vraie question, à laquelle je n’avais pas l’mpression d’arriver à répondre vraiment:
 
Serai-je capable physiquement et mentalement de faire ce tour?
Serai-je capable d’affronter la peur de ne pas être à la hauteur de cette grande boucle?
Aurai-je le courage de me lancer, sachant que je devrai probablement lâcher prise par moments, voire abandonner totalement si les choses deviennent impossibles?
 
Déclarer forfait sans combattre serait l’option facile, celle que tout le monde attendrait: “l’option raisonnable”. Elle me permettrait de ne pas me confronter à mes peurs et d’utiliser le mot «cancer» comme raison pour ne pas partir… “l’option facile…”
 
Mais plus j’y réfléchissais, plus j’hésitais… Et plusieurs choses ont fait pencher la balance… vers un départ…
 
Tout d’abord, cette phrase de Benjamin Disraeli: « la vie est trop courte pour être petite»… Ce que j’ai interprété comme : plus la vie semble se raccourcir, plus il faut vivre chaque jour reçu avec plus d’intensité et d’ambition…
 
Ensuite, le livre écrit par Bronnie Ware, cette infirmière australienne qui reprend les derniers souhaits et regrets de personnes, en soins palliatifs, qu’elle a accompagnées jusqu’à la mort. Aucun de ces regrets ne dit : « Je regrette d’avoir démarré un projet ambitieux plutôt que d’être resté assis dans mon fauteuil… »… Au contraire…
 
Et si je devais me retrouver un jour dans la situation d’un de ces patients, je regretterais probablement de ne pas avoir eu le courage de tenter ce tour… Avec, en plus, la phrase de E qui résonne encore dans mes oreilles : « Si tu ne le fais pas maintenant, tu ne le feras jamais… »
 
Enfin, j’ai découvert par hasard, fin 2014, le site de Serge Deguide: Un voilier contre le cancer.
 
Serge Deguide est atteint d’un cancer généralisé mais, malgré sa maladie, il a décidé de faire un tour du monde en voilier, sur un bateau spécialement aménagé pour lui. La maladie l’a obligé à retarder son départ mais rien que le fait de préparer un tel projet fait preuve d’un courage et d’une ambition, forçant l’admiration.
 
Un projet qui fait écho à Disraeli et rappelle que la vie doit être vécue intensément, même si on est malade, surtout si on est malade… « la vie est trop courte pour être petite »…
 
Alors si lui peut faire un tour du monde avec un équipage adéquat, pourquoi aurais-je peur de faire le tour de la Grande-Bretagne avec une vraie équipe d’amis, très compétente en voile, capable de prendre les commandes de Xhosa à n’importe quel moment?
 
Et la décision fut prise…
 
Il ne restait plus qu’à convaincre les médecins…
 
Et ce fut beaucoup plus facile que je ne le pensais. Le projet étant avec un équipage expérimenté, les médecins n’y ont vu qu’un moyen de booster mon moral et ont même spontanément ajusté mes cycles de chimiothérapie pour que ce soit plus simple à réaliser!
 
Départ maintenu donc le 24 mai!
 
La fin dans le prochain billet…
   
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Around Britain! Partie 2 : Partir or not Partir ? That is the Question!

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Suite du billet précédent…
 
 

Tout pouvait donc se mettre en branle pour organiser cette croisière autour de la Grande-Bretagne…
 
Il fallait tout d’abord définir les dates pour pouvoir prendre congé. Facile ! Une première partie fin mai et une deuxième partie en juillet, histoire de répartir les semaines, de profiter des périodes normales de congé et de mettre toutes les chances météo de notre côté…
 
Puis il fallait trouver suffisamment d’équipiers… Etant le seul à faire le tour complet, il me fallait entre 10 et 15 équipiers (que je souhaitais parfaits bien sûr) pour que chaque étape soit composée d’au moins 4 personnes… Et en combinant 4 habitués de Xhosa, 3 personnes d’un groupe d’amis rencontrés lors de cours de navigation au BRYC, 3 équipiers d’un autre groupe d’amis et un collègue de bureau, le compte fut vite trouvé. Avec en plus la perspective d’interactions intéressantes entre les différents groupes…
 
Il fallait également décider du sens de rotation, qui, selon les livres que j’ai lus, semble plus relever de l’émotionnel que du rationnel…
 
Mon choix s’est porté sur le sens anti-horlogique afin de diminuer au maximum la distance parcourue selon un axe très ouest (l’Angleterre Sud). Ce qui permettait du même coup d’éviter les brouillards estivaux du côté Est de Ecosse et de faciliter la découpe en deux blocs de 2 et 3 semaines.
Et cela mettait la partie, en principe la plus difficile et que je connais le moins, au début…
 
Enfin, il fallait couper le voyage en semaines de navigation raisonnables, définir des points de chute permettant les transferts des équipiers et trouver un endroit où laisser Xhosa en sécurité entre les deux parties… Et là aussi, quelques livres, le Reeds et internet ont fait l’affaire…
 
Tout semblait donc baigner et il ne restait plus qu’à remettre Xhosa tout-à-fait en ordre pour son périple celtique, mais il n’y avait aucune raison que ce soit très différent des autres hivernages.
 
