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Il était une fois l’été 2011…

Par xhosa

 Depuis quelques jours, la météo du weekend est très bonne… On nous annonce du grand beau temps… En tout cas pour samedi… Sauf peut-être le soir et la nuit qui pourraient subir pluie et orages…

 

Nous sommes à la mer et le temps n’est vraiment pas génial… Même samedi… Il fait chaud, très humide et le soleil se cache derrière une couche de nuages… La mer a une couleur vert émeraude, signe avant-coureur de pluie, et les nuages à l’horizon sont très menaçants… Nous nous sentons plus dans la prolongation de l’été pourri qu’au début de l’été indien calme et agréable, dont nous rêvions tous pour septembre…

 

Mais l’été 2011 était-il vraiment pourri? Plusieurs avis récents, dans les médias, de météorologues semblaient indiquer que les spécialistes n’y voyaient rien d’anormal. Alors, j’ai fait quelques recherches dans les statistiques belges de juillet et d’août 2011 pour voir si les chiffres confirmaient ou non nos impressions…

 

Premier principe: en été, il fait chaud.

Sur les 30 dernières années, aux mois de juillet et d’août, il y a eu, en moyenne, 17.5 jours dits «d’été» – c’est-à-dire avec une température maximum supérieure à 25°C – et 3.3 jours de canicule, c’est-à-dire avec une température maximum dépassant les 30°C. Cette année, nous n’avons que 7 jours d’été et 1.5 jours de canicule! Avec seulement 40% de la moyenne, ce premier principe n’a clairement pas été respecté!

 

Deuxième principe: en été, il y a du soleil.

Les statistiques indiquent que le nombre d’heures d’insolation (au moins 120 watt/m2), atteint, en moyenne, 390.6 heures en juillet et août. Et la réalité 2011 fut de 284.7 heures seulement! Avec 30% de moins que la norme, voilà un autre principe qui a été violé cette année…

 

Troisième principe: en été, il ne pleut pas.

Deux statistiques utiles ici: le nombre de jours où il y a eu de la pluie et la quantité d’eau qui est tombée. Avec 42 jours de pluie (sur 62 jours en tout), à comparer à une moyenne sur 30 ans de 29 jours, nous avons tous utilisé notre parapluie beaucoup plus souvent qu’à l’ordinaire… D’autant plus qu’il est tombé 245 mm d’eau cette année, à comparer aux 153 mm de la moyenne. 60 à 70% de pluie en plus (en trop!)… Le troisième principe tombe également…

 

Quatrième principe: en été, la pression atmosphérique est élevée.

Et là aussi, la moyenne 2011 de 1013.5 hPa est très inférieure à la norme de 1016.1…

 

0 sur 4… L’été a eu tout faux… Vraiment pourri, cette année!

 

Une note d’optimisme néanmoins à relever des statistiques: le nombre de jours de gel et de neige était à 0 en juillet et en août, parfaitement en ligne avec la moyenne de long terme…

 

 

 

 

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Millenium

Par xhosa

 Bon d’accord, la trilogie Millenium, écrite par Stieg Larsson, n’a aucun rapport avec la voile, à l’exception de cette maigre et unique référence au voilier d’Erika et de son mari…

 

Bon d’accord, Millenium n’a aucun rapport avec la mer, hormis les quelques maisons et "cabanes" situées magnifiquement en bord de mer, ce qui est probablement assez fréquent en Suède, vu la longueur des côtes et le nombre d’îles…

 

Bon d’accord, Millenium ne milite pas pour une vraie lutte contre le réchauffement climatique ou pour tenter de changer les comportements «énergétiques» des gens… Les combats de Stieg Larsson sont plutôt la corruption, le fascisme ou les inégalités hommes-femmes…

 

Bon d’accord, Millenium n’est même pas une nouveauté qui vient de sortir, puisque sa publication a commencé en juillet 2005… Juste après le décès de l’auteur, dont le succès ne sera qu’à titre posthume…

 

Bon d’accord, le monde entier a probablement déjà lu ces romans, dont 30 millions d’exemplaires ont été vendus en 5 ans… Ventes qui auraient pu atteindre des niveaux vertigineux si Stieg Larsson avait eu l’opportunité d’écrire les 7 volumes suivants qu’il projetait…

 

Donc, absolument aucune raison que j’en parle dans ce blog…

 

Mais voilà, je viens de dévorer les 3 volumes, sans arriver à en lever le nez… Et j’ai adoré ce mélange de suspense, action, énigme policière, complot, … sous un angle très romantique…

 

Millenium est à mettre assurément dans la bibliothèque du bord, pour les moments plus calmes en navigation… Idéalement, sous format électronique pour éviter le poids de trois livres très gros…

Mais, attention, il sera difficile de les lâcher lorsque l’heure sera venue d’aller prendre son quart…

 

 

 

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L’iPad en mer… Revisité…

Par xhosa

 L’année passée, j’ai écrit un billet donnant nos premières impressions au sujet de l’iPad que D. venait d’acheter. Nous l’avions utilisé pour notre aller-retour à Londres et il s’était avéré très utile, en particulier, comme écran déporté dans le cockpit, lors de la remontée de la Tamise.

 

Cette année, c’est donc avec nos 2 iPads que nous sommes partis en croisière. L’occasion de tester les outils dans des conditions plus difficiles et sur une distance plus longue. Et ce fut la confirmation de ce que nous savions déjà… Cela marche très bien!

iNavX, le logiciel de navigation sur l’iPad, est écrit par la même société que MacEnc, le logiciel que nous employons sur le MacBook du bord, ce qui rend les menus et les façons de faire totalement similaires. Et la possibilité de mise en réseau, par wifi, permet de transférer l’ensemble des données (navigation, AIS, waypoints ou routes) facilement entre les appareils.

 

Les iPads ont donc très bien rempli leur rôle d’écran déporté, même dans des conditions très mauvaises, grâce à la pochette étanche. Il faudrait probablement dire «surtout» dans les conditions grises et pluvieuses car le principal défaut de l’appareil est que la lisibilité de l’écran n’est vraiment pas bonne en plein soleil…

 

Nous avons des modèles avec GPS intégré, ce qui rend les iPads totalement autonomes en cas de problème avec l’électronique du bord et cela nous a bien servi quand le multiplexeur a décidé de ne plus fonctionner correctement… L’iPad a pris la main jusqu’à ce que le flux de données soit rétabli…

 

Une précaution à prendre cependant: il est très tentant de garder l’iPad à coté de la roue… Mais pas trop près du compas de route! Sur Xhosa, je l’avais rangé dans un sac à côté du compas, où il provoquait une déviation de plus de 30°…

 

C’est donc un vrai outil de navigation… Mais c’est aussi beaucoup plus…

 

Pour la météo, il permet d’acquérir très facilement les fichiers GRIB (via internet et donc à terre) par des applications comme «Weather4D» (qui est fabuleuse), puis de suivre au fur et à mesure de l’avancement si les données réelles correspondent bien aux prévisions. L’app «HFWeatherFax» permet de transformer, n’importe où en mer, le signal d’une simple petite radio (avec blu) en fax météo, ce qui donne l’accès aux cartes synoptiques émises par les grands centres météorologiques. Et «RecorderHD» permet d’enregistrer et de réécouter les bulletins météos, qui ont la fâcheuse tendance d’être dictés très vite…

 

Et si les américains venaient à brouiller le signal GPS? Pas de problème! On ressort le sextant et … l’iPad!

