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Monthly Archives: juin 2015

La suite du tour…

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La suite du tour s’organise en deux phases :
 
D’une part une descente tranquille de Oban jusqu’à Dublin. Une distance théorique de 250 milles environ que nous comptons faire en 6 à 8 étapes pas trop longues. L’idée est vraiment de faire du cabotage et de profiter des paysages de Islay, du SW de l’Ecosse et de l’Irlande du Nord…
 
Nous serons 4 à bord: 2 couples… Xhosa a beau être “femmes admises”, j’ai remarqué que les longues étapes de plusieurs jours ont plus tendance à attirer des hommes… On m’a également rapporté que pas mal d’épouses de tour-du-mondistes évitent les traversées océaniques qu’elles font plutôt en avion, en laissant leurs maris trouver des équipiers (hommes) pour amener le bateau sur le continent suivant…
 
Les étapes courtes de ces deux semaines ont semblé parfaites à ces dames, que je me réjouis d’avoir à bord…
 
Ensuite, à partir de Dublin, nous nous mettrons en mode « retour à la maison » et naviguerons de nouveau jour et nuit. Il est néanmoins probable que nous ferons un ou deux arrêts, peut-être après des navigations de 36 heures, afin de permettre à l’équipage de se reposer, surtout si les conditions devaient être difficiles ou peu agréables…
 
Pour cette étape, nous serons 5 à bord… 5 hommes… En ligne avec ma théorie… Mon frère M qui prépare une virée à Halifax au Canada, sur son J-42 Jade la semaine prochaine, va nous rejoindre de Boston la veille du départ… Avec un jetlag inévitable qui nous offrira un équipier désireux de faire des quarts en début de nuit plutôt qu’en fin de celles-ci…
 
En discutant des étapes possibles, M et moi nous sommes souvenus de notre croisière aux Scilly en 1979 sur notre Sangria et de la beauté de ces îles sauvages, baignées par le Gulf Stream. Très beau souvenir malgré le fait que notre retour des Scilly s’est fait dans la queue de la fameuse tempête de Fastnet (voir le billet en archives de février 2010: Fastnet … Rocher mythique, rocher magique, … rocher maudit?)…
 
Et ce souvenir a suffi pour ajouter St Mary’s à la liste des étapes possibles qui contenait déjà des ports comme Falmouth, Brighton ou Sovereign Harbour…
 
En pratique, le départ est prévu d’Oban vers le 12 juillet et celui de Dublin vers le 27. L’arrivée à Nieuport tournera probablement autour du 31 ou du 1er…
 
Je me suis également donné un peu de temps à Oban pour réparer quelques petits dégâts survenus lors des premières étapes. Rien de très grave mais des petites choses irritantes comme le néon de la cuisine ou (surtout) l’antenne GPS qui a décidé de se mettre en court-circuit après quelques heures de navigation, à cause, probablement, d’une corrosion quelque part dans le câble… Le petit GPS de secours connecté à l’ordinateur a fait l’affaire, mais cela fait perdre le lien vers les instruments Raymarine et la VHF, ce qui rend les choses moins facile, surtout dans des situations de rase-cailloux.
 
J’ai donc racheté une nouvelle antenne et un nouveau câble que j’installerai de façon simplifiée à Oban, en espérant faire re-fonctionner le GPS de base de Xhosa et retrouver toutes les données partout… Si la nouvelle configuration fonctionne, je pourrai alors repasser le câble correctement dans toutes les gaines, une fois de retour à Nieuport.
 
L’excitation commence à monter et l’envie de repartir augmente de jour en jour…
Avec les 800 milles déjà parcouru, il nous en reste environ 800 autres à faire… Nous sommes déjà à la moitié de notre périple… J’espère très fort que ma santé ne me jouera pas de mauvais tour d’ici à notre départ…
 
Je vous raconterai comment les choses se sont passées sur ce blog et posterai des messages sur twitter, comme d’habitude!
 
