Vous avez déjà probablement pu remarquer que la qualité de la nourriture à bord de Xhosa, cette année, a représenté un investissement en temps et en énergie, humaine et butagaz, plus important que les autres années.

 

Nous étions donc en permanence à l’affût d’aliments locaux de qualité avec un accent fort, vu la région, sur le poisson et les crustacés…

 

Mais voilà, malgré le nombre de bateaux de pêche croisés dans les ports, la quantité de paniers à crustacés que nous avons dû éviter en mer, la fréquence à laquelle nous avons vu des fermes à poisson, nous n’avons pratiquement trouvé aucune poissonnerie depuis les Orcades jusqu’au Nord de Dublin, à l’exception d’une toute petite à Ballycastle.

 

Faute de poissonneries, nous nous sommes rabattus sur les supermarchés, qui étaient également très pauvres en poissons et où il fallait se contenter de surgelés ou de la version locale du Capitaine Igloo…

 

Même dans les restaurants, le poisson recevait rarement une place de choix, à part, peut-être, les traditionnels Fish&Chips, perdus entre nuggets de poulet et autres. Avec quelques exceptions notables comme à Islay ou à Carlingford…

 

Ce n’est qu’à Howth que nous avons enfin eu un vrai choix, dont nous avons d’ailleurs bien profité!

 

Alors, où partent tous ces poissons et crustacés qui font partie du paysage de cette région?

 

La meilleure explication que nous ayons trouvée est double.

 

D’une part, l’ensemble de la pêche semble être directement enlevée au port par des sociétés dont la portée géographique, tant du côté achat que du côté distribution, dépasse largement n’importe quel port individuel. Ils peuvent alors choisir de distribuer le poisson là où la demande est forte et où il peut se vendre plus cher, quitte à le transporter sur grande distance. A titre d’exemple, nous avons vu à Islay, un très grand camion, immatriculé en Espagne, équipé de grands aquariums, chargeant pendant des heures des homards écossais. On peut supposer que ces homards seront vendus 3000 km plus loin.

 

A Howth aussi, les bateaux vidaient leur cargaisons directement dans des camions de sociétés, couvrant une zone géographique de distribution beaucoup plus large que la ville…

 

Le temps de criées au poisson locales semble donc bien révolu…

 

D’autre part, en complément à cette distribution centralisée, l’absence de tourisme dans la zone que nous avons explorée explique peut-être aussi cette absence de poissonnerie. Il existe probablement une sorte de filière parallèle où les gens partent pêcher eux-mêmes pour leurs propres besoins et revendent peut-être l’excédent à leurs voisins quand la pêche a été trop bonne…

 

Cette absence de poisson a été un grande déception pour nous qui rêvions de plateaux de fruits de mer. Heureusement que Howth nous a permis de compenser cette frustration. Nous y avons enfin trouvé les crustacés, qui avaient l’air également particulièrement heureux de nous voir, comme en témoigne la photo ci-dessous…

  


   

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