«Célestial» donne les éphémérides et fait tous les calculs, y compris les déplacements entre plusieurs visées… Et «Stellarium» décode le ciel pour faciliter l’identification des planètes et des étoiles. La navigation astronomique devient véritablement un jeu puisque la partie longue et fastidieuse (les calculs) est prise en main par l’iPad… Il ne manque qu’une application de calcul d’orthodromie pour être parfaitement équipé…

 

En parlant de jeux… Toutes les autres fonctions de l’iPad ne disparaissent pas en mer… Les livres électroniques, les musiques, les vidéos, les jeux… sont à bord sans générer de poids supplémentaire ni d’effort de matossage… Il faudrait juste que les maisons d’édition françaises fassent le pas vers les livres électroniques, avant que tout le monde ne s’habitue à télécharger des livres «pirates»…

 

Et nous avons tous nos aide-mémoires pour les courants ou pour une entrée de port (à quand le Reeds online pour iPad?) ou simplement la liste de travaux ou de choses à vérifier… Ils deviennent disponibles à tout moment dans un endroit bien rangé et toujours accessible… Dactylographiés et faciles à trier…

 

Enfin, l’iPad est utile au port par l’accessibilité qu’il donne à l’internet pour un poids faible et une transportabilité élevée… Je l’avais dans mon sac à dos lors de notre marche vers Compostelle, histoire de garder le contact (et d’avoir Google Maps au cas où nous nous perdions)…

 

Donc, un an plus tard, l’iPad a, de nouveau, prouvé son utilité à bord… Avec une très grande flexibilité, permettant à chacun de l’inscrire dans ses propres habitudes…

 

Et pour ceux que cela intéresse, le site de Francis Fustier est une véritable mine d’or pour tout ce qui concerne la navigation «Apple»:

 

Site:  http://www.francis-fustier.fr/navigation.html

Blog:  http://blog.francis-fustier.fr/

Twitter: @NavigationMAC

 

 

 

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Escale à Brest

Par xhosa

 Quand j’ai commencé à dire à mon entourage que nous envisagions une escale à Brest, lors de la remontée de la Corogne à Nieuport, tout le monde a essayé de me convaincre de choisir une autre escale… Un premier ami me recommande d’aller jusqu’aux Scilly… Un autre me suggère Camaret… Un troisième me dit que l’île d’Ouessant  serait bien mieux… Une amie, originaire de Brest pourtant, se contente de me dire que c’est une ville horrible…

 

Malgré tous ces avis, je n’ai pas changé les plans… Parfois, ma famille prétend que je suis têtu… Brest est une grande ville avec plusieurs grandes marinas et, surtout, une gare TGV qui permet de facilement faire les changements d’équipiers… Sans parler des courses ou des réparations éventuelles à prévoir…

 

Alors quand nous arrivons à proximité, après 48 heures de navigation dans le Golfe de Gascogne, nous nous attendons au pire… Mais le soleil brille et nous sommes subjugués par la beauté de l’entrée dans le goulet…

 

Nous remontons jusqu’à la rade et nous installons calmement à la Marina du Château, où la place ne semble pas être une denrée rare… Proche de la ville et de la gare… Des gens très relax et sympas à la capitainerie… Seul point négatif, les toilettes et douches flottantes, peu nombreuses, pas très pratiques et pas vraiment en harmonie avec le reste de la marina…

 

Nous partons nous balader pour découvrir le centre. En haut des remparts, le château… Nous nous retournons et la vue sur la rade est prodigieuse… Nous nous mettons à rêver d’une vie où nous travaillons en bord de mer et où nous partons naviguer, après le travail, dans cette anse bien protégée…

 

De notre petit tour en ville, nous devons bien reconnaître que la ville elle-même et son architecture ne sont pas spécialement belles; tout a été reconstruit de façon fonctionnelle après les bombardements de la dernière guerre…   Mais rien n’est choquant de laideur non plus…

 

Avec un peu de recul, ce qui nous a frappé le plus, c’est la gentillesse des gens… A la capitainerie ou au restaurant… Ou ces gens croisés en rue, à qui nous demandons notre chemin pour une grande surface et qui, spontanément, nous proposent de nous y conduire en voiture…

 

Une anecdote bien agréable concerne la réparation du pilote, qui est tombé en panne pendant la traversée du golfe… A notre arrivée, nous appelons SEN à Brest vers 17 heures. Moins de 30 minutes plus tard, un technicien est à bord et le lendemain, à 10 heures du matin, tout re-fonctionne! Difficile d’être plus efficace!

 

Il est certain que l’on peut trouver des dizaines d’anses ou de criques plus belles que Brest pour un mouillage sauvage en Bretagne, mais notre escale de 48 heures nous a parfaitement convenu! 

 

 

 

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Notre contribution pour réduire la piraterie…

Par xhosa

 La piraterie qui sévit au large de la Somalie n’est peut être pas juste une fatalité due à sa proximité avec l’entrée de la mer rouge… Elle est probablement le résultat de 20 ans d’évolution politique en Somalie… Ce pays est, en effet, aujourd’hui dirigé par un gouvernement très faible et est en proie, depuis des années, à une guerre civile… A cela s’ajoute la très grande pauvreté de sa population et une famine sans précédent…

 

Pourtant la Somalie avait tout pour réussir avec une excellente position géographique permettant de prendre une position forte dans le commerce mondial, des ressources naturelles (minerais et pétrole) pas encore exploitées, une seule langue, une seule religion…

 

Alors pourquoi tout ce gâchis aujourd’hui? Le résultat semble découler, entre autres, de l’échec de l’occident, des Etats-Unis et de l’ONU à permettre à la Somalie d’éviter de sombrer dans un chaos de plus en plus profond. Désintérêt pour ce qui se passe là-bas ou théorie du complot visant un affaiblissement organisé du pays?  Chacun choisira son camp…

 