Bonnes vacances à tous ceux qui partent en juillet!
 

   
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Pause langoustines…

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Comme expliqué dans le billet précédent, la météo nous donnait une fenêtre de 72 heures pour rejoindre Oban à partir de Stromness. Ce qui nous obligeait à revoir le programme de cette navigation de 250 milles environ.

 

Initialement, j’avais planifié 4 étapes sans navigation de nuit : (1) Kinlochbervie tout d’abord, juste derrière le Cape Wrath, (2) Gairloch ensuite, (3) Inverie Bay près de Mallaig avec son pub considéré comme « le plus inaccessible » selon le Guinness Book, en troisième étape et (4) Oban pour terminer la semaine. C’était une façon de découvrir le NW de l’Ecosse tout en avançant rapidement.

 

Pour la petite histoire, j’ajoute un lien sur ce fameux pub : « The Old Forge » à Inverie Bay :

 

http://www.dailymail.co.uk/travel/article-2614297/Britains-remotest-pub-A-visit-The-Old-Forge-Knoydart-requires-18-mile-hike-mountain.html

 

Malheureusement, le retard pris à Stromness et l’annonce de nouveaux coups de vent pour la fin de la semaine nous ont obligés à accélérer le tempo et à diminuer la partie touristique de notre périple.

 

Et puisque nous devions partir de Stromness, vers 01h30 du matin, nous avons décidé de faire l’impasse sur Kinlochbervie et d‘aller directement à Gairloch, où nous pensions arriver vers 22h30…23h00, c’est-à-dire au moment du coucher du soleil, même si cet élément est moins important à ces latitudes où le soleil ne descend jamais très bas sous l’horizon. Au total une navigation de 130 milles environ.

 

Après une première demi journée très brumeuse et pluvieuse et un Cape Wrath, ni en colère, ni très spectaculaire car perdu dans les nuages et la pluie (comme le montre la photo ci-dessous), le ciel s’est éclairci graduellement et nous a offert une belle navigation entre l’Ecosse et les îles Hébrides, avec l’île de Skye apparaissant au loin dans le sud.

 

 

A l’arrivée à Gairloch, nous étions fatigués de notre (très) longue journée. Mais, à peine amarrés, j’ai vu E et S disparaître vers les bateaux de pêche qui venaient également de rentrer et nous ramener un sac plein de langoustines destinées à agrémenter le pique-nique du lendemain…

 

Mais ces langoustines avaient décidé de donner du fil à retordre à nos deux amis: le néon de la cuisine tout d’abord qui décide de ne plus fonctionner, après au moins 8 ans de loyaux services, au moment où ils en ont le plus besoin. Ce qui nous a donné le spectacle de deux cuistots armés de lampes frontales pour préparer le repas.
La bouteille de gaz ensuite qui a choisi la mi-cuisson pour arriver au bout de sa charge, interrompant la cuisson et imposant un changement de bouteille à 1 heure du matin…

 

Mais les efforts de E et S, pendant que le reste de l’équipage dormait de tout son soûl, ont été récompensés le lendemain par notre plaisir de dévorer ces bestioles toutes fraiches, avec une petite mayonnaise faite à l’huile de coude de S, le tout sous un beau soleil, au près, dans le Sound of Sleat !

 

 

 

 

Pour arriver à temps à Oban, le lendemain, nous sommes partis au petit jour de Gairloch (voir la photo ci-dessous) et avons malheureusement dû laisser tomber Inverie Bay et son Old Forge, qui, pourtant, semblait particulièrement intéressante à visiter…

 

 

Et c’est vers 3 heures du matin le jeudi que nous avons amarré Xhosa à Oban après une deuxième semaine sans encombre, quoique beaucoup plus rapide que prévue initialement…

 

En tout, jusqu’à Oban, la route théorique indiquait 768 milles et la trace nous dit que nous en avons faits 804. Du près, du bon plein et un tout petit peu de travers mais pas un seul mille de portant… Un peu comme si le vent avait tourné chaque fois que nous tournions un des coins de la Grande Bretagne… Le spi est donc resté dans son sac pendant les deux semaines…

