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Monthly Archives: septembre 2015

La bibliothèque de Xhosa

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Juste avant de quitter Nieuport, ma soeur m’a envoyé 3 livres pour compléter la bibliothèque de Xhosa. Il s’agissait de la trilogie de Peter May, qu’elle trouvait particulièrement adaptée à notre périple: “L’île des chasseurs d’oiseaux, L’homme de Lewis et Le braconnier du lac perdu”.

 

L’histoire de ces trois livres se déroule aux îles Hébrides. Tous trois reflètent extrêmement bien l’ambiance écossaise de ces îles isolées au climat difficile. Ce sont des livres policiers, dont le personnage principal est un policier ayant vécu son enfance aux Hébrides, qu’il a quittées pour s’installer à Glasgow lors de ses études.
Une vingtaine d’années plus tard, suite à la perte de son fils, il retourne aux Hébrides à l’occasion d’un meurtre à élucider et décide d’y rester.

 

J’ai trouvé intéressant le fait que ces trois livres ne se contentent pas de raconter une histoire policière mais combinent chaque fois l’intrigue à résoudre avec le vécu de l’inspecteur, aux Hébrides, lorsqu’il était jeune. Cela donne une image intéressante de la vie dans ces îles isolées, particulièrement exposées aux éléments.

 

J’ai aimé et je n’ai pas été le seul, vu le nombre d’équipiers qui les ont dévorés pendant les quarts. Au point que je me suis demandé si la veille se faisait réellement! Je joins quelques photos ci-dessous montrant la concentration des lecteurs…

 

Un autre livre est arrivé également à bord, avec beaucoup de succès également: “Je suis Pilgrim de Terry Hayes”. Rien à voir avec la voile ou l’Ecosse puisqu’il s’agit d’un thriller racontant la poursuite d’un terroriste qui prépare un attentat bactériologique à perpétrer aux Etats-Unis. Un livre à ne pas commencer le soir car on a une fâcheuse tendance à ne pas s’arrêter avant la dernière page…

 

Bien sûr, outre ces 4 livres, j’ai toujours à bord, sur mon ipad, tous les livres Kindle et iBooks achetés au cours des années. D et moi n’achetons pratiquement plus jamais de livres papier, ce qui fait que notre bibliothèque électronique commence à compter pas mal de titres.

 

Pourtant, nous ne l’avons pas beaucoup utilisée en mer et la principale raison est qu’il est impossible de prêter un livre électronique. Je ne souhaite pas que l’équipage utilise mon ipad comme outil de lecture parce que je l’emploie en navigation et je tiens à ce qu’il reste disponible et le plus chargé possible. Mais malgré le fait que chaque équipier disposait d’un iphone ou d’un ipad personnel, je ne pouvais pas leur prêter de livre. Et même le regroupement familial lancé par Apple ne répond que très partiellement à ce besoin.

 

Je trouve cela dommage car j’aimerais pouvoir prêter un nombre limité de livres électroniques, pour une période fixée, à des emprunteurs qui, j’en suis sûr, seraient prêts à payer quelque chose pour couvrir les charges encourues par Amazon ou tout autre e-librairie… On aurait enfin un système où on saurait à tout moment à qui on a prêté un livre et où les livres reviendraient automatiquement dans la bibliothèque à la fin du prêt! Tout cela dans une bibliothèque électronique sans contrainte de volume et qu’il ne faut jamais dépoussiérer!

 

Si l’un d’entre-vous travaille chez Amazon, voilà un idée qu’ils ont sûrement déjà eue et qui, je pense, pourrait accélérer la passage vers le numérique, d’autant plus qu’ils semblent déjà vendre des livres (papier) d’occasion. Moi, je serais sûrement intéressé d’utiliser le service…

 

Et si l’un d’entre-vous travaille dans une autre librairie, c’est peut-être un moyen de se différencier d’Amazon et de gagner de la part de marché? Avec peut-être également un abonnement spécial pour des médiathèques, qui vont certainement souffrir de plus en plus des développements sur internet et du vieillissement de la population…

  

     

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De Dublin à Nieuport

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Il ne me reste plus qu’à vous raconter la dernière étape de notre tour de la Grande-Bretagne. Il s’agissait de rentrer, sans escale, de Dublin jusqu’à Nieuport. 540 milles en tout, dont 200 vers le sud en mer d’Irlande pour rejoindre Land’s End et 340 ensuite, dans l’est, le long de la côte sud de l’Angleterre vers le Pas de Calais, la France du nord et la Belgique.

 

Une navigation sans grande difficulté, à part, peut-être, la traversée de la mer d’Irlande qui exigeait une fenêtre météo sereine pendant 36 heures. Ensuite, le grand nombre de ports et d’abris en Manche permettait de gérer à peu près n’importe quel temps.

 

Nous étions à quatre sur Xhosa. Quatre hommes. JL et moi, qui étions déjà à bord, et F. et M. qui nous ont rejoints à Dublin. L’objectif était de partir le lundi matin mais la météo en a décidé autrement. Le passage de deux fronts en mer d’Irlande nous a obligé à le retarder de 24 heures.