Le lien internet ci-dessous est clairement dans le deuxième camp… Bien sûr, il représente vraisemblablement une vue biaisée, une opinion individuelle, mais si même, seulement, une petite partie de ce qui y est dit est vrai ou volontaire, c’est déjà terrifiant et terriblement dérangeant…

 

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-4341.html

 

Qu’il soit volontaire ou le résultat de notre indifférence ce chaos est donc probablement en partie le résultat de NOTRE politique par rapport à la Somalie…

 

Nous souhaitons tous des mers plus sûres; nous souhaitons tous pouvoir employer le «raccourci» que représente la Mer Rouge et la Canal de Suez… Mais aujourd’hui, ces mers sont devenues dangereuses à cause des pirates qui y sévissent de plus en plus et étendent leur zone de chasse jusqu’au Seychelles… Et ce, malgré les efforts internationaux, malgré les bateaux de guerre super-équipés et les commandos surentrainés…

 

L’histoire montre que la piraterie est difficilement éradiquée par la force… Car les mers sont grandes et pour chaque pirate qui disparaît, un autre apparaît… Et comme les voiliers ne représentent probablement pas la priorité pour ces bâtiments de guerre, nous devrons soit accepter l’insécurité grandissante de la région ou prendre notre sort nous-mêmes en main…

 

Et, nous savons tous qu’une véritable solution à ce problème ne pourra venir qu’avec une véritable stabilisation de la situation dans le pays et la mise en place d’un vrai pouvoir à la tête du pays. Mais la famine qui sévit aujourd’hui n’aidera certainement pas à régler la situation et ne fera qu’augmenter la tentation d’apprentis-pirates désespérés…

 

Le texte du Monde Diplomatique ci-dessous confirme bien cette idée…

 

http://blog.mondediplo.net/2011-02-03-La-Somalie-piraterie-et-affairisme

 

Alors aidons-les!… Les besoins actuels en Somalie sont immenses…  Apportons notre pierre, si petite soit-elle, à l’édifice car, vu la situation dramatique, chaque geste aura un impact…

 

Dans notre intérêt, pour des mers plus sûres dans le futur….

 

 

 

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Une aventurière sur Xhosa…

Par xhosa

 

Elle est montée à bord à Brest… Très discrètement et sans être aperçue, malgré sa cape rouge vermeil…  Et elle est restée cachée jusqu’à l’heure du départ…

 

Puis, cette jolie coccinelle, ayant élu domicile sur Xhosa, nous a accompagnés en mer…

 

Elle s’est installée dans le cockpit, passant de l’écoute de grand-voile au compas de route… Sans peur de l’équipage… Trouvant toujours un coin douillet où s’installer, allant jusqu’à élire domicile sur la jambe rouge de ma salopette de ciré… Comme si le tissu rouge, bardé de renforts noirs, lui paraissait rassurant, un peu comme une grande soeur géante…

 

Elle est restée avec nous jusqu’à Nieuport…

 

Etait-ce un choix conscient de changer de pays? Cette aventurière se rendait-elle compte qu’elle quittait la belle Bretagne pour rejoindre le plat pays?.. Qu’elle quittait un beau soleil pour aller subir la pluie?.. Qu’elle passait du français au flamand?..

 

Ou alors… Peut-être, avait-elle envie de faire un tel voyage afin d’explorer de nouvelles contrées, inaccessibles à ses frêles battements d’ailes?.. Peut-être, venait-elle même déjà de beaucoup plus loin, son passage sur Xhosa n’étant qu’une étape d’un très long voyage? Du grand sud vers le grand nord…

 

A moins que cette aventurière ne soit belge, soucieuse simplement de rentrer chez elle, malgré les problèmes politiques inextricables qui secouent son pays? Et ayant choisi Xhosa sur base de son pavillon belge…

 

Nous ne connaitrons jamais ses vraies motivations… Nous ne saurons jamais pourquoi elle embarqua…

Mais cette aventurière fut une passagère des plus agréables…

 

 

 

 

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Les voileux ne sont jamais contents…

Par xhosa

 En Belgique, on prétend que les agriculteurs ne sont jamais contents… Il semble qu’ils aient toujours une raison de se plaindre de la météo… Il fait trop chaud ou trop froid… Il pleut trop ou pas assez… Il gèle trop tôt dans la saison ou trop tard…

 

Mais, quelqu’un qui nous aurait observé au départ de notre dernière étape entre Brest et Nieuport, aurait probablement pu dire la même chose des navigateurs à la voile…

 

Il faut reconnaître que je me suis un peu plaint, dans des billets précédents, des vents assez forts rencontrés lors de notre périple… Alors, j’aurais du être content de voir que ce ne serait pas le cas pour la dernière étape entre Brest et Nieuport, puisque la météo annonçait des vents plutôt faibles…

 

Mais, très vite la peur de la pétole s’est immiscée dans nos esprits… L’angoisse des voiles qui battent… La crainte d’un bateau qui roule et tangue de façon désordonnée, comme un vulgaire bouchon… Et donc, cette prévision de vents calmes, à priori agréable, n’a pas eu l’effet escompté…

 

Pourtant, lorsque nous quittons Brest, c’est sous un beau soleil et une brise légère et suffisante pour nous permettre de tirer des bords rapides pour aller vers le Chenal du Four…

 

Puis, conformément à ma philosophie «sérielle» concernant l’optimisme ou le pessimisme des météorologues, les vents ont été un peu plus forts que ceux prévus initialement dans les fichiers GRIB…

 

Bien sûr, pour la première fois, depuis notre départ, nous avons du faire appel, de temps à autre, au moteur pour avancer, mais, au total, c’est resté très raisonnable et l’essentiel du parcours s’est fait à la voile… Toutes voiles dehors… Et sous toutes les allures: louvoyage au départ, plein arrière au large de Cherbourg et travers pendant les dernières heures… Et sans aucune manoeuvre de réduction de voilure, ce qui simplifie toujours les choses…  Juste quelques virements de bords et quelques empannages…

 

Pas de record de vitesse battu lors de cette dernière étape, mais une tranquillité bienvenue pour terminer notre périple espagnol et ramener Xhosa et son équipage à son port d’attache…

 

Les voileux ont été contents…

 

 

 

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Le verso du recto…

Par xhosa

 Après la traversée du golfe de Gascogne vers l’Espagne, il fallait le re-traverser dans l’autre sens afin de ramener Xhosa à Nieuport.