 

Espérons que la suite compense un peu cette statistique et nous donne un peu de portant de temps en temps…

 

Et pour terminer quelques photos des paysages parcourus, histoire de vous donner un petit aperçu…

 


 

 

 

   

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A la recherche d’une fenêtre météo…

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Lorsque nous sommes partis de Nieuport, la météo était assez simple. Le vent était relativement faible au départ et devait se renforcer petit à petit au fur et à mesure que nous nous approchions des Orcades, mais sans jamais dépasser les limites du raisonnable… Bref, une météo ne créant pas vraiment de souci…

 

Mais voilà, à proximité de Peterhead, les prévisions ont commencé à devenir plus « limites » et les météorologues britanniques se sont mis à remonter leurs prévisions de bulletin en bulletin, jusqu’au niveau de tempête, ce qui nous a incité à faire une pause-météo à Peterhead et d’en profiter pour passer une bonne nuit complète…

 

Mais cette pause a coïncidé avec l’annonce d’une série de dépressions atlantiques sur l’ouest et le nord de l’Ecosse, rendant la suite de notre voyage beaucoup plus compliquée… D’autant plus qu’à 3 endroits différents – Pentland Firth, Hoy Sound et Sound of Sleat- nous avions des contraintes de courant très fortes, nous obligeant à passer à des moments bien précis et à condition que les vents ne soient ni trop forts, ni trop contraires aux courants…

 

Enfin, il fallait tenir compte des équipiers en transfert pour être sûrs qu’ils puissent prendre leurs avions comme prévu ou qu’ils atterissent là où nous étions…

 

Un vrai casse-tête météo, qui m’a fait un peu craindre à Peterhead de ne pas y arriver et de devoir aller à Oban par le canal Calédonien plutôt que par les Orcades…

 

Il y a deux ans, j’ai écrit un billet sur le routage en croisière côtière.

 

http://xhosa.blogs.voilesetvoiliers.com/2013/06/09/faut-il-croire-au-routage/

 

Dans ce billet, je mettais en garde contre une utilisation trop scientifique du routage qui aurait cherché à tirer plus de précision des données des fichiers Grib que ces données ne contiennent… Néanmoins, ma conclusion était que le routage donne des informations intéressantes à condition de les comprendre et d’en appréhender les limites. La trace entre Peterhead et Stromness en forme de banane montre bien l’impact du routage, avec ici comme objectif d’anticiper la rotation vers le nord du vent…

 

 

Cette année, j’ai utilisé le routage de Weather4D un peu différemment afin d’intégrer et de représenter toutes les contraintes définies par les passages difficiles. En mettant un waypoint aux endroits de passage critiques, où il y avait lieu de bien contrôler le timing et les vents, je pouvais facilement trouver le moment de passage idéal en faisant fluctuer, par itérations successives, l’heure de départ. Il suffisait ensuite de vérifier que le reste de la route était acceptable, en sachant que Weather4D intègre déjà certaines contraintes de vent et de vagues définies par l’utilisateur.

 

Et cela nous a permis de trouver les meilleures fenêtres météo, respectant toutes les contraintes…

 

Bien sûr, la variable principale étant l’heure de départ, nous avons eu un prix à payer…

 

Nous avons dû quitter Peterhead à 00h UTC, ce qui n’est pas le moment le plus agréable pour se lever et partir naviguer.

 

Et quelques jours plus tard, nous sommes sortis de Stromness à 01h30 UTC, juste après le passage du cœur d’une dépression, sous la pluie, afin de profiter au maximum de la fenêtre de 72 heures qui s’offrait à nous et nous assurer d’être au port à Oban avant le coup de vent suivant prévu pour le vendredi.