 

Nous sommes donc partis le mardi matin à l’arrière du front, dans un vent encore assez fort, avec des grains orageux, de belles averses mémorables et une belle houle de l’Atlantique… Mais pour la première fois depuis le départ, nous avons eu du vent portant, ce qui nous a permis d’avancer à belle allure.

 

Après les premières 24 heures, le temps s’est amélioré, la mer s’est calmée et un beau soleil généreux a fait son apparition, si bien que les deuxième et troisième jours ont été extrêmement agréables: au portant avec suffisamment de vent, mais pas trop, sous un beau ciel sans nuage!

 

Ce n’est qu’à partir de Beachy Head que les choses se sont un peu compliquées, puisque le vent à décidé de tourner et de s’orienter parfaitement de face nous obligeant à tirer des bords contre le courant, en période de vives-eaux. Le VMC en a pris un sérieux coup et est même devenu négatif par moments devant Calais…

 

Ce dernier jour a d’ailleurs sérieusement impacté la moyenne qui est passée de plus de 7 noeuds à l’Ile de Wight à 6.3 à Nieuport à l’arrivée dans la nuit de vendredi à samedi…

 

J’ai vraiment aimé cette dernière étape. Parce qu’elle fut une très belle navigation sous le soleil mais aussi parce qu’elle représentait la fin du tour de la Grande Bretagne et signifiait la réussite du projet. On avait réussi à le boucler dans le timing prévu, 5 semaines, sans gros problème, ni accident, malgré une météo pas toujours sympathique…

 

Y repenser me donne envie de remercier, une fois de plus, tous les équipiers et les amis qui m’ont permis de réaliser ce tour et qui m’ont supporté à bord pendant ces 5 semaines!

 

Quelques photos:

 

Les arcs-en-ciel des grains du premier jour… On n’a pas photographié les pluies diluviennes…

 

 

Le troisième coin: Land’s End! La boucle est presque bouclée…
 

            

La lune est pleine… Les courants seront forts dans le Pas-de-Calais… Mais, nous avons bien profité de la pause spi avant le retour du près et du louvoyage…

 

 

Et, à l’arrivée, une Guinness, faute d’avoir trouvé du champagne à Nieuport à 3 heures du matin…

 

    

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Mais où partent les poissons?

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Vous avez déjà probablement pu remarquer que la qualité de la nourriture à bord de Xhosa, cette année, a représenté un investissement en temps et en énergie, humaine et butagaz, plus important que les autres années.

 

Nous étions donc en permanence à l’affût d’aliments locaux de qualité avec un accent fort, vu la région, sur le poisson et les crustacés…

 

Mais voilà, malgré le nombre de bateaux de pêche croisés dans les ports, la quantité de paniers à crustacés que nous avons dû éviter en mer, la fréquence à laquelle nous avons vu des fermes à poisson, nous n’avons pratiquement trouvé aucune poissonnerie depuis les Orcades jusqu’au Nord de Dublin, à l’exception d’une toute petite à Ballycastle.

 

Faute de poissonneries, nous nous sommes rabattus sur les supermarchés, qui étaient également très pauvres en poissons et où il fallait se contenter de surgelés ou de la version locale du Capitaine Igloo…

 

Même dans les restaurants, le poisson recevait rarement une place de choix, à part, peut-être, les traditionnels Fish&Chips, perdus entre nuggets de poulet et autres. Avec quelques exceptions notables comme à Islay ou à Carlingford…

 

Ce n’est qu’à Howth que nous avons enfin eu un vrai choix, dont nous avons d’ailleurs bien profité!

 

Alors, où partent tous ces poissons et crustacés qui font partie du paysage de cette région?

 

La meilleure explication que nous ayons trouvée est double.

 

D’une part, l’ensemble de la pêche semble être directement enlevée au port par des sociétés dont la portée géographique, tant du côté achat que du côté distribution, dépasse largement n’importe quel port individuel. Ils peuvent alors choisir de distribuer le poisson là où la demande est forte et où il peut se vendre plus cher, quitte à le transporter sur grande distance. A titre d’exemple, nous avons vu à Islay, un très grand camion, immatriculé en Espagne, équipé de grands aquariums, chargeant pendant des heures des homards écossais. On peut supposer que ces homards seront vendus 3000 km plus loin.

 

A Howth aussi, les bateaux vidaient leur cargaisons directement dans des camions de sociétés, couvrant une zone géographique de distribution beaucoup plus large que la ville…

 

Le temps de criées au poisson locales semble donc bien révolu…

 

D’autre part, en complément à cette distribution centralisée, l’absence de tourisme dans la zone que nous avons explorée explique peut-être aussi cette absence de poissonnerie. Il existe probablement une sorte de filière parallèle où les gens partent pêcher eux-mêmes pour leurs propres besoins et revendent peut-être l’excédent à leurs voisins quand la pêche a été trop bonne…

 

Cette absence de poisson a été un grande déception pour nous qui rêvions de plateaux de fruits de mer. Heureusement que Howth nous a permis de compenser cette frustration. Nous y avons enfin trouvé les crustacés, qui avaient l’air également particulièrement heureux de nous voir, comme en témoigne la photo ci-dessous…

  


   

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