 

Dès lors, depuis un mois environ, je regardais la météo chaque jour pour me faire une idée du type de systèmes que nous pourrions rencontrer… Le climat a une composante « sérielle » intéressante… Non seulement, le type de système a tendance à se répéter de jour en jour, mais les prévisionnistes ont également une tendance à être systématiquement optimistes ou pessimistes par périodes plus ou moins longues…

 

Et tout semblait parfait jusqu’à quelques jours du départ, quand cette dépression «inhabituellement creuse pour la saison», selon la météo anglaise, est arrivée… D’où un départ retardé deux fois et une navigation dans des flux instables de nord-ouest, typiques derrière les fronts froids…

 

Et nous avons donc subi un vent assez fort, fluctuant entre près serré et travers… Dans une mer ayant encore les séquelles du mauvais temps des jours précédents… Ce qui fait que le verso de cette traversée s’est montré à l’image du recto: dur et fatigant!

 

Et comme si cela ne suffisait pas, le pilote nous a lâché au bout de quelques heures, à cause d’un boulon mal serré, qui a cédé sous la pression de l’eau dans les rafales, nous obligeant à barrer non-stop pendant plus de 50 heures… Avec des paquets de mer arrosant copieusement le barreur à intervalles réguliers… Et s’infiltrant aussi dans la cabine par le moindre orifice, si petit soit-il, créant quelques désagréables douches d’eau de mer par les aérateurs…

 

Alors, après la souffrance de la traversée, le bonheur n’en fut que plus intense quand, au petit matin, les bouées de la Chaussée de Sein sont apparues et nous ont guidés vers les magnifiques côtes du Finistère et la rade de Brest, sous un soleil devenu généreux…

 

Toute la peine était oubliée…

 

 

 

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Les convoyeurs attendent…

Par xhosa

 Avec l’arrivée de mon frère et de sa fille, vendredi passé, nous pouvions envisager d’entamer, dès samedi, le retour vers Nieuport… Mais la météo en a décidé autrement… Le passage d’une dépression sur l’Irlande, suivi d’un deuxième front sur le golfe nous a convaincu d’allonger notre séjour en Espagne…

 

Pourtant, les statistiques sont formelles, le mois de juillet est, en principe, peu sujet à coups de vent! Un autre effet du réchauffement climatique?

 

Alors nous avons continué notre visite de la Corogne et ses alentours… Sans oublier les apéros, avec les voisins de ponton…

 

Naïvement, je pensais qu’il faisait toujours beau en Espagne… Et notre escapade vers le sud était, entre autres, basée sur le fait qu’il me semblait qu’il devait y faire meilleur que chez nous… Eh bien, il semble que nous ayons choisi de visiter la seule partie de ce pays, où il pleut souvent… Ce qui donne, d’ailleurs, une campagne bien verte, en fort contraste avec le reste du pays…

 

Mais, les derniers fichiers grib donnent de bonnes nouvelles pour les jours suivants et nous allons préparer Xhosa pour partir demain matin, au lever du soleil…

 

La suite, une fois que nous serons en Bretagne!

 

 

 

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Dans les pas des pèlerins…

Par xhosa

 Lundi passé, nous avons enfilé nos sacs à dos pour partir dans les pas des pèlerins qui débarquaient d’Angleterre à La Corogne, avec St Jacques de Compostelle comme objectif.

 

Quatre étapes pour effectuer ces 74 km, avec chaque fois des paysages très différents.

 

La première étape déambule dans la vieille ville de La Corogne, puis rejoint la rive de la Ria Do Burgo, qu’elle remonte jusqu’à El Burgo.

La deuxième est beaucoup plus dure, avec un fort dénivelé et traverse de nombreux bois et forets.

La troisième, la plus longue, est, peut-être, la plus belle car elle serpente entre fermes et hameaux, dans des paysages ruraux beaucoup plus ouverts.

La quatrième, enfin, nous conduit à destination et nous fait découvrir le centre de Compostelle, qui est vraiment très beau!

 

Entre les étapes, un arrêt dans un village ou à un croisement de deux grands routes… Pas vraiment de choix… Simplement, là où nous avons pu trouver un logement… Dans des hôtels pour représentants de commerce entre deux rendez-vous… Mais où nous avons trouvé, à chaque fois, à défaut d’étoiles et de grand luxe, chaleur et nourriture locale de qualité…

 

Des amis nous avaient dit qu’un tel voyage était une source de rencontres… Pas vraiment notre expérience, car nous n’avons pas vu beaucoup d’autres pèlerins, à part à proximité de Compostelle, à l’exception de cet ingénieur portugais, avec qui nous avons pu parler le temps d’un déjeuner…

 

Avec les Espagnols du coin, le contact initial a été plus difficile, d’autant plus que je ne parle pas espagnol et D. ne l’a plus pratiqué depuis 30 ans… Mais derrière une froideur initiale, nous avons pu, chaque fois que nous avons fait un geste vers eux, créer un contact et ressentir l’hospitalité espagnole… Ce boulanger, qui refuse que nous lui payions son pain ; cette tenancière d’un snack-bar, qui nous fait des portions géantes, pour que nous ayons assez de force pour la route ; cette dame, dans un petit hameau, qui répond à notre sourire et vient nous faire la causette, utilisant un doux mélange d’espagnol, de français et d’italien ; ou cette grand-mère de 80 ans qui nous parle des problèmes que connaît l’Espagne en ce moment…

 

Et la méditation dans tout cela, demanderez-vous? Peut-être est-ce l’absence d’entraînement, mais la marche a plutôt eu une tendance à vider nos têtes et à ne pas favoriser de réflexion profonde… Mais, comme nous n’étions pas partis pour méditer, c’est très bien tombé!

 

La description de ce voyage ne serait pas complète si je ne mentionnais pas les quelques ampoules, les nombreuses courbatures et l’impression de devenir tout raide chaque fois que les muscles se refroidissent… Au point que nous faisions de moins en moins de pauses, au fur et à mesure des kilomètres, par peur de ne plus arriver à repartir…

 

Mais, au final, après la souffrance des derniers kilomètres, l’énorme joie d’arriver à Compostelle sur la Plaza del Obradoiro et de terminer ce périple débuté, sur Xhosa, à Nieuport, fin mai!

 

 

 

 

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Une longue marche…

Par xhosa

 Les vacances sont là… Nous allons pouvoir terminer notre pèlerinage, le long de la route des Anglais… Après la partie maritime, effectuée en juin, pour rejoindre La Corogne, il reste la partie terrestre… Pas loin de 80 km en quatre étapes, un peu inégales, car les hôtels sont un peu rares dans la région…

 

Il faut préparer nos sacs à dos… Un vrai dilemme… Il y a tout ce que l’on voudrait prendre et le poids maximum que nous sommes prêts à porter… Deux données qui paraissent totalement irréconciliables… Pas étonnant que le problème du sac à dos soit devenu un des problèmes de base de la recherche opérationnelle!

