Comme nous ne devions pas changer d’équipage à la fin de la troisième semaine, nous avons utilisé le temps gagné pour visiter plus en profondeur cette partie de l’Irlande. Je vous ai déjà parlé dans un billet précédent de nos étapes depuis Oban jusqu’à Bangor. Ce billet-ci se focalisera, dès lors, sur la suite de la descente le long de l’Irlande, qui s’est poursuivie calmement et sans problème en direction de Dublin.

 

L’objectif étant d’arriver le jeudi à Dublin, nous avons décidé de nous arrêter à Ardglass, puis à Carlingford avant de rejoindre la presqu’île de Howth à proximité de Dublin.

 

Ardglass est un très joli port, qui a encore une importante flottille de bateaux de pêche. Nous y avons passé trois jours à cause des conditions météo un peu difficiles nous obligeant à retarder notre départ. La ville (ou plutôt le village) offre peu d’attrait mais les paysages autour du port sont superbes. Comme souvent en Irlande ou en Ecosse, Ardglass a un terrain de golf en bord de mer, qui offre un superbe contraste entre rochers sauvages, d’une part, et greens parfaitement tondus, de l’autre…

 

Ardglass est présenté dans les guides nautiques comme un port accessible à tout moment. C’est probablement vrai même si la vue du port à marée basse, qui rappelle les paysages de la Bretagne Nord, fait un peu peur à quiconque a un grand tirant d’eau… Nous avons d’ailleurs décidé d’avancer notre départ de deux heures pour éviter de le quitter au plus bas de la marée… L’entrée du port, simple en réalité, paraît compliquée lors de l’approche, à cause de bouées latérales qui donnent l’impression, vues de loin, que le chenal se présente autrement. Nous avons d’ailleurs pu observer un bateau allemand s’échouer légèrement, en passant, il faut bien le dire, du mauvais côté d’une bouée cardinale…

 

Même si le port de pêche a vu son nombre de bateaux diminuer fortement, il semble toujours bien fonctionner, avec des mouvements entrant et sortant fréquents, ce qui fait le bonheur de quelques phoques qui ont élu domicile dans le port. Il s’y prélassent tranquillement, en attendant le repas suivant: les déchets de poisson rejetés par les pêcheurs…

 

D’ardglass nous sommes partis en direction de Carlingford. Cette marina se trouve sur la berge sud du Carlinford Lough, sorte de fjord à l’embouchure de la Newry River. Cette rivière représente la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, ce qui a fait, de cette étape, notre transition entre le Royaume-Uni et l’Irlande.

 

Les courants sont assez intéressants dans cette partie. Lors du flot, l’eau arrive de l’Atlantique, et contourne l’Irlande par le nord et par le sud, et ces deux flux d’eau se rejoignent, en s’opposant, aux environs de Carlingford. Cela donne comme résultat une absence totale de courant à cet endroit en mer malgré un marnage pouvant atteindre 5 mètres en vives-eaux. Ce marnage provoque alors de sérieux courants dans le Lough lui-même, ce qui impose de bien choisir le moment d’y naviguer.

 

La marina de Carlingford n’a rien de particulier. Elle semble vouloir de se développer avec un grand projet d’immeubles d’habitation et une extension du nombre de places dans le port, malgré que celui-ci ne semblait pas du tout bondé. De ce que nous avons pu voir, ces projets n’ont pas vraiment l’air de se concrétiser. La crise peut-être…
Par contre, la ville elle-même semble très active et attirer beaucoup de vacanciers et de touristes. C’est d’ailleurs, depuis notre départ d’Oban, la première fois que nous voyons un endroit de villégiature qui semble vraiment avoir du succès.

 
Carlingford est aussi présentée comme un centre important d’élevage d’huitres. Apparemment, les conditions spécifiques du Lough le rendrait particulièrement approprié à l’ostréiculture. N’étant pas des fanatiques des huitres, nous n’avons pas fait d’analyse comparée afin de déterminer si elles sont à la hauteur de leur réputation…
 

Enfin, après une nuit à Carlingford, nous sommes partis pour arriver à la presqu’île d’Howth, à proximité de Dublin, le jeudi soir. Nous voulions arriver avant le weekend pour avoir le temps de remettre la bateau en ordre avant le changement d’équipage du weekend… Ce fut une jolie navigation dans des vents assez calmes et, bien entendu, de face… Ce qui signifie que, à l’exception de la sortie du Lough, sur les quatre semaines de navigation depuis le départ de Nieuport, nous n’avons toujours pas eu de vent portant… Mais, ici, mieux vaut ne pas nous plaindre car, vu la faiblesse du vent, le près nous a permis de bien avancer à la voile…

 

Howth Marina est grande et très bien équipée. Elle est bien située en bord de mer d’Irlande et semble dynamique avec un club très actif en régates. Elle se trouve au coeur de la ville de Howth, attirant beaucoup de monde, surtout le weekend. Les locaux nous ont présenté cette presqu’île comme l’endroit côtier huppé de Dublin et cela ne nous a pas étonné, au vu des bateaux, des aménagements, du style du yacht-club et de la taille de son bar…
Un endroit idéal donc pour y passer quelques jours, changer d’équipage et préparer le bateau pour la navigation finale vers Nieuport…

 
Comme chaque fois, j’ajoute la trace de Nieuport à Howth:
 

 
 
J’attache également quelques photos:
 
L’accès à la marina de Ardglass avec ses rochers, ses hauts-fonds et son balisage pas toujours facile… Il faut aussi imaginer la vue du chenal à marée basse: le poteau latéral vert (troisième photo) a son pied à sec sur un rocher…
 
Une vue également du golf et de son club-house.
 

 

 

 

  
La flotille de pêche de Ardglass avec ses phoques paresseux et gourmands… Sous une bruine pas très agréable…
 


 

 

 

 
 
Carlingford et son vieux bateau en ciment, indispensable pour passer des pontons à la terre ferme, et le premier immeuble neuf à l’arrière-plan.
 

 
Le phare de Rockabill, premier signe tangible de l’approche de Dublin et de la fin du quatrième segment de notre tour…
 


 
    
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