Le lac de Come en Italie possède une seule île : l’Isola Comacina. Cette île, aux dimensions très réduites (500 mètres sur 50 mètres), se trouve à une centaine de mètres du continent du côté de Sala et d’Ossuccio.
 
Elle a une histoire un peu particulière qui lui confère aujourd’hui un statut spécial. Elle fut, en effet, donnée par les Italiens en 1919 au roi belge Albert I, pour le remercier de la contribution de la Belgique durant la première guerre mondiale dans la plaine de l’Yser.
 
Un an plus tard, le roi décida de rendre l’île aux Italiens, en demandant qu’elle soit transformée en un lieu d’art belgo-italien. Cela amena la construction de trois résidences d’artistes en 1949, dont deux réservées à des artistes belges.
 
L’île a connu des hauts et des bas suivant sa capacité à débloquer des budgets publics pour l’entretien de ces résidences. Mais depuis quelques années, cet espace artistique fonctionne bien et l’Académie des Beaux-Arts de Milan, y organise régulièrement des expositions temporaires, appelées InterNatura : la mise en place d’installations de grande taille en harmonie avec l’histoire de l’île, intégrées et respectueuses de la nature.
 
Cette année, les installations ont été confiées à plusieurs artistes de Milan ainsi qu’à 5 artistes belges terminant leurs études à l’Académie Royales des Beaux-arts de Bruxelles. D a été choisie pour y faire une installation monumentale en bambou et cordage, de la même inspiration que celle qu’elle a faite à Ath récemment.
 
Bien sûr, la configuration des lieux étant totalement différente, il fallait adapter fondamentalement le projet. L’île possède, malgré sa petite taille, cinq églises, dont la plupart, très anciennes, sont plutôt des ruines archéologiques dont il ne reste que des pierres au niveau du sol. Dès lors, D décida de construire un échafaudage en bambou, de la forme d’un chœur, qui représenterait, de façon assez déstructurée, le début d’une sixième église, en construction, parmi les ruines présentes.
 
Beaucoup de matériel à transporter, avec, en particulier, les bambous assez longs et encombrants. Nous étions tous convaincus que tout était réglé pour le transport du matériel sur les 100 mètres entre la berge et l’île, sur laquelle les voitures et camionnettes ne sont pas autorisées.
 
Hélas, un malentendu entre Milan et Bruxelles fit que chacun avait cru comprendre que l’autre avait organisé le transfert et, au final, rien n’était prévu. Après quelques heures de recherche et de discussion, un petit bateau a accepté de faire le transport de tout sauf des bambous, trop longs, que les jeunes ont fait traverser à la nage par paquets de vingt. Une bonne façon pour eux de se rafraichir sous les 35° du soleil brûlant et de résoudre le seul problème restant! Heureusement que le bambou flotte et résiste bien à l’eau…
 
Nous avons alors pu commencer le montage qui s’est déroulé sans imprévu et s‘est terminé comme convenu deux jours plus tard, veille du vernissage, riche en personnalités du monde artistique local et milanais.
 
Je joins quelques photos des cinq installations belges, sachant que pour se faire une vraie idée de ce que cela donne, il faut aller sur place avant le démontage fin septembre…
 
Le Choeur (en construction)
 
Le Choeur
 
ADN
 
Metamorphosis
 
Terra
 
Eau-Delà
 
 
 
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