 

Mais pour ne pas finir comme dans le film «St Jacques La Mecque», où les pèlerins finissent par jeter toutes les choses non indispensables dans un fossé, nous nous sommes limités à ce qui est absolument indispensable…

 

Les hôtels sont réservés… Nous avons les cartes et les guides nécessaires… Et la liste des bus ou des stations de taxis, au cas où nous craquerions en chemin…

 

Bien sûr, je m’étais juré que je m’entraînerais tous les jours, pour être parfaitement en forme… Mais, comme souvent avec les bonnes résolutions, les entraînements que j’ai réellement faits peuvent se compter sur les doigts d’une main…

 

Nous embarquons dans l’avion demain et la longue marche commencera lundi… La suite dépendra de notre forme et de notre courage…

 

On vous racontera!

 

 

 

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Le risque en vaut-il la chandelle?

Par xhosa

 Une vidéo circule sur YouTube… Un Français, vivant au Japon depuis 10 ans, pose la question du risque nucléaire… Il donne des exemples… Un fermier japonais se suicide parce que ses terres, ses vaches, son lait sont contaminés… 35 000 enfants ont reçu des dosimètres… Pas pour les protéger contre les radiations mais pour que l’on puisse mesurer la quantité de radio-activité qu’ils absorbent tous les jours… De nombreuses leucémies et cancers paraissent inévitables…

 

http://www.youtube.com/watch?v=MoCINlWLYHo&feature=youtu.be

 

Selon ses calculs, l’énergie nucléaire permet à chaque ménage d’économiser 9 € par mois sur sa facture d’électricité… En Belgique, c’est probablement moins puisque le prix de l’électricité est fixé sur base de la production non nucléaire… Ce qui génère la fameuse «rente nucléaire», source de querelle entre le gouvernement et le groupe Suez, pour celui des deux qui en aura la plus grande portion…

 

9 € par mois… 108 € par an… Cela vaut-il la peine de prendre le risque du nucléaire?… Plusieurs pays comme l’Italie ou l’Allemagne ont voté contre le renouvellement des centrales… Mais, si cette électricité continue à être produite quelques kilomètres plus loin, en France, en Belgique ou ailleurs, et revendue en Allemagne ou en Italie, ces votes sont-ils réellement utiles?… Les radiations n’ont pas attendu Schengen pour passer les frontières librement…

 

Les ingénieurs (dont je fais partie) sont endoctrinés, au cours de leurs études, qu’à tout problème existe une solution technologique et que chaque risque peut être maîtrisé par des calculs précis en bureau d’étude (même si on finit par tout multiplier par des facteurs énormes parce que «l’on ne sait jamais»)… Et, pourtant… Le pont de Tacoma est parti en résonance et a été détruit par le vent, 2 navettes spatiales, symbole suprême de l’ingénierie humaine, ont explosé en vol et trois centrales nucléaires, dans trois très grands pays industrialisés,Tchernobyl, Three Miles Island et Fukushima, ont connu de très graves problèmes…

 

Les ingénieurs rétorqueront, que les risques, qui ont généré ces catastrophes, ne faisaient pas partie du cahier des charges, histoire de garder bonne conscience en déplaçant la responsabilité de l’échec sur quelqu’un d’autre…

 

Et, effectivement, Fukushima n’était pas prévue pour un séisme de 9.1 sur l’échelle de Richter, parce que personne n’imaginait qu’un tel séisme pouvait se produire… En Belgique, les centrales sont calculées pour résister à des séismes de 5.7 à 5.9 sur cette même échelle… Car, des séismes plus importants sont «improbables»… Or, il y a eu, au 20ème siècle, à proximité de la Belgique, un séisme d’une magnitude de 5.6 et, durant les 4 siècles précédents, trois séismes ont dépassé le niveau 6!.. Improbable ne signifie donc pas impossible… Néanmoins, une telle magnitude n’est pas couverte dans les cahiers des charges… Peut-être parce que cela diminuerait trop la rente nucléaire?…

 

Il est peut-être temps de repenser plus fondamentalement notre façon de vivre… Peut-être, pouvons-nous devenir réellement plus économes en énergie; et, en même temps, développer de vraies alternatives propres, qu’elles  soient solaires, éoliennes, marée-motrices ou autres?…

 

Les pays de l’Europe du Sud, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, sont en train de vivre une crise économique très profonde, alors qu’ils ont des ressources énergétiques «nouvelles» très importantes: soleil et vent. Alors, tant qu’à payer les sommes colossales requises pour éviter leur défaut, pourquoi ne pas en faire un véritable pôle de développement économique européen pour une énergie du futur?

 

A moins que le lobby des grands groupes d’énergie ne permette pas ce vrai renouveau… Auquel cas, cela sera à nous, citoyens-électeurs, de décider, dans le bureau de vote, si le risque nucléaire vaut 9 € par mois…

 

 

 

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La casse…

Par xhosa

 Il y a quelques années, j’ai rencontré à la Côte d’Azur, un navigateur chevronné… Il avait skippé des bateaux de toutes les tailles et avait, entre autres, construit un 50 pieds destiné à une des courses autour du monde en solitaire… Projet que le manque de sponsor l’a malheureusement forcé à arrêter…

 

D, les enfants et moi avons navigué avec lui, 2 jours, sur un petit bateau, allant de Cannes jusqu’aux îles avoisinantes, avec baignade et pique-nique avant de rentrer… Et c’est d’ailleurs ces deux navigations qui m’ont donné envie de recommencer à naviguer, après une petite vingtaine d’années d’interruption…

 

Je me souviens de trois de ses phrases:

 

"Il faut sortir tous les jours, quel que soit le temps, ne fut-ce qu’un court moment, pour être prêt si des conditions difficiles devaient survenir de façon inattendue…" Plus facile à dire qu’à faire, même si cela a beaucoup de sens…

 

"Il faut toujours sur-toiler un bateau pour qu’il soit puissant et passe bien les vagues…" Tout à fait d’accord, même si ma prudence de bon père de famille m’incite à rester très raisonnable dans le degré de sur-toilage…

 

Mais la phrase la plus sujette à controverses était: "Un bateau, c’est fait pour casser…"

 

La signification qu’il y voyait était probablement que tant que l’on ne casse rien, c’est que l’on n’en demande pas assez, que l’on ne pousse pas suffisamment le bateau…

Dans mon esprit, la casse représente plutôt une calamité inévitable… Parce que la casse peut signifier l’arrêt de la croisière en cours, peut exiger des réparations en urgence, forcément plus chères, ou même mettre en danger les membres de l’équipage…

 

Néanmoins, malheureusement, la casse est une véritable réalité en voile…

 

Le moteur est le champion des "emmerdeurs". On l’utilise très peu, mais personne n’aime partir avec un moteur qui ne tourne pas rond… Sur Xhosa, nous avons eu pas mal d’ennuis au début, des pannes aléatoires, ne survenant qu’en mer et jamais au port quand le technicien est là… Et puis, au bout de 2 ans, tous les problèmes ont été trouvés et depuis, c’est (presque) un rêve… Jusqu’à…

 

…Lorsque nous rentrons à Dunkerque, au départ de notre croisière vers l’Espagne, le moteur démarre et tourne parfaitement et nous nous amarrons sans problème au ponton visiteurs. Je descends dans la cabine pour arrêter le moteur… Il y a de la fumée… J’ouvre l’équipet où passe l’échappement et, horreur, il y a des flammes dans le compartiment moteur! Vite, l’extincteur! Le feu s’éteint très vite.

