Suite du billet précédent…
  
Partir or not Partir… Que faire ? La raison contre les émotions…
 
Je me suis mis à peser le pour et le contre, à imaginer ce que pourraient être les traitements et leurs effets secondaires, à analyser tout ce qui peut être analysé…
 
Mais au fond de moi, il n’y avait qu’une vraie question, à laquelle je n’avais pas l’mpression d’arriver à répondre vraiment:
 
Serai-je capable physiquement et mentalement de faire ce tour?
Serai-je capable d’affronter la peur de ne pas être à la hauteur de cette grande boucle?
Aurai-je le courage de me lancer, sachant que je devrai probablement lâcher prise par moments, voire abandonner totalement si les choses deviennent impossibles?
 
Déclarer forfait sans combattre serait l’option facile, celle que tout le monde attendrait: “l’option raisonnable”. Elle me permettrait de ne pas me confronter à mes peurs et d’utiliser le mot «cancer» comme raison pour ne pas partir… “l’option facile…”
 
Mais plus j’y réfléchissais, plus j’hésitais… Et plusieurs choses ont fait pencher la balance… vers un départ…
 
Tout d’abord, cette phrase de Benjamin Disraeli: « la vie est trop courte pour être petite»… Ce que j’ai interprété comme : plus la vie semble se raccourcir, plus il faut vivre chaque jour reçu avec plus d’intensité et d’ambition…
 
Ensuite, le livre écrit par Bronnie Ware, cette infirmière australienne qui reprend les derniers souhaits et regrets de personnes, en soins palliatifs, qu’elle a accompagnées jusqu’à la mort. Aucun de ces regrets ne dit : « Je regrette d’avoir démarré un projet ambitieux plutôt que d’être resté assis dans mon fauteuil… »… Au contraire…
 
Et si je devais me retrouver un jour dans la situation d’un de ces patients, je regretterais probablement de ne pas avoir eu le courage de tenter ce tour… Avec, en plus, la phrase de E qui résonne encore dans mes oreilles : « Si tu ne le fais pas maintenant, tu ne le feras jamais… »
 
Enfin, j’ai découvert par hasard, fin 2014, le site de Serge Deguide: Un voilier contre le cancer.
 
Serge Deguide est atteint d’un cancer généralisé mais, malgré sa maladie, il a décidé de faire un tour du monde en voilier, sur un bateau spécialement aménagé pour lui. La maladie l’a obligé à retarder son départ mais rien que le fait de préparer un tel projet fait preuve d’un courage et d’une ambition, forçant l’admiration.
 
Un projet qui fait écho à Disraeli et rappelle que la vie doit être vécue intensément, même si on est malade, surtout si on est malade… « la vie est trop courte pour être petite »…
 
Alors si lui peut faire un tour du monde avec un équipage adéquat, pourquoi aurais-je peur de faire le tour de la Grande-Bretagne avec une vraie équipe d’amis, très compétente en voile, capable de prendre les commandes de Xhosa à n’importe quel moment?
 
Et la décision fut prise…
 
Il ne restait plus qu’à convaincre les médecins…
 
Et ce fut beaucoup plus facile que je ne le pensais. Le projet étant avec un équipage expérimenté, les médecins n’y ont vu qu’un moyen de booster mon moral et ont même spontanément ajusté mes cycles de chimiothérapie pour que ce soit plus simple à réaliser!
 
Départ maintenu donc le 24 mai!
 
La fin dans le prochain billet…
   
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