Les choses allaient probablement trop bien. Et il paraît qu’«à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire»…
 
J’ai eu un cancer en 2011, un cancer sujet à récidives régulières chez pratiquement tous les malades. Au moment de commencer ce projet, en juillet 2014, la récidive ne semblait pas à l’ordre du jour car mes analyses étaient parfaites et ma forme générale excellente… Malheureusement, les choses ont commencé à évoluer en décembre… Et la confirmation de la récidive et du démarrage d’un traitement de plusieurs mois de chimiothérapie est venue en avril… A un mois du départ…
 
« Et bardaf, c’est l’embardée.. » comme on dit à Bruxelles…
 
Alors que faire ? Arrêter tout ou continuer malgré tout tant que l’interdiction formelle de naviguer n’est pas tombée ?
 
« Partir or not partir, that’s the question ! »
 
 
La suite dans le prochain billet…
 
 
 
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Around Britain! Partie 1 : J’ai fait un rêve…

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J’ai fait un rêve en 2010… Un rêve que j’avais d’ailleurs commencé à vous dévoiler dans ce blog, en juillet 2010, dans un billet - Une idée… -, écrit sous la forme d’un teaser, une annonce sans contenu juste là pour attirer l’attention…

 

Et j’avais d’ailleurs bien fait de rester obscur. En effet, entre la publication de ce premier billet et celle du projet réel quelques semaines plus tard, l’idée était devenue Le Pèlerinage de Compostelle, ce qui n’était plus du tout le projet initial…

 

En réalité, l’idée originale était un projet plus « nordique », plus « celtique ». Il s’agissait de faire le tour complet de la Grande Bretagne, en passant un peu plus de temps en Ecosse et en Irlande du Nord… Une partie de l’Europe qui m’attire beaucoup malgré le froid, le mauvais temps, la pluie, le brouillard ou les midges…

 

Avec, en plus, l’objectif de boucler la boucle en 4 semaines, ce qui était le seul moyen, cette année-là, de le concilier avec ma vie professionnelle …

 

Mais, c’était là le problème : à 6.5 nœuds de moyenne et sans aucune escale, il faut au minimum 11 à 12 jours de voile non-stop à Xhosa pour boucler la boucle. Et en décomptant l’un ou l’autre jour au début et à la fin, quelques arrêts météo et, surtout, quelques arrêts touristiques, cela devenait très difficile à réaliser ou imposait de faire le tour sans jamais prendre le temps de profiter des paysages ou de breuvages tourbés…

 

Et comme D rêvait de faire le pèlerinage de Compostelle (à pied), et nourrissait l’envie de naviguer vers le sud plutôt que le nord, l’idée fut facilement adaptée à notre périple vers l’Espagne. Une navigation de Nieuport à la Corogne et la fin du parcours à pied : une très belle histoire également… Avec un accent celtique malgré tout…

 

Ce pèlerinage nous a fait baver en 2011, à cause, entre-autres, de conditions météo inhabituelles pour l’été… Et de pluies dignes des régions du nord… Mais je suis convaincu que ce pèlerinage m’a aidé mentalement lorsque 3 mois plus tard, j’étais hospitalisé pour un cancer… Un peu comme si j’avais déjà fait l’effort susceptible de me faire mériter la clémence céleste…

 

Ensuite, après la pause maladie en 2012, le Danemark en 2013 et la Bretagne Nord en 2014, il fallait trouver une nouvelle idée pour 2015…

 

Et l’envie de faire une boucle (dans le nord) resurgit : Nieuport – Peterhead – Bergen – Nieuport ? Ou alors : Nieuport – Oslo – Copenhague – Kiel – Nieuport ?… Les idées se succèdent mais aucune ne m’accroche totalement…

 

Jusqu’au moment où j’en parle à mon ami E qui me dit : “Moi, mon rêve serait de faire le tour de la Grande-Bretagne…”

 

Et il ne m’en faut pas plus pour que je ressorte tous mes fichiers, tous mes waypoints et toutes mes routes pour re-estimer la faisabilité d’un tel projet…

 

Et d’en conclure qu’un tel tour devient tout-à-fait réalisable si on l’aménage un peu. D’une part, il faut ajouter une semaine pour en faire 5 en tout. Ensuite, il faut couper le voyage en deux et laisser Xhosa un gros mois seul quelque part en Ecosse. Et, enfin, il faut accepter le risque de devoir éventuellement laisser Xhosa en Angleterre Sud et de le ramener plus tard à Nieuport si le temps devait manquer sur la fin.

 

Et avec ces trois éléments, l’envie de faire ce tour était de nouveau très forte… Et d‘autant plus forte après l’autre petite phrase de E au téléphone en juillet : « Si tu ne le fais pas maintenant, tu ne le feras jamais ! »

 
 

La suite dans le prochain billet…

 

 

 

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