 

C’était, semble-t-il, un faux contact dans le bloc-clé, qui avait provoqué la remise en route du démarreur, qui en chauffant a mis le feu au câbles électriques qui passaient par là… Résultat des courses, deux jours d’immobilisation, une belle frayeur et une fine couche de poudre d’extincteur un peu partout…

 

Le second ennemi de Xhosa est le ragage. C’est dingue la vitesse à laquelle un cordage peut s’user! Cette année, ce sont les bras de spi et les bosses de ris qui ont particulièrement souffert… Ainsi que le lazy-bag, contre lequel la retenue de bôme frottait…

 

Autre casse survenue dans le Golfe de Gascogne… Le vérin du hale bas de bôme qui se détache de la bôme… 14 rivets qui ont lâché sous la tension inévitable au portant… À sa décharge, il faut reconnaître que, cet hiver, je l’avais démonté pour éliminer du jeu sur un des réglages… Je l’ai probablement remonté avec des rivets trop courts… D. ne s’est pas privée de me rappeler un sketch d’un humoriste belge, relatant les aventures d’un bricoleur amateur, très peu doué, répétant inlassablement: «Laisse-moi faire, ce sera moins cher…!»

 

Et puis toutes les autres casses, complètement aléatoires… Le réflecteur radar qui tombe sur le pont entre Dunkerque et Cherbourg; pas que nous y tenions particulièrement, vu son inefficacité totale, dans tous les tests sérieux, par rapport à un transpondeur radar actif, mais il est passé très près de la tête de D… Les vis des boîtes à lattes forcées de la grand-voile le long du guindant qui se sont dévissées à cause des vibrations, avec la perte de quelques écrous… Ou l’ancre qui gardera sa fâcheuse tendance à sauter hors de son support, dès que Xhosa pique du nez dans les vagues, tant que le chantier ne se résoudra pas à faire la pièce inoxydable que j’ai demandée!

 

Ce qui fait que, comme vous probablement, D et moi passons pas mal de temps à chaque étape à tout inspecter pour tenter de déceler la prochaine casse et à noter tout ce qui réclame un travail plus important pendant l’hiver…

 

Alors, qu’elle soit la preuve d’une utilisation sportive du bateau ou le résultat inévitable de la puissance des éléments, force est de reconnaître que la casse fait bien partie de notre quotidien…

 

 

 

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La Corogne

Par xhosa

 L’arrivée est un peu pénible… Il pleut, la côte espagnole est toute noire… En plus, nous sommes crevés… Pas très attirante, cette Galice…

 

Mais, déjà le lendemain, le soleil apparaît et la température devient très agréable… Et, d’un coup, cette région avec sa côte sauvage (re)devient beaucoup plus belle…

 

Nous commençons notre exploration, en marchant le long de la côte, direction le centre ville… Nous passons, sans le visiter, le château-forteresse de San Anton et arrivons à l’ancienne marina centenaire et huppée… Un peu plus haut, la vieille ville, avec ses rues sinueuses et son architecture typique, nous ouvre les bras… Et nous déambulons dans les ruelles, longeant vieilles maisons, églises romanes et anciens bâtiments, tous très bien rénovés et entretenus… Au détour d’un chemin, une petite place, avec de grands magnolias et quelques agréables terrasses pour l’apéritif… Un vrai décor méditerranéen!

 

Nous nous enfonçons un peu plus dans la ville et cherchons les musées…

 

Le musée d’art moderne, d’abord, situé en dehors du centre… Petit mais avec deux expositions temporaires vraiment intéressantes… En plus, l’architecture du bâtiment, assez moderne, est belle… Plutôt en contraste avec la banlieue environnante, qui, elle, est très quelconque…

 

Quant au musée des beaux-arts, en plein centre ville, il retrace l’art espagnol du seizième siècle à nos jours… Lui aussi installé dans un très beau bâtiment… Un ancien couvent rénové, avec une grande aile moderne… Mais la collection nous a paru nettement moins intéressante… Probablement une question de moyens… Il doit être difficile pour un musée régional de concurrencer les musées situés dans les grandes capitales, comme le Prado ou le Louvre… Et nous sommes probablement trop habitués à ces musées aux collections superbes…

 

En se baladant dans la ville, nous avons eu souvent l’impression de voir des investissements immobiliers ou de loisirs sous-utilisés, un peu comme si on avait sur-investi à La Corogne, dans les années de fort développement économique, juste avant la crise, sans arriver à attirer, à ce jour, l’activité économique, touristique ou culturelle désirée…

 

Mais, La Corogne, c’est plus qu’une ville et des musées… C’est une ambiance, une façon de vivre… Un esprit du sud, dans un décor breton… Des rues commerçantes étroites et bondées, propices aux rencontres… De nombreux bars et restaurants, symboles de l’hospitalité espagnole… Nous avons été particulièrement charmés par la nourriture – grillades de poisson, tapas, jambons régionaux et autres délices locaux – offrant un choix nettement plus appétissant que les lyophilisés pour bateau…

 

Clairement, nos 3 jours sur place nous ont laissé un excellent souvenir… La Corogne est une très jolie ville ancienne, très agréable pour y passer quelques jours tranquille, malgré un risque de pluie permanent, similaire à la Bretagne… Moments de pluie à utiliser pour apprécier la gastronomie locale…

 

 

 

 

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La nuit tous les boutons sont gris…

Par xhosa

 Il est cinq heures du matin. Il fait froid, il pleut. Le vent tourne autour des 25 noeuds et la houle est très inconfortable… La nuit est très noire… Il n’y a pas de lune et le ciel est tout couvert…

 

Je n’ai pas bien dormi avant mon quart et je suis crevé… Encore un quart d’heure et je retrouve ma bannette…

 

Je vais près de la barre et je vois notre émetteur Spot, envoyant gentiment la position toutes les 10 minutes… Je me rappelle à ce moment qu’il faut relancer ce mode de «tracking» toutes les 24 heures. N’ayant rien de mieux à faire, je décide de le faire à ce moment-là… Erreur magistrale!