 

Et comme 72 heures ne suffisaient pas pour faire quatre étapes distinctes pour rejoindre Oban, nous avons également dû revoir nos plans et faire des étapes de 120 à 130 milles, très loin du cabotage tranquille imaginé à l’origine…

 

Mais ces concessions nous ont permis d’atteindre notre objectif et de faire le tour via les Orcades, durant un mois de mai 2015, considéré par les locaux comme un des plus mauvais de tous les temps…

 

Et comme les fichiers Grib se sont montrés assez justes globalement sur les 24 premières heures, le système a marché à merveille et nous a permis de passer aux 3 endroits critiques avec moins de 15 minutes d’écart par rapport à nos plans, malgré parfois une navigation de plus de 12 heures pour y arriver…

 

Enfin, comme l’outil permet d’afficher la position réelle du bateau par rapport à la position « routée », nous avons pu suivre notre avancement tout au long de la navigation et rester rassurés que nous serions à temps aux endroits critiques.

 

Bref une autre façon d’aborder le routage au travers de ses capacités à définir un timing précis plus que pour l’optimisation de la route à parcourir.

 

Et juste pour la beauté de la photo, je joins l’arrivée aux Orcades sous un puissant grain…

 

 

Je raconterai les étapes Stromness-Oban dans un prochain billet…

       

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Les Orcades

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Nous espérions pouvoir quitter les Orcades assez vite pour continuer notre périple et rejoindre Oban tranquillement avant le weekend prochain. Pour cela, le planning initial prévoyait un départ ce dimanche…
 
Mais les Orcades sont des îles exposées aux tempêtes atlantiques… Et l’image de la météo de ce lundi vous fera comprendre immédiatement pourquoi nous avons décidé de ne pas partir avant mardi…
 

 
Ce qui nous donne du temps pour découvrir plus avant la région.
 
Pour la petite histoire, les Orcades sont un ensemble d’îles, peuplées d’environ 24 000 habitants, dont Kirkwall et Stromness sont les principales villes. Elles semblent encore très agricoles, avec beaucoup de moutons et de vaches noires (Aberdeen Angus). Ces îles sont apparemment beaucoup moins riches que les Shetland car elles n’ont pas la même activité pétrolière que ces dernières.
 
Malgré son accent écossais très difficile à comprendre, nous avons eu une longue discussion avec Jason, un habitant de Kirkwall. Il nous indiquait la fierté des iliens à appartenir à l’Ecosse et le peu de velléité à faire des Orcades une île indépendante.
 
Les paysages ne laissent aucun doute, nous sommes bien très au nord. La lumière y est typique, surtout le soir avec la nuit qui ne s’installe jamais vraiment. En outre, la végétation ne trompe personne. En particulier, l’absence d’arbre est frappante et rend les paysages très “lisses”…
 
Je joins une photo faite à notre arrivée…
 

 
Nous avons profité de cet arrêt forcé pour découvrir la gastronomie locale, en visitant un excellent restaurant hier soir, le “Forevan”, en surplomb de la magnifique baie de Scapa Flow… Et nous avons terminé le diner par une analyse comparée des whiskys produits sur l’île…
 
J’aurais aimé poster plus de photos des paysages et de la lumière, d’autant plus que la latitude fait qu’il ne fait pratiquement jamais noir ici. Mais les télécommunications, tant le réseau cellulaire public que le wifi de la marina, ne sont pas très rapides… Ce sera pour un prochain billet…
 
Et puis le mauvais temps est arrivé, avec une forte pluie battante qui nous a rappelé pourquoi le réchauffement climtique a encore du travail avant que l’Ecosse ne soit considérée comme une destination exotique…
 
Alors notre créativité s’est à nouveau déplacée vers notre estomac avec une recette ramenée de Bologne par S, arrosée d’un Prosecco frais et d’une bonne bouteille de vin… Pas de raison de nous priver puisque nous ne pouvons quand même pas naviguer…
 
Et demain nous continuerons notre exploration des lieux en espérant pouvoir continuer notre tour de la Grande Bretagne mardi…
   

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