 

Il fait très noir et j’ai laissé ma lampe flash à la table à carte. Je pense pouvoir faire la procédure sans voir… Je pousse sur le bouton mais les choses ne se passent pas comme d’habitude… J’abandonne en décidant de le faire plus tard quand le soleil sera levé… Et je vais dormir tranquillement…

 

Vers 9 ou 10 heures du matin, nous apercevons une grosse vedette de sauvetage, puis un hélico à proximité de notre position, se dirigeant vers nous… Je plonge sur la balise spot et me rends compte que dans le noir, j’ai probablement poussé sur le bouton de demande d’assistance, plutôt que sur celui du tracking. Le bouton de SOS est juste à côté de l’autre, sans aucune forme de protection ou de clapet…

 

Xhosa est équipé d’une balise de détresse type EPIRB. J’ai toujours considéré la balise Spot comme un moyen de positionnement plus ou moins fiable, sans réelle fonction de secours. D’ailleurs, régulièrement, ce système, qui ne fait pas partie de la panoplie GMDSS, ne donne pas de position pendant quelques dizaines de minutes, voire quelques heures… Si bien que, n’ayant pas du tout en tête cette fonction de sauvetage, je n’ai pas songé un seul instant, à 5 heures du matin, que j’aurais pu avoir fait une fausse manoeuvre et déclencher une alerte…

 

La honte…

 

Pendant que je dors, les Américains de Spot appellent mes correspondants à terre. Mon frère leur signale que c’est certainement une fausse manoeuvre puisque la balise indique que la route de Xhosa continue dans la même direction à la même vitesse. En plus, la balise EPIRB n’a pas été activée…

 

Il tente de m’appeler mais le téléphone satellite est à l’intérieur et ne reçoit pas de signal suffisant… Les Espagnols du MRCC décident alors d’envoyer des secours et nous rejoignent alors que nous naviguons normalement à 50 milles des côtes espagnoles…

 

Inutile de décrire mon sentiment de culpabilité face à ma fausse manoeuvre qui a mobilisé bien involontairement des moyens de secours importants…

 

Le comble est que, lors de notre départ de Nieuport, la balise a eu un «blanc» d’environ 3 heures, ce qui a inquiété un membre de ma famille. Celui-ci a appelé les gardes-côtes d’Ostende, heureusement sans déclencher d’opération de sauvetage cette fois-ci… Juste des messages sur le 16 et Navtex, qui nous ont valu quelques coups de téléphone inquiets… La loi des séries?…

 

Je suis passé au MRCC de La Corogne pour m’excuser une fois de plus et ils se sont montrés extrêmement compréhensifs et sympathiques, ce qui m’aide un peu à me sentir moins mal et à diminuer mon sentiment de culpabilité…

 

Moralité: j’ai bloqué les boutons de SOS sur le spot, pour éviter une nouvelle fausse manoeuvre et je vais faire installer une antenne extérieure pour mon téléphone satellite, pour qu’il reste accessible en permanence…

 

 

 

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De Cherbourg à La Corogne

Par xhosa

 Après l’arrivée de Ph. à bord, nous décidons de larguer les amarres vendredi en fin de matinée, afin de profiter au maximum des courants du Raz Blanchard… Après les problèmes rencontrés au début, je n’ose plus annoncer d’objectifs trop précis, par peur de ne pas les atteindre… Mais, au fond de moi, le but est clair: il s’agit d’arriver à La Corogne, ou, au minimum, à Brest, si la fenêtre météo ne permet pas une traversée en sécurité du golfe de Gascogne…

 

Et nous voilà donc en route pour ce qui sera 82 heures de voiles… Une longue route qui mêlera bonheur, magie, souffrance et … honte…

 

Bonheur…

 

Bonheur, d’abord, d’avoir atteint l’objectif initial, malgré tous les problèmes après le départ de Nieuport… Bonheur de sentir Xhosa filer au portant sous spi ou sous génois à belle vitesse, pour nous amener en Espagne à une vitesse moyenne de 7 noeuds…

 

Bonheur de passer Brest avec une belle avance et de voir que la fenêtre météo reste bonne et permet la traversée du golfe… Bonheur à l’instant où la côte espagnole apparaît, malgré la grisaille et la pluie, ne cadrant pas vraiment avec notre image d’un pays du sud de l’Europe…

 

… et magie…

 

Magie aussi, lorsque nous passons entre Herm et Guernesey, sous un soleil généreux… Magie, lorsqu’au petit matin, les premiers dauphins apparaissent et se mettent à jouer avec l’étrave de Xhosa… Magie quand nous apercevons au loin, une fontaine d’eau pulsée vers le haut à intervalles réguliers, et une masse sombre à la surface de l’eau… Une baleine, peut-être?

 

Mais souffrance aussi…

 

Souffrance due au vent constamment entre 5 et 6 beaufort, jouant en permanence avec nos nerfs… Se renforçant  la nuit ou lorsque nous venons de renvoyer de la toile ou d’ouvrir le spi, provoquant quelques belles auloffées et manoeuvres «sauf-qui-peut»… Ou tournant systématiquement du mauvais côté après chaque empannage…

 

Souffrance due à la houle et au roulis incessant, générant des mouvements erratiques dans la cabine et rendant les nuits difficiles et très peu reposantes… Sans parler du mal de mer, qui plane sur nous pendant les 3 jours et fera malheureusement une victime qui restera bien courageuse…

 

Souffrance de Xhosa, enfin, qui subit de plein fouet la puissance du vent: usure importante des bosses et autres cordages, hâle-bas de bôme qui se détache…  Le tout sans réelle gravité, lui permettant de tenir jusqu’au bout pour nous amener à bon port en toute sécurité…

 

… et honte!… Lundi, au petit matin, sous une pluie battante, quand… Non, cet épisode sera pour le prochain billet…

 

Et toutes ces émotions se mêlent quand nous arrivons… La joie d’avoir réussi notre pari, d’avoir parcouru 569 milles non-stop – notre plus longue distance -, et d’avoir traversé le mythique golfe de Gascogne, efface d’un coup la souffrance endurée… La magie des moments vécus reprend toute sa beauté… Mais le souvenir d’une traversée dure, plus dure que je ne l’avais imaginée, reste bien présent…

 

En arrivant, nous sommes très fatigués… Et prêts pour une longue nuit de sommeil dans un port où Xhosa ne roulera pas… Mais nous ressentons le besoin de nous reposer les quelques jours suivants, ce qui nous fait décider de reporter les 75 km de marche vers Compostelle à juillet prochain, juste avant le retour vers le nord…

 

 

 

 

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De Dunkerque à Cherbourg

Par xhosa

 Un souci de démarreur nous a forcés à prolonger notre arrêt à Dunkerque de 24 heures, obligeant P. et S. à quitter le bord pour rentrer retrouver la dure réalité de la vie… Ph. devait nous rejoindre à Brest mais, vu notre retard, nous décidons de fixer le rendez-vous à Cherbourg.

 

Départ mardi à 5 heures du matin, sous la pluie… D et moi… Ce sera notre première navigation de plus d’une journée à deux…

 

Et tout se passe bien! La bonne brise qui nous forçait à tirer des petits bords au large de Gravelines adonne doucement et devient jolie… Et le soleil apparaît… Il ne nous quittera plus jusqu’à l’arrivée…

Le vent aura même la gentillesse de passer du sud-est au nord-est lorsque notre route le demandera… Qu’espérer de mieux…

 

La nuit est belle et étoilée mais très froide… Nous ne voyons que peu de bateaux, à part un groupe de voiliers hollandais, faisant partie de l’organisation OceanPeople, ayant quitté Boulogne ce jour-là, et que nous retrouverons en flottille à Cherbourg…

 

Après les ennuis du début, je déprimais un peu avec l’impression que rien n’allait comme je l’espérais… Mais cette jolie étape et le soleil qui est apparu m’a remonté le moral! En plus, bien que la navigation à deux a été assez dure à cause de notre manque d’habitude à gérer correctement notre sommeil, tout s’est vraiment passé en parfaite harmonie…

 

Et comme la météo annonce du portant pour la suite, on pourra soigner tous les bleus que nous nous sommes faits au près…

 

 

 

 

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Un près très inefficace…

Par xhosa

 Comme prévu, nous sommes partis samedi pour notre périple vers Compostelle. La météo annonçait du sud-ouest force 5, forcissant temporairement à force 7. Tous les modèles annonçaient une baisse du vent le soir et une météo plus calme la nuit et les jours suivants.

 

Bien sûr, sud-ouest est la direction exacte où nous allons mais mon optimisme naturel me pousse à croire que le 7 beauforts sera plutôt du 5 avec des rafales et que le sud-ouest sera plutôt du sud ou de l’ouest…

 

Et nous voilà donc en route vers nos nouvelles aventures…

 

Dehors, le vent réel est à déjà à 20 noeuds; fatigant mais tout à fait supportable…

 

Et Xhosa tire un premier bord ouest, contre le courant… Le vent grimpe rapidement à 25 noeuds avec des rafales… Et le vent apparent dépasse maintenant régulièrement les 30 noeuds… La mer n’est pas très formée mais cela mouille bien, surtout à proximité des bancs de sable, où les vagues sont plus abruptes, à cause de la remontée des fonds… Et, il y en a beaucoup des bancs de sables dans le Nord!

 

Nous sommes peu toilés, la vitesse est bonne et la barre bien douce…

 

Mais c’est quand nous virons de bord que nous constatons que nos bords réels sont à 110° minimum et que la vitesse d’avancement sur la route ne dépasse probablement pas deux noeuds… Mais avec courage, patience et enthousiasme, nous continuons…

 

La fatigue arrive, le froid se fait sentir et la mal de mer fait sa première victime… Alors, lorsque nous nous rendons compte en fin d’après-midi, que le vent ne descendra pas pendant la nuit et restera à force 7 pendant au moins encore 24 heures, nous décidons de faire un arrêt à Dunkerque pour laisser passer le coup de vent.

 

Sept bonnes heures de voile, environ 40 milles sur l’eau pour moins de 15 sur la route directe… Pas très efficace le près dans la forte brise!

 

 

 

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Jour J – 1

Par xhosa

 Nous sommes prêts.

 

Les derniers bagages sont faits et D s’est occupé des derniers préparatifs culinaires… Xhosa est paré pour une nouvelle aventure…

 

Les angoisses sont rangées au placard… La dernière en date, cette semaine, est une ligne sombre en haut du mât ressemblant horriblement à une petite fissure… Mais, après escalade, bonne nouvelle, ce n’était qu’un peu de saleté à l’endroit où le mat devient plus fin pour permettre son cintrage… Ouf…

 

La météo n’est pas vraiment géniale… Probablement beaucoup de vent, samedi et dimanche, de face… Avec une température loin des records des dernières semaines… Peut-être pas trop de pluie… Mais, comme on dit chez nous: "on va faire avec…"

 

Étrangement, cette croisière semble vraiment avoir quelque chose de plus que les précédentes…

 

Peut-être parce que nous essayons d’aller plus loin… Ou à cause de ce fameux golfe de Gascogne, qui, statistiquement, n’offre aucun danger en juin, mais fait malgré tout un peu peur… Ou bien, parce que Xhosa restera loin de son port d’attache pendant 2 mois…

 

Personnellement, je crois que c’est plutôt le thème global lui-même, le pèlerinage de Compostelle, avec toute son histoire, les 700 milles de navigation et les derniers 75 km à pied, qui font de cette croisière quelque chose d’excitant et de différent…

 

J’ai hâte d’y être… Plus qu’une dernière fois dormir…

 

 

 

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Jour J – 6!

Par xhosa

 Plus que 6 fois dormir… Le départ approche…

 

Une croisière un peu plus longue que les années passées: Nieuport – Brest – La Corogne… Et puis 75 km à pied jusqu’à Compostelle… Un pèlerinage en voilier…

 

La préparation arrive à son terme… Le pilote est enfin réparé, après plusieurs allers-retours chez Raymarine… Les réservoirs sont pleins… Les provisions de base sont dans le bateau… Les waypoints et la route sont encodés dans le GPS… Le téléphone satellite fonctionne… Plus que l’email et l’internet à terminer de tester…

 

Malgré tout, comme à chaque départ, j’angoisse un peu… Il me semble qu’il y ait encore mille choses à faire et j’ai peur d’oublier des choses importantes… Cette impression de tout faire à la dernière minute… Et le fait de quitter le port d’attache pour deux mois ajoute une complexité supplémentaire… Qu’est ce que cela doit être quand on largue les amarres pour un an ou toute une vie…

 

Une angoisse habituelle, qui se dissipera, comme chaque fois, une fois en mer, sous voiles…

 

Les premières prévisions météo sont disponibles… Pas très stables encore, à 6 jours… Plutôt 20 noeuds de vent, plutôt dans le nez… On ne peut pas toujours avoir du portant, surtout en Manche quand on va vers l’ouest…

 

Encore une dernière semaine de travail avant de larguer les amarres et oublier tous les tracas de la vie quotidienne pendant 2 semaines…

 

On vous tiendra au courant de l’évolution de notre pèlerinage via ce blog et Twitter!

 